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Prévention

Troubles bipolaires : contrôler son poids et son alimentation améliore l’efficacité du traitement

Par Jean-Guillaume Bayard

Les données d’un essai clinique ont montré que le poids et le régime alimentaire influencent la façon dont les patients réagissent au traitement contre les troubles bipolaires. Une découverte qui pourrait permettre d'inclure des conseils diététiques dans les traitements.

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La bipolarité se caractérise par une alternance de périodes de dépression et d’excitation pathologique. Cette maladie mentale touche aujourd'hui environ 1 million de Français, selon des chiffres du bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) de Santé Publique France.

L’alternance entre ces deux épisodes rend difficile la recherche de traitement efficace, notamment pour la phase dépressive. Un groupe de chercheurs australiens, allemands et américains a montré que les personnes qui suivent un régime alimentaire moins inflammatoire (c'est-à-dire moins riches en acide gras saturés, en sucre, et en produits raffinés) et/ou qui ont un faible indice de masse corporelle (IMC) répondent mieux au traitement. "Si nous pouvons confirmer ces résultats, il s'agit d'une bonne nouvelle pour les personnes atteintes de trouble bipolaire, car il existe un besoin urgent de meilleurs traitements pour sa phase dépressive", a déclaré la chercheuse principale, Melanie Ashton, de l'université Deakin en Australie. Les résultats de cette étude ont été présentés lors de la conférence du Collège européen de neupsychopharmacologie à Barcelone le 7 octobre.

Le déroulement de l’étude

Durant cette étude de 16 semaines, les chercheurs ont étudié les cas de 133 participants. Un groupe a pris une combinaison de nutraceutiques, des vitamines et/ou minéraux, dont de l’acide aminé anti-inflammatoire, tandis que l’autre a pris un traitement placebo. Le tout en plus de leurs traitements habituels. Les chercheurs ont mesuré l’IMC des patients au début de l’étude, leurs phases dépressives ainsi que leur capacité évolutive quotidienne. Chaque participant devait remplir un questionnaire sur son alimentation habituelle afin que les scientifiques évalue sa qualité.

"Nous avons constaté que les personnes ayant un régime alimentaire de meilleure qualité et/ou un indice de masse corporelle inférieur, présentaient une meilleure réponse au traitement nutraceutique complémentaire que celles ayant un régime de faible qualité, ou un régime comprenant des aliments qui favorisent l'inflammation ou qui font de l’embonpoint", conclut la chercheuse australienne.

À la fin de l’étude, les chercheurs expliquent que ce résultat trouvé n’était pas celui qu’ils testaient. Ils ajoutent qu’une étude plus vaste devra donc être menée afin de tirer des conclusions définitives sur l’influence du poids et du régime alimentaire dans l’efficacité du traitement des patients atteints de trouble bipolaire.