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Microbiome intestinal

Cancer du côlon : l’abus d’antibiotiques augmenterait le risque

Tout comme la consommation régulière d’aliments gras, les boissons sucrées et l’alcool, l’abus d’antibiotiques augmenterait significativement le risque de développer un cancer du gros intestin, en particulier chez les personnes de moins de 50 ans.

 Cancer du côlon : l’abus d’antibiotiques augmenterait le risque Mohammed Haneefa Nizamudeen/iStock

  • Publié le 04.07.2021 à 15h00
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L'ESSENTIEL
  • Chez les patients de moins de 50 ans, l'abus d'antibiotiques augmente de 50 % le risque de développer un cancer du côlon, contre 9 % chez les plus de 50 ans.
  • En cause, selon les auteurs, un déséquilibre du microbiome intestinal, qui favorise l'apparition du cancer.

L’abus d’antibiotiques ne favorise pas seulement le développement de super-bactéries. Il est aussi impliqué dans certains cas de cancer du côlon, dont l’incidence augmente à un rythme d’au moins 3 % par an depuis vingt ans.

C’est la conclusion à laquelle sont parvenus des chercheurs de l’université d’Aberdeen (Ecosse), qui ont présenté leurs travaux lors du congrès mondial de la Société européenne d’oncologie médicale sur le cancer gastro-intestinal. "La malbouffe, les boissons sucrées, l'obésité et l'alcool ont probablement joué un rôle dans cette augmentation, mais nos données soulignent l'importance d'éviter les antibiotiques inutiles, en particulier chez les enfants et les jeunes adultes", a déclaré la Pr Sarah Perrott, qui a présenté les données.

Un risque supérieur de 50 % chez les moins de 50 ans

À l'aide d'une vaste base de données écossaise de soins primaires, les chercheurs ont suivi près de 8 000 personnes atteintes d'un cancer colorectal (côlon et rectum), ainsi que des patients sans cancer. Leurs recherches ont montré que l'utilisation d'antibiotiques était associée à un risque accru de cancer du côlon à tous les âges. Mais que le risque était accru de près de 50 % chez les moins de 50 ans, contre 9 % chez les plus de 50 ans.

Dans le groupe d'âge le plus jeune, l'utilisation d'antibiotiques était liée aux cancers de la première partie du côlon (le côté droit). C’est dans cette première partie du côlon, appelée microbiome, que vivent les bactéries. L’usage excessif d’antibiotiques a donc pu jouer un rôle dans le déséquilibre du microbiome, et provoquer l’apparition du cancer. Il ne s’agit pour le moment que d’une hypothèse car les travaux menés sont une étude d’observation.

"Nous voulons maintenant savoir s'il existe un lien entre la prise d'antibiotiques et les modifications du microbiome, qui peuvent rendre le côlon plus vulnérable au cancer, en particulier chez les jeunes", explique le Dr Leslie Samuel, première autrice de l’étude. "Nous ne savons pas encore si les antibiotiques peuvent induire des effets sur le microbiome qui pourraient contribuer directement ou indirectement au développement du cancer du côlon", poursuit-elle.

Mieux dépister le cancer du côlon chez les patients jeunes

Bien qu’il s’agisse d’une étude d’observation, et qu’aucun lien de cause à effet n’ait pour l’heure été observé, cette étude suscite de nouvelles inquiétudes quant à l'impact de l'augmentation de la consommation mondiale d’antibiotiques. Celle-ci a augmenté de 65 % entre 2000 et 2015.

Les conclusions des travaux doivent aussi inciter les professionnels de santé au dépistage du cancer du côlon chez les jeunes sujets, et pas seulement chez les plus de 50 ans. Le professeur Alberto Sobrero, de l'Ospedale San Martino, à Gênes (Italie), qui a commenté l’étude, a ainsi expliqué que, sur les 2 millions de personnes chez qui un cancer du côlon est diagnostiqué chaque année dans le monde, les jeunes de 20 à 40 ans ont généralement un pronostic plus défavorable que les personnes plus âgées, car ils sont souvent diagnostiqués plus tard.

"Les médecins sont moins susceptibles d'examiner un patient présentant une gêne abdominale pour un cancer du côlon s'il est âgé de 30 ans que s'il est âgé de 70 ans, et les patients plus jeunes ne sont pas éligibles au dépistage du cancer de l'intestin. Par conséquent, leur cancer est généralement diagnostiqué à un stade plus avancé, lorsqu'il est plus difficile à traiter", regrette-t-il.

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