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Etude sur 127 000 bouteilles

Vin : les étiquettes sous-estiment le degré d'alcool

Par Marion Guérin

Une étude menée sur 127 000 bouteilles à travers le monde suggère que de nombreux vins ont un degré d'alcool supérieur à celui indiqué sur l'étiquette. 

CHINE NOUVELLE/SIPA

Attention, vous buvez peut-être davantage que vous ne le pensez. Une étude de l'Université de California menée sur 127 000 bouteilles produites à travers le monde suggère que le degré d'alcool contenu dans le vin est supérieur à celui indiqué sur l'étiquette, dans la majorité des cas. 

60 % des bouteilles concernées

Ces travaux, publiés dans la revue Journal of Wine Economics, montrent en effet que 60% des bouteilles analysées présentent une concentration en alcool plus élevée, de 0,42 % en moyenne, avec un décalage parfois important (+1,5%). Les vins rouge chiliens et espagnols présentent les plus grands écarts. 

Pour parvenir à cette observation, les auteurs ont passé en revue les données fournies par le LCBO (Liquor Control Board of Ontario), organisme canadien qui détient le monopole de l'importation de vin dans la province de l'Ontario (Canada), et qui teste chaque vin vendu en relevant ses caractéristiques - y compris son degré d'alcool. Les données ont été comparées aux étiquettes des bouteilles. 

Une tolérance légale utilisée par les fabricants

L'objectif des chercheurs est d'interroger la pertinence des mentions figurant sur les bouteilles. En effet, la loi impose aux fabricants de préciser la teneur en alcool, mais elle prévoit une marge de tolérance par rapport aux degré réel. Aux Etats-Unis, cette marge est de 1,5 % pour les vins contenant jusqu'à 14 % d'alcool. En France, elle est fixée à 0,5 % (0,8 % pour les vins bénéficiant d’une AOP et stockés depuis plus de trois ans en bouteille)

Or, selon les auteurs, les fabricants utilisent cette marge d'erreur tolérée pour adapter l'étiquetage à la demande. "Ils peuvent avoir un intérêt à déformer de manière délibérée les informations, parce qu'ils perçoivent une préférence du marché pour une gamme de vins à faible teneur en alcool, par exemple, ou encore pour éviter de payer des taxes supplémentaires", qui varient en fonction du degré d'alcool, expliquent-ils. 

Les chercheurs affirment que l'industrie du vin a été mise au fait à plusieurs reprises de ce manque de transparence. "Un écart de 0,4 % peut sembler faible, mais une erreur de cette magnitude peut malgré tout conduire les consommateurs à sous-estimer la quantité d'alcool qu'ils absorbent, et avoir des conséquences sur leur santé et leur sécurité, notamment au volant".