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Dépistage

Cancers féminins : et si un nouveau test permettait de les détecter en avance ?

Par Geneviève Andrianaly

Un groupe international de chercheurs a élaboré un test capable de dépister les cancers du col et du corps de l’utérus, de l’ovaire et du sein quatre avant qu’ils ne soient diagnostiqués.

Vasyl Dolmatov/iStock
En France, près de 3.000 cas de cancers du col de l’utérus sont diagnostiqués chaque année.
"Cette nouvelle méthode est plus spécifique et n'entraîne pas de recours à un traitement médical inutile et/ou nuisible", selon les auteurs.

"Actuellement, il n’existe aucune méthode de triage à haute spécificité pour détecter les cellules endocervicales chez les femmes et prévenir le cancer du col de l'utérus. Il est urgent de mettre au point un test systématique qui puisse effectuer un triage précis, indépendamment de l'hétérogénéité de l'échantillon et de l'âge", ont indiqué des scientifiques du University College de Londres (Angleterre) et de l’université d’Innsbruck (Autriche).

Cancer féminin : un test identifie les modifications des cellules du col de l'utérus

C’est pourquoi ils ont développé un test qui permet d'identifier avec précision les modifications potentiellement dangereuses des cellules du col de l'utérus jusqu'à quatre ans avant qu'elles ne se produisent. Le test fonctionne en examinant la méthylation de l'ADN, une couche supplémentaire d’informations au-dessus de l'ADN, des cellules endocervicales. Pour rappel, elle peut être altérée par des facteurs liés à l'environnement et au mode de vie, et certaines modifications augmentent le risque de certaines pathologies comme le cancer.

Analyser 1.254 échantillons de dépistage du cancer du col de l'utérus

Pour savoir si leur test est efficace, l’équipe a effectué une étude publiée dans la revue Genome Medicine. Elle a récupéré et testé 1.254 échantillons de dépistage du cancer du col de l'utérus. Les prélèvements ont été faits, à l’aide d’écouvillons cervicaux, auprès de femmes présentant des modifications cellulaires allant d’un risque faible à élevé, de patientes porteuses du papillomavirus humains mais ne présentant aucun changement des cellules du col de l'utérus ; et de volontaires n’ayant aucune modification des cellules endocervicales mais développant des changements cellulaires à haut risque dans les quatre ans.

Le test a prédit des changements cellulaires chez 55 % des patientes atteintes de HPV

Selon les auteurs, le test a permis d’obtenir de meilleurs résultats que les techniques existantes pour identifier les changements cellulaires. D’après les résultats, le test prédisait des modifications des cellules du col de l'utérus chez 55 % des femmes qui présentaient une infection par le papillomavirus humains mais aucune modification cellulaire visible au microscope. Les patientes en question ont présenté des changements cellulaires quatre ans après avoir fait le test.

"Il est important de noter que nos travaux ont montré comment l'analyse d'un même échantillon de col de l'utérus peut également fournir des informations sur le risque d'une femme de contracter trois autres cancers majeurs : le cancer du sein, des ovaires et de l'utérus", a déclaré Martin Widschwendter, auteur de l’étude, dans un communiqué. L’équipe espère que le développement du test permettra de traiter plus rapidement les personnes susceptibles de souffrir de cancer.

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