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Psychologie

Les hypocondriaques mourraient 5 ans plus tôt que la moyenne

Par Diane Cacciarella

Les personnes hypocondriaques mourraient plus tôt car l’anxiété qu’elles ressentent aurait une incidence sur leur santé, et elles auraient aussi plus de risques de se suicider, selon une étude. 

nensuria/iStock
Les hypocondriaques mourraient cinq ans plus tôt que les autres, selon une nouvelle étude.
Les auteurs estiment que l’anxiété ressentie par ces patients affecte leur santé.
Ils demandent à ce que ces personnes soient mieux dépistées et prises en charge.

Un Français sur 10 a peur de la maladie en l'absence de tout symptôme, selon une étude réalisée en 2014 par l’Ifop pour Capital Image. Ainsi, 13 % de la population serait donc hypocondriaque, ce qui paradoxalement, peut être dangereux pour la santé. 

Les hypocondriaques meurent à 70 ans

En effet, selon une nouvelle étude, publiée dans la revue JAMA Psychiatry, les personnes hypocondriaques mourraient cinq ans plus tôt que les autres. 

Pour parvenir à ce résultat, les scientifiques du Karolinska Institutet, en Suède, ont suivi 42.000 personnes pendant deux décennies, en analysant leurs données récoltées entre 1997 et 2020. Parmi elles, 1.000 étaient hypocondriaques, dont 57 % de femmes. 

Résultats : il y avait une différence d’espérance de vie de cinq ans entre ces derniers et les autres. En effet, les hypocondriaques vivaient jusqu’à 70 ans, alors que les autres atteignaient 75 ans.

Plus de risques de suicides et de problèmes de santé 

Autre observation des chercheurs : les hypocondriaques avaient quatre fois plus de risque de mourir par suicide et étaient aussi deux fois plus susceptibles de mourir d'une maladie respiratoire. 

Les hypocondriaques avaient aussi plus de risques de développer des maladies respiratoires - comme la grippe ou la Covid-19 - des problèmes circulatoires ou encore neurologiques. Enfin, leur risque de mortalité toutes causes confondues était également plus élevé de 64 %.

Pour expliquer ces résultats, les scientifiques émettent l'hypothèse que l’inquiétude répétée peut engendrer un stress chronique. Celui-ci peut à son tour entraîner une augmentation des niveaux d’inflammation dans tout le corps et favoriser l’apparition de maladies.

Cette étude suggère que les personnes atteintes d'hypocondrie courent un risque plus important que le reste de la population, explique le Dr David Mataix-Cols, auteur de cette étude, au Daily Mail. L'amélioration de la détection [de ces patients] et de l'accès aux soins devraient être une priorité." Les personnes hypocondriaques peuvent être prises en charge en suivant une psychothérapie ou en prenant des antidépresseurs.