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QUESTION D'ACTU

Infertilité masculine : l'autotest qui laisse perplexe


  • Publié 10.02.2015 à 09h42
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Ils ont fait leur entrée dans les rayons des pharmacies au début du mois, en toute discrétion. Et pourtant les « SpermCheck Fertilité » constituent une petite révolution sur le marché : ce sont les tout premiers autotests destinés à évaluer la fertilité masculine.

 

 

Dix minutes et quarante euros suffisent pour obtenir une estimation de la concentration de spermatozoïdes, révèle Le Figaro. Assez rudimentaire, l'autotest affiche un résultat qui n'est pas sans rappeler celui des tests de grossesse. Si la concentration de spermatozoïdes est au moins égale à 20 millions par millilitres, deux traits apparaissent. S'il n'y a qu'un seul trait, les gamètes sont en concentration moindre. Selon les seuils définis en 2010 par l'Organisation mondiale de la santé, les spermatozoïdes sont considérés comme suffisamment nombreux au-delà de 15 millions par millilitre.

 

Mais la fertilité n'est pas qu'une question de quantité de gamètes ! Il est tout à fait possible de concevoir avec une concentration de spermatozoïdes en dessus de la « norme » et, au contraire, avoir des problèmes d'infertilité avec un nombre de spermatozoïdes suffisant. Le spermogramme réalisé en première intention chez l'homme quand un couple consulte pour infertilité évalue bien d'autres paramètres, tels que la morphologie des gamètes, leur vitesse de déplacement, etc.

Pourtant, interrogé par le quotidien, le directeur de la société qui distribue ce test en France estime qu' « il y a un public » dans l'Hexagone pour ce type de produit. Lors de sa première année de mise sur le marché en Grande-Bretagne, le « SpermCheck Fertilité » s'était écoulé à plus de 15 000 exemplaires.

Et les statistiques sur les problèmes de fertilité des couples français ont de quoi conforter l'entrepeneur dans sa confiance. L'Inserm estimait en 2012 que 18 à 24 % des couples ne parviennent pas à concevoir dans les 12 mois qui suivent l'arrêt de la contraception. Face à l'angoisse que peut générer un échec de conception, on imagine que recourir à un autotest, ne serait-ce que pour se "rassurer", pourrait séduire de nombreux couples.

 

 

Alors à quoi bon utiliser un test aux résultats partiels ? « Avec ce type d’autotest, vous n’avez pas avancé d’un iota sur votre infertilité. Cela ne sert à rien. Si vous n’arrivez pas à concevoir un enfant et que le test est anormal, vous consulterez ; mais si le test est normal, vous consulterez aussi… », résume Christophe Arnoult, directeur de recherche CNRS/université Grenoble-Alpes, dans les colonnes du Figaro.

A quelques mois de la mise sur le marché français d'autotests permettant un dépistage rapide du VIH, la commercialisation de ces tests de fertilité montre que la question éthique liée aux autotests n'est pas totalement réglée. Le patient/consommateur reste livré à lui-même, avec des informations supplémentaires certes, mais aucune réponse complémentaire.

 

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