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Dans toute la France

Violences conjugales : 500 téléphones d'alerte distribués à des femmes

Par Léa Surugue

De nouvelles mesures contre les violences conjugales vont être mises en place en septembre. Parmi elles, 500 téléphones d'alerte mis à dispositon des femmes en grande détresse.

A. GELEBART/20 MINUTES/SIPA

Les chiffres sont toujours aussi alarmants. Chaque année, on estime que 200 000 femmes, de 18 à 59 ans, seraient victimes de violences conjugales, de nature physique ou sexuelle. Seules 16 % d'entre elles osent porter plainte. Face à cette cruelle réalité, le quatrième plan interministériel de prévention et de lutte contre les violences faites aux femmes prévoit la mise à disposition de 500 téléphones d'alerte dans tout l'Hexagone, pour aider les femmes en détresse à prévenir les autorités. 

Un succès en Seine-Saint-Denis

Ce dispositif a déjà été testé en Seine-Saint-Denis, avec des résultats plutôt encourageants. Ainsi, 157 téléphones d'alerte y ont été déployés, et ont permis de signaler 364 situations dangereuses pour la femme. Le gouvernement souhaite maintenant aller plus loin, en étendant cette mesure à tout le territoire français.

Equipés d'un bouton pré-programmé, ces téléphones permettent de dialoguer rapidement avec un téléassisteur, qui analyse alors l'urgence de la situation, et prévient si nécessaire la police, en moins de 10 minutes. Accordés par le procureur de la République à des femmes ayant déjà subi attaques et agressions dans leur couple, ces téléphones vont donc permettre aux victimes d'endiguer le cycle de violence, en prévenant les autorités compétentes avant que d'autres violences n'aient lieu. 

146 décès en 2013

Mais l'Observatoire départemental des violences envers les femmes de Seine-Saint-Denis a également récemment demandé que d'autres mesures soient mises en place. En effet, l'urgence de la situation réclame un plan de grande ampleur, qui aille plus loin que la généralisation des téléphones d'alerte. Ainsi, 146 femmes ont été tuées par leur compagnon en 2013. De plus, 75 000 viols ont lieu chaque année, dont un tiers au sein du couple. Seuls 10 885 sont déclarés à la police. La peur, la honte, le traumatisme, et même l'attachement au conjoint empêchent bien souvent les femmes de porter plainte.

Parmi les autres mesures envisagées, la généralisation des travailleurs sociaux dans les commissariats, l'instauration de consultations psychologiques gratuites, pour mieux prendre en charge les traumatismes, ou encore la facilitation de l’hébergement d’urgence pour les victimes. Autant de solutions testées en Seine-Saint-Denis, et qui ont elles aussi nettement contribué à l'amélioration de la situation dans ce département, particulièrement touché par les violences conjugales.