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Résistance aux antibiotiques

Antibiorésistance : le CHU de Nantes révèle le potentiel du microbiote intestinal

Des équipes du CHU de Nantes, de l’AP-HP et de l’Inserm ont mis en lumière l’importance de la diversité génétique du microbiote pour empêcher l’installation de bactéries résistantes aux antibiotiques. 

Antibiorésistance : le CHU de Nantes révèle le potentiel du microbiote intestinal ChrisChrisW/istock

  • Publié le 24.05.2026 à 13h30
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La résistance aux antibiotiques augmente à travers le monde. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), une infection bactérienne confirmée en laboratoire sur six était résistante aux traitements antibiotiques en 2023. Cela signifie que certaines bactéries peuvent aujourd'hui résister à un ou plusieurs traitements antibiotiques, et que la prise de ces traitements peut augmenter le risque d’acquérir des bactéries résistantes. Dans Gut Microbes, des chercheurs du CHU de Nantes, de l’AP-HP et de l’Inserm se sont intéressés aux effets protecteurs potentiels du microbiote intestinal. 

Comment expliquer l'acquisition de la bactérie multirésistante ?

"L’étude  Arcmi  réalisée  au  CHU de Nantes visait à étudier la proportion de patients qui acquiert une bactérie productrice de bêta lactamases à spectre étendu (une enzyme qui rend la bactérie résistante à certains antibiotiques  très  utilisés  pour  traiter  les  infections  sévères)  après  la  prise  de  l’antibiotique  Ceftriaxone", précisent-ils dans un communiqué. 143 patients pris en charge au CHU de Nantes ont accepté de participer à cette étude. Pour analyser leur microbiote intestinal, les scientifiques ont effectué des prélèvements rectaux, réalisés avant l’administration de l’antibiotique, cinq jours après puis 30 jours après. Les scientifiques nantais ont ensuite analysé les évolutions de la composition du microbiote au fil du temps. 

Au bout de 30 jours, 15 % des participants ont acquis la bactérie multirésistante. Mais au début de l’essai, lors du premier prélèvement, la composition du microbiote était la même chez tous les participants. Par la suite, les chercheurs ont constaté que "une réduction profonde et durable de  la richesse et de la diversité microbiennes chez tous les patients", induite par "l’exposition à l’antibiotique Ceftriaxone". L’équipe a observé une différence significative entre les participants qui ont développé la bactérie résistante et les autres : la diversité génétique du microbiote. "Les patients qui n’ont pas acquis la bactérie multirésistante présentaient à J0 un répertoire significativement plus riche et plus diversifié de gènes codant pour l’enzyme (bêta-lactamases) qui dégrade l’antibiotique", remarquent-ils.

Des gènes du microbiote qui pourraient faire l'effet d'un vaccin

Dans un article de Ouest-France, le Dr Quentin Le Bastard et le Pr Emmanuel Montassier, co-auteurs de cette étude et médecins urgentistes au CHU de Nantes, expliquent ces résultats. "On a observé que les patients qui n’acquéraient pas de bactéries multirésistantes à 30 jours, donc qui étaient résistants à cette colonisation, avaient dans leur microbiote intestinal, avant de recevoir le traitement antibiotique, plus de gènes de résistance actifs sur cet antibiotique, commentent-ils. L’hypothèse est que cela ferait un peu comme l’effet d’un vaccin. Ces gènes vont dégrader l’antibiotique et limiter les risques sur la flore intestinale." L’équipe doit poursuivre son travail pour confirmer cette hypothèse. Dans les colonnes de Ouest-France, ils indiquent qu’il faudrait réaliser des tests sur des animaux, puis mettre au point des probiotiques capables d’apporter les gènes de résistance. Cela permettrait de créer un traitement expérimental pour confirmer les effets de la diversité génétique du microbiote sur l’antibiorésistance. 

D’après les données du Centre européen de Contrôle et de Prévention des maladies (ECDC), plus de 35.000 décès sont la conséquence de bactéries résistantes aux antibiotiques, chaque année en Europe. 

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