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Coeur et artères

L’hypertension artérielle, l’alarmante vérité des chiffres…

Par Camille Sabourin

Entre 10 et 14 millions d’hypertendus en France dont 7,6 millions seulement traités. Les conséquences médicales et financières en font un problème de santé publique majeur.

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D’après des données validées par le Comité Français de Lutte contre l’Hypertension Artérielle, en France, 7,6 millions de personnes se traitent contre l’HTA, soit 25 % de la population des plus de 35 ans.
Mais en fait, si l’on utilise l’auto-mesure pour évaluer la tension, la vérité est beaucoup plus préoccupante.

En France :

- 14,4 millions de sujets sont hypertendus ;

- 6,8 millions sont hypertendus mais non traités ;

- seulement 2,3 millions sont traités et contrôlés, c’est-dire que les chiffres sont satisfaisants.

Le contrôle de l’hypertension est deux fois moins fréquent chez les hommes traités que chez les femmes sous traitement. Près de 42 % des 35-55 ans « ne connaissent pas leurs chiffres de tension ».


Selon le journal médical The Lancet, plus d’un quart de la population mondiale adulte (26,4 %) souffre d’hypertension artérielle, soit 972 millions de personnes, dont 333 millions dans les pays développés et 639 millions dans les pays en voie de développement. Le nombre d’adultes hypertendus devrait croître de 60 % pour atteindre un total de 1,56 milliard en 2025.


Une maladie qui coûte cher


En France, selon l’IRDES (Institut de recherche et de documentation en économie de la santé), les dépenses engagées pour l’ensemble des maladies cardiovasculaires représentent 11,8 milliards d’euros, soit 10,7 % de la consommation de soins et biens médicaux (CSBM). L’hypertension artérielle représente un coût de 2,6 milliards d’euros, derrière le cancer (4,5 milliards d’euros), et devant le diabète (1,1 milliard d’euros). Les dépenses de prévention des facteurs de risques liés à l’hypertension artérielle coûtent sensiblement moins cher que celles du traitement des complications. Aussi les pouvoirs publics et la société toute entière ont intérêt à investir dans la recherche et la prévention de l’HTA. Cette politique s’inscrit dans une perspective de vieillissement de la population.

Une maladie grave et mal soignée

Il existe une relation linéaire entre le niveau de pression artérielle et le risque cardiovasculaire (infarctus du myocarde, accident vasculaire cérébral...). D’après un consensus international, la valeur-seuil de la tension artérielle chez un adulte au repos ne doit pas dépasser 140/90 mm Hg.

De nombreuses recherches restent à faire sur l’HTA, tant sur ses causes, ses facteurs favorisants et aggravants, sur sa prise en charge thérapeutique... Et même si l’on dispose de certaines données épidémiologiques sur l’HTA, en France, on manque encore d’informations fiables. Enfin, même si aujourd’hui notre arsenal thérapeutique contre l’HTA est efficace, pour différentes raisons, seulement environ 30 % des patients ont des valeurs tensionnelles normalisées. Considérant qu’aujourd’hui près des 2/3 des gens de plus de 60 ans sont hypertendus, et que notre population est vieillissante, l’HTA va constituer un problème majeur de santé publique dans le futur. Tout ceci montre combien il reste à faire dans le domaine de l’hypertension artérielle !

 

Sources : Fondation de Recherche sur l’Hypertension Artérielle