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QUESTION D'ACTU

L’éreutophobie, ou la peur de rougir


  • Publié 10.08.2013 à 06h00
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10 % des Français souffrent de ce que le jargon médical appelle l’éreutophobie. Un mot bien compliqué pour signaler que 10 % des Français ont une fâcheuse tendance à rougir du visage – et certains même du tronc – lorsqu’ils se trouvent confrontés à une situation embarrassante.

 

Attention, on parle d’éreutophobie uniquement lorsque ce phénomène survient plus de vingt à trente fois par jour, entraînant des conséquences préjudiciables. La plupart des activités deviennent alors impossibles ; les plus atteints restant même cloîtrés dans un environnement sans surprises. Egalement, n’essayez pas de penser que prendre conscience du rougissement l’améliore. Au contraire, le problème est que des phrases du style : « Dis donc, ça te fait rougir ! », n’arrangent en rien un phénomène totalement inconscient, donc parfaitement incontrôlable.

 

Les médecins se sont penchés depuis longtemps sur ce phénomène pour très vite le confier aux psychiatres. Première constatation : trop rougir, trop souvent, expose au sous-emploi professionnel, mais également à la surconsommation de médicaments et à la prise d’alcool, dont on sait que même s’il s’agit d’un produit pas mauvais contre l’anxiété, il ne peut à terme que favoriser une belle couleur vermillon de notre visage. Celle-ci, hélas, permanente et indélébile.

On sait également qu’il s’agit souvent d’un problème familial qui touche un peu plus les femmes que les hommes. Les spécialistes des vaisseaux connaissent bien certaines maladies qui se traduisent par une rougeur excessive, mais là également, plutôt progressive, permanente et bénéficiant par contre de traitements. Ce qui n’est malheureusement pas tout à fait le cas de ces rougeurs banales dues au stress de la vie courante. Car c’est bien de stress dont il faut parler plutôt que de situation embarrassante. Celui qui rougit étant plus stressé que gêné.

 

Vous me direz que cette chronique n’est pas spécialement utile pour ceux qui en souffrent. C’est vrai qu’en dehors de la psychothérapie et du yoga, méthodes parfaitement naturelles, le recours aux antidépresseurs, aux bêtabloquants – des médicaments pour faire baisser la tension – voire même à la chirurgie, qui se propose de couper quelques nerfs, ne donnent pas de résultats bien encourageants.

 

L’espoir réside, lorsqu’elle sera au point, dans l’intervention sur nos gènes. Mais cela, c’est probablement plutôt l’aventure du milieu de siècle.

 

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