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Le degré de gravité de Covid-19 lié à un gène ?

Par Thierry Borsa

Les chercheurs explorent d'éventuelles mutations génétiques qui expliqueraient la gravité très variable de Covid-19 selon les individus.

Wavebreakmedia/iStock
En l'absence d'autres pathologies, on enregistre des degrés de gravité très variables chez les patients Covid-19
La recherche travaille sur le rôle éventuel de la mutation d'un gène codeur

Et si un simple gène décidait de notre sensibilité à une forme grave de Covid-19 ? c'est l'hypothèse avancée par des scientifiques de l'Institut de Médecine Moléculaire d'Helsinki dont les travaux sont publiés dans Science. Ces chercheurs ont été intrigués par les effets très différents de l'infection par SARS-CoV-2 selon les personnes. Alors que cette contamination ne génère aucun symptômes chez environ un tiers de ceux qui sont touchés par le coronavirus, d'autres développent des formes très sévères et malheureusement trop souvent mortelles de Covid-19. Et même si l'importance des comorbidités est soulignée par toutes les études réalisées depuis le début de l'épidémie, des formes graves ou fatales apparaissent aussi chez des personnes en pleine santé voire très jeunes.

C'est l'ADN des patients sans autre pathologie mais qui ont développé une forme sévère de Covid-19 que les scientifiques d'Helsinki ont comparé à celui des patients qui n'avaient été touchés que par une forme bénigne de la maladie. Et c'est ainsi que leur attention a été retenue par le gène ACE2, un gène codant que le coronavirus utilise pour pénétrer les cellules de l'organisme infecté.

La mutation d'un gène codant sert du rempart contre le VIH

En se souvenant que c'est une mutation d'un autre gène codant, cette fois pour le récepteur cellulaire CCR5 présent à la surface des globules blancs, qui sert de rempart contre le VIH, le virus du SIDA, ils avancent la piste d'une éventuelle mutation d'ACE2 qui pourrait bloquer ou faciliter l'infection de l'organisme par SARS-CoV-2.

Aucun élément ne vient pour le moment étayer cette intuition. Mais ce travail réalisé pare les scientifiques de l'Institut de Médecine d'Helsinki montre l'intérêt du recueil de données génétiques pour faire avancer la recherche sur cette épidémie. En Italie, plus d'une dizaine d'hôpitaux viennent d'ailleurs, selon le site "Futura", de donner leur accord pour que des prélèvements d'ADN soient effectués sur des patients atteints de Covid-19 afin de tenter d'identifier les éléments qui différencient le niveau de gravité de la maladie selon les personnes infectées.