- Laurine, 28 ans, diagnostiquée récemment d’un SMOP (anciennement SOPK), décide de venir à bout de son hirsutisme, ou hyperpilosité, dont elle souffre depuis l’adolescence.
- La patiente opte, dans un premier temps, pour le laser avant de se rétracter par peur de la repousse paradoxale.
- Finalement, elle se tourne vers l’électrolyse qui au bout de quelques séances lui a permis d’éliminer ses poils et de retrouver confiance en elle.
Surpoids, hyperpigmentation, règles irrégulières… Ce sont les symptômes du syndrome métabolique ovarien polyendocrinien OU SMOP (anciennement syndrome des ovaires polykystiques ou SOPK), dont Laurine, aujourd’hui âgée de 28 ans, a récemment été diagnostiquée. Elle en souffre depuis son adolescence, plus précisément ses 17 ans. Au fil des années, c’est l’hirsutisme, à savoir l'apparition de poils dans des zones dites masculines, qui a fini par peser sur sa vie sociale. Chez la jeune femme, cette hyperpilosité, due à une production excessive d’hormones mâles par les ovaires ou les glandes surrénales ou à une sensibilité augmentée de la peau à des taux normaux d'androgènes, s’est présentée au niveau de son menton, son cou, le haut droit de son buste, du ventre et à l’arrière de ses bras.
SMOP (SOPK) et hirsutisme : "Je suis restée longtemps avec mon complexe"
"Je suis restée longtemps avec mon complexe. Je l’avais mis sous le tapis, car je pensais que j’étais la seule touchée par l’hirsutisme, je n’osais pas en parler aux médecins. En tant que femme, on est soumise à plein d’injonctions, comme le fait de ne pas avoir de poils même à des endroits qui sont naturels. Le fait d’en avoir sur le visage, c’était la honte. (…) Après avoir arrêté la pilule, mes symptômes étaient toujours présents. Je me suis dis : puisque je n’ai pas encore trouvé la cause, je vais tenter de traiter l’hyperpilosité, car j’étais très complexée. Depuis mon adolescence, je touchais sans cesse ma peau pour savoir si le moindre poil dépassait. C’était devenu un TOC. J’avais toujours une pince à épiler dans mon sac. Je me cachais dans les toilettes pour m’en servir. Chez moi, j’y avais recours une fois par semaine pendant 30 minutes. En cas d’urgence, j’utilisais un rasoir."
"C’est très important" de faire le laser avec un dermatologue
À 26 ans, la patiente décide enfin de prendre les choses en main pour en finir avec cette contrainte quotidienne, qui nuit à sa vie sociale depuis plusieurs années. "J’avais déjà entendu parler du laser. Je savais que cette méthode d’épilation était réalisée pour les jambes et les bras. Je ne savais pas si c’était possible pour le visage, je me suis alors renseignée." Pour rappel, dans le cadre du laser, un faisceau lumineux est absorbé par la mélanine (le pigment foncé) du poil. L'énergie du laser chauffe le follicule pileux, ce qui l'endommage et limite sa capacité à produire de nouveaux poils.
Généralement, cette technique d’épilation, permettant de cibler des petites zones poilues, est présentée comme "définitive." Pourtant, ce n’est pas le cas, selon la dermatologue Jihane El Khalifa. "Adaptée pour toutes les parties du corps, le laser réduit la repousse des poils, mais il peut arriver d’effectuer des séances supplémentaires, dites 'd’entretien', quelques mois ou années après", précise l’experte avant d’ajouter que cette méthode, recommandée à tous sauf chez les femmes enceintes et pouvant être prise en charge dans certains cas, doit être réalisée par un dermatologue. "C’est très important, car il va déterminer la durée du traitement. Autre point : chaque peau a un laser recommandé. Si celui-ci n’est pas adapté, la peau risque d’être brûlée. On peut éviter cela lorsque l’on est pris en charge par un dermatologue. En outre, en cas de complications, le médecin va pouvoir les surveiller."
Laser pour les poils : "J’avais peur de la repousse paradoxale"
Après avoir fait quelques recherches, Laurine se rend compte qu’il est possible de faire du laser sur le visage, notamment sur le menton, et se tourne vers une dermatologue spécialisée. "Lors de la première rencontre, la praticienne m’a expliqué en détail le déroulement des séances et les promesses du laser. On a également fait un point sur les contre-indications, les risques et les conditions à respecter pour obtenir de bons résultats. Plus précisément, la spécialiste m’a listé toutes les règles à suivre, par exemple raser les poils avant chaque séance, ne pas exposer sa peau au soleil, ne pas utiliser des produits corrosifs ou exfoliants durant le traitement." Convaincue, la vingtenaire saute le pas et bonne nouvelle : sa peau réagit très bien au laser. Malgré tout, la vingtenaire n'est pas tranquille. "Au bout de deux séances (dont la durée est rapide), j’ai décidé d’arrêter. J’étais méfiante. J’étais effrayée à l’idée d’aggraver mon hirsutisme. J’avais peur de la repousse paradoxale (un phénomène où de nouveaux poils apparaissent ou deviennent plus épais dans une zone traitée par épilation laser, ou juste autour de cette zone)", qui selon le Dr Jihane El Khalifa peut être évitée en paramétrant correctement les appareils diffusant le laser.
"Si l’électrolyse ne fonctionnait pas, j’allais rester bloquer avec ses poils toute ma vie"
Bien qu’elle se soit rétractée, la patiente n’abandonne pas et opte pour une technique différente : l’électrolyse. Dans ce cas, "on élimine les poils un par un à l'aide d'un très fin filament semblable à une aiguille. Une fois placée à l'ouverture du poil, un courant électrique est envoyé pour détruire les cellules responsables de la croissance du poil." Une douleur similaire à "un coup de jus", selon Laurine. Cette méthode est généralement indiquée pour "les personnes ayant des poils très clairs, blonds", et est prescrite pour retirer quelques poils blonds ou blancs chez les femmes ménopausées, d’après le Dr Jihane El Khalifa.
Plus rassurée par l’électrolyse que le laser, la jeune femme débute un traitement. "Avant la première séance, il ne fallait pas toucher aux poils, c’est-à-dire les raser, les épiler, les arracher ou encore les décolorer. Le seul acte possible était de les couper avec des ciseaux. C’était dur de les laisser pousser pendant un mois, car j’ai dû me confronter à mon hirsutisme que j’avais mis sous le tapis pendant près de dix ans. J’ai pris conscience de la quantité de poils à ce moment-là, et surtout, je m’étais rendue compte que si l’électrolyse ne fonctionnait pas, j’allais rester bloquer avec ses poils toute ma vie. Je m’étais imaginée rencontrer des difficultés pour trouver du travail, avoir une vie amoureuse ou encore cacher mes poils sous un foulard à chaque sortie."
Électrolyse : "J’ai retrouvé confiance en moi"
Pour éviter ce scénario, elle place son espoir dans l’électrolyse. "J’y étais allée à l’aveugle. J’avais peur de la douleur, puis je m’étais rappelé que je martyrisais déjà mes poils avec l’épilation et le rasage. Au début du traitement, j’ai bénéficié d’une séance (de 45 minutes à une heure) par semaine pour dégager les zones de poils noirs et blonds. Après chaque rendez-vous, j’avais quelques œdèmes et boutons, mais surtout mes poils ne revenaient plus, sauf en cas de règles (à peu près tous les trois mois). Grâce à l’électrolyse, j’ai enfin laissé ma pince à épiler dans mon placard et retrouvé confiance en moi. Avant, je retirais mes poils une fois toutes les deux semaines pendant une heure. Désormais, je le fais une fois toutes les deux, voire trois, semaines durant 45 minutes." À sept mois de traitement, Laurine affirme être ravie de cette technique d’épilation. "C’est douloureux, mais on s’y habitue, car les résultats sont positifs. Maintenant, on se concentre sur des zones plus étendues vers les oreilles et plus bas dans le cou", explique la patiente qui va bénéficier d’un traitement pour faciliter sa perte de poids. "Je ne sais pas encore à quel point celui-ci influencera mon hirsutisme ou mes autres symptômes" liés au SMOP (anciennement SOPK).



