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Semaine d'action 2023

Fibrillation atriale : quels examens permettent de la diagnostiquer ?

Par Sophie Raffin

Pour cette semaine d'action contre la fibrillation atriale, le Dr Serge Boveda détaille pour Pourquoi docteur les différents examens qui permettent de diagnostiquer ce trouble du rythme cardiaque, souvent asymptomatique.

volodyar/istock
Connaître le symptômes de la fibrillation atriale est important pour la repérer. On peut citer entre autres des malaises, des palpitations, des vertiges ou un essoufflement. Toutefois dans 30 % des cas, le trouble est asymptomatique.
L'électrocardiogramme est ainsi l’examen incontournable pour dépister la maladie cardiaque.
Des moyens plus modernes sont disponibles comme des enregistreurs d’événement, des montres connectées ou encore des moniteurs implantables.

La fibrillation atriale, aussi appelée fibrillation auriculaire, est l’arythmie la plus fréquente chez les Français. Ce trouble du rythme cardiaque, caractérisé par une accélération et une irrégularité du cœur, est responsable de près de 20 % des AVC ischémiques. Son diagnostic est essentiel. Le Dr Serge Boveda, de la Clinique Pasteur à Toulouse, détaille les outils et examens à la disposition des médecins et des patients pour le repérer.

Fibrillation atriale : l’électrocardiogramme est l’examen incontournable pour la dépister

L’un des premiers moyens pour repérer une fibrillation atriale (FA) est de s’appuyer sur le tableau clinique. "Des signes vont nous alerter sur la probabilité d’une arythmie. Lorsque certains patients se plaignent de malaises, palpitation, lipothymie (malaise progressif où le sujet a une impression de tête vide ou de flou visuel qui l’oblige de s'allonger, NDLR), vertige et essoufflement dans certaines situations, cela va orienter le médecin – et le plus souvent le généraliste – vers un dépistage d’une arythmie", explique le Dr Boveda.

Mais les docteurs rencontrent un problème de taille avec la fibrillation auriculaire : un grand nombre de cas sont asymptomatiques. Les professionnels de la santé estiment que le pourcentage de FA asymptomatiques avoisine les 30 %. Face à ce phénomène, les professionnels de santé ont reçu des consignes. "Cela a guidé les dernières recommandations pour donner une indication forte à la prise de pouls systématique chez les sujets qui se présentent chez le médecin pour n’importe quelle raison au-delà de 65 ans, pour dépister les fibrillations atriales qui seraient asymptomatiques, ou peu symptomatiques", explique l’expert.

Si le praticien repère un pouls irrégulier chez son patient lors d’une consultation, il pourra prescrire des examens pour confirmer ou infirmer son doute de fibrillation atriale. "Le médecin – ou même le pharmacien dans certains cas – va orienter le patient vers le spécialiste qui fera un électrocardiogramme. C’est l’examen incontournable pour dépister la fibrillation atriale. Pour apporter un diagnostic certain, il faut un tracé électrocardiographique authentifiant l’arythmie."

Un holter ECG peut aussi être demandé. Ce dispositif permet d'enregistrer l'électrocardiogramme d'un patient pendant 24 heures à 72 heures, voire plusieurs semaines. Cela permet d'enregistrer des épisodes d'arythmie de plus ou moins longue durée.

Fibrillation atriale : des outils modernes pour repérer les arythmies épisodiques

D’autres méthodes plus sophistiquées sont aujourd’hui proposées. Les médecins ont ainsi la possibilité de surveiller le rythme cardiaque de leur patient avec des enregistreurs d’événement ou encore des montres connectées. "Les outils modernes intelligents – que de plus en plus de personnes ont sur elles – permettent en fonction des modèles d’avoir des ECG. Sur une seule dérivation certes, mais cela peut aider à diagnostiquer des fibrillations atriales qui seraient méconnues."

Le Dr Boveda évoque un "moyen encore plus sophistiqué" de repérer le trouble cardiaque : les moniteurs implantables. Il s’agit d’appareils miniaturisés que l’on glisse sous la peau sous anesthésie locale. "C’est très simple, cela prend 2 ou 3 minutes pour les implanter", assure l’expert. L’avantage ? Ils peuvent enregistrer le rythme jusqu’à trois ans grâce à leurs batteries. "Cela permet de dépister les fibrillations méconnues qui surviennent de manière très épisodique : par exemple tous les six mois chez certains patients. Ces derniers pourraient être mal diagnostiqués sinon".

Pour le médecin toulousain, diagnostiquer une fibrillation auriculaire est vital. En effet, la prise en charge du trouble du rythme cardiaque permet d'éviter différentes complications comme l’accident vasculaire cérébral.