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"Cellules temporelles"

Comment notre cerveau parvient à nous faire voyager dans le temps

Par Chloé Savellon

Notre capacité à nous remémorer des souvenirs s'exercerait de manière autonome, grâce à des cellules temporelles, montre une nouvelle étude réalisée par des neurologues français. 

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MOTS-CLÉS :
Notre cerveau a la faculté de "revivre" des événements du passé
Les neurones qui gèrent ce processus seraient capables de reproduire ces souvenirs de manière autonome

Qui ne s’est jamais perdu dans ses pensés, plongé dans un vieux souvenir, à l’écoute d’une chanson, à la vue d’une vielle photo ou encore à la dégustation d’un aliment nous réexpédiant illico à notre enfance ? Cette machine à remonter le temps qu’est notre cerveau peut en effet nous transporter très loin, parfois des décennies en arrière.

Cette faculté à se souvenir et à "revivre" certains événements du passé se situe dans l’hippocampe, zone du cerveau qui gère la mémoire. Cette étude réalisée par des neurologues français du Centre de Recherche Cerveau et Cognition (CerCo) de Toulouse montre que "les neurones hippocampiques" qui exercent ce processus seraient capables de reproduire ces souvenirs de manière autonome. 

"Une caractéristique indispensable de la mémoire épisodique est notre capacité à rassembler temporellement différents éléments d'une expérience en un souvenir cohérent. Les "cellules temporelles" de l'hippocampe - des neurones qui représentent les informations temporelles - pourraient jouer un rôle essentiel dans ce processus", expliquent les auteurs des travaux. 

Une capacité de mémoire chronologique

Parue dans le Journal of Neuroscience, cette recherche se base sur une expérience au cours de laquelle 15 hommes et femmes épileptiques ont été invités à réaliser des tâches tout en devant mémoriser 5 à 7 images dans l'ordre chronologique d'apparition. Leur activité neuronale de l'hippocampe a été observée à l'aide de microélectrodes implantés dans le cerveau des patients. 

"Nous avons constaté que les cellules temporelles humaines se déclenchent à des moments successifs de cette tâche. Les cellules temporelles ont également signalé des contextes temporels intrinsèquement changeants pendant les périodes vides de 10 secondes entre les essais, alors que les participants attendaient que la tâche reprenne", notent les chercheurs. 

"Ces résultats suggèrent que les neurones hippocampiques humains pourraient jouer un rôle essentiel dans l'organisation temporelle de moments distincts d'une expérience dans la mémoire épisodique", concluent ces derniers qui voient dans ces résultats une piste prometteuse pour la prise en charge de maladies neurologiques impliquant des pertes de mémoire et des difficultés à se repérer dans le temps, telles que Alzheimer ou la démence à corps de Lewy.