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Etude dans 188 pays

AVC : un sur dix est attribuable à la pollution de l'air

Par Antoine Costa

La pollution atmosphérique est devenue l'un des facteurs principaux de risque d'AVC, notamment dans les pays en développement, selon une étude.

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C’est officiel, selon la science : la pollution atmosphérique est l’un des principaux facteurs de risque d’accidents vasculaires cérébraux (AVC), notamment dans les pays en développement. Tel est le constat d’une vaste étude publiée ce vendredi dans la revue The Lancet Neurology.

Les travaux ont été menés dans 188 pays entre 1990 et 2013. Les chercheurs ont passé au crible 17 facteurs de risque d’AVC et ont évalué le « fardeau » de ces accidents - à savoir, le nombre de journées perdues à cause d'une mortalité prématurée et le nombre d’ « années de vie productives » manquées en raison des incapacités générées par la maladie.

15 millions d'AVC

Premier constat :  90 % de ce « fardeau » serait lié à notre mode de vie, et donc à des facteurs de risque modifiables. Parmi eux, essentiellement : le tabagisme, la mauvaise alimentation, la sédentarité.

Chaque année dans le monde, 15 millions de personnes subissent un AVC ;  six millions en meurent et cinq millions conservent des séquelles permanentes. Des différences existent entre les pays, mais globalement, on connaît les grands facteurs de risques : l'hypertension, l’alimentation pauvre en fruits et légumes ou trop riche en sucre et sel, l'obésité, l’absence d’activité physique et le tabac.

Mais ce n’est pas tout, loin s’en faut. Les chercheurs ont en effet découvert qu’en 20 ans, le rôle joué par la pollution atmosphérique avait considérablement augmenté. Ainsi, en 2013, dans les pays à hauts revenus, la part du « fardeau » de l’AVC attribuable à la pollution est évaluée à 10 %, un chiffre en forte hausse depuis 1990.

Dans les pays à bas et moyens revenus, cette proportion s’élève à 34 % - et à 40 % dans certains pays d’Asie du sud et d’Afrique sub-saharienne, notamment à cause de la pollution de l'air intérieur induite par l'utilisation de combustibles solides pour se chauffer ou faire la cuisine.

Le poids des boissons sucrées 

Les chercheurs ont dégagé d’autres facteurs de risque devenus déterminants. Ainsi, la consommation de boissons sucrées, en hausse de 84 % au cours de la période étudiée, est associée une augmentation de 63 % du risque d’AVC lié à ce facteur.

En modifiant nos comportements et en contrôlant les facteurs de risques évitables, « on pourrait éviter près des trois quarts des AVC dans le monde », estiment les auteurs,  qui appellent les gouvernement à agir en taxant ou en légiférant sur le tabac, l'alcool, les boissons sucrées ou les graisses saturées. « Tout ce qu'il faut, c'est reconnaître la nécessité d'améliorer la prévention primaire et le bon vouloir des gouvernements ».