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Journée mondiale

Diabète : un adulte sur deux ignore sa maladie

Par Anne-Laure Lebrun

A l'occasion de la journée mondiale, la Fédération internationale du diabète espère qu'un million de personnes se fera dépister via son test accessible en ligne. 

AndreyPopov/epictura

Malgré l’avancée de la recherche, il est encore impossible de prévenir la survenue d’un diabète. Rien qu’en France, un malade sur cinq ignore qu’il est atteint de cette maladie chronique. Et dans le monde, un malade sur deux vit sans le savoir avec la maladie, soit 193 millions de personnes, affirme la Fédération internationale du diabète à l’occasion de la Journée mondiale qui se tient ce lundi.

Pour la plupart de ces malades, il s’agit du diabète de type 2, surnommé le "diabète de l’adulte". Silencieux et sournois, il n’est diagnostiqué que des années après son apparition. Une fois que les complications cardiaques, rénales ou oculaires sont déjà là. Une véritable perte de chance pour les malades.
Pour remédier à cette situation, les associations de patients diabétiques ont lancé une campagne de dépistage planétaire intitulée « Test2Prevent », un jeu de mot signifiant « Tester pour prévenir ». L’objectif : dépister un million de personnes tout au long du mois de novembre.


Un test en 30 secondes

Accessible sur le site de la Fédération internationale du diabète, ou en version française sur celui de la Fédération française des diabétiques, ce test reconnu par le monde scientifique permet d’évaluer ses prédispositions au diabète de type 2. Age, mode de vie, alimentation, antécédents familiaux, prescription de médicaments… En 30 secondes et 8 questions, il dresse un profil et apporte des informations sur cette maladie de plus en plus fréquente.

A la fin du test, il est possible de recevoir ses résultats par mail accompagné d’un commentaire ainsi que des recettes de cuisine pour manger équilibré. Pour qu’un maximum de personnes se fasse dépister, il est possible de l’envoyer à ses amis.

Si le résultat obtenu est élevé, il est important d’aller consulter son médecin. Car cette maladie complexe à traiter peut être mortelle. Et même lorsqu’un patient est pris en charge, il est exposé à une surmortalité accrue, rappelle l’Agence Santé Publique France dans son dernier Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH). Les femmes diabétiques sont 51 % plus à risque de décès que leurs paires en bonne santé, tandis que les hommes sont 34 % plus exposés à la mortalité.

Pour réduire le poids de cette maladie, les experts sont unanimes : il faut réduire le retard dans le diagnostic, adapter l’éducation thérapeutique à chaque patient ainsi que lutter contre le tabagisme, la consommation d’alcool et la surcharge pondérale.

Le service Sophia améliore le suivi des patients

En France, 3,5 millions de personnes sont traitées pour un diabète. Mais malgré ce traitement, 9 000 amputations doivent être pratiquées chaque année et des milliers de patients sont hospitalisés pour un accident vasculaire cérébrale (AVC) ou un infarctus du myocarde.

La clé pour les éviter : un bon suivi médical. Pour aider les patients à bien suivre leur traitement et réaliser tous leurs examens médicaux, l’Assurance maladie a mis au point un programme d’accompagnement gratuit nommé Sophia. Ce service compte plus de 700 000 patients et montre des résultats encourageants. Les patients adhérents ont davantage recours à l’examen du fond de l’œil que les malades non inscrits (62 % contre 51%), et sont plus enclins à consulter un néphrologue pour un bilan rénal (34 % contre 26 %). Des progrès importants qui améliorent considérablement la qualité de vie des malades.