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QUESTION D'ACTU

Rendez-vous chez le médecin : de plus en plus d'attente


  • Publié 18.11.2014 à 07h50
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La salle d'attente des médecins n'a jamais aussi bien porté son nom. Une enquête Ifop réalisée pour le cabinet Jalma, et rendue publique par les Echos.fr, montre que les délais de rendez-vous ne cessent de s'allonger.

Certes, le phénomène est connu, mais cette étude a le mérite de démontrer que les ophtalmologistes ne sont pas les seuls concernés. Pour obtenir un rendez-vous chez un spécialiste de la vue, les Français doivent patienter en moyenne 111 jours. C'est sept jours de plus qu'il y a deux ans. Mais, comme le soulignent Les Echos, chez un gynécologue, il faut compter 57 jours, chez un dermatologue 50 jours, et même chez le médecin généraliste, il faut être de plus en plus patient : 6 jours d'attente au lieu de 4 il y a deux ans. Une minorité de Français (44 %) juge facile l'accès à un spécialiste.


L'accès aux soins n'est donc pas qu'une question financière. Quand l'Ifop demande aux Français pourquoi ils ont dû renoncer à des soins, 55 % incriminent les délais de rendez-vous et 30 % le coût de la consultation. Les Echos remettent même les pendules à l'heure en soulignant que « la souplesse tarifaire va de pair avec un raccourcissement des délais ». « Dans les régions où les dépassements sont mal vus, comme le Grand Ouest et le Sud-Ouest, il n'y a plus d'ophtalmologues, déclare Mathias Matallah, de Jalma, interrogé dans Les Echos. La possibilité de dépasser est capitale quand vous devez investir 1 million d'euros pour monter votre cabinet, alors que vous avez les mêmes tarifs de base que le cardiologue, qui a besoin de beaucoup moins d'investissements. »

Et la situation ne risque pas de s'améliorer ! D'après les calculs du cabinet Jalma, « entre 2010 et 2020, le temps médical disponible pour les personnes atteintes de maladies chroniques va baisser de 40 % ».


Le gouvernement a bien sûr déjà pris des mesures pour rapprocher médecins et citoyens. En décembre 2012, la ministre de la Santé, Marisol Touraine, a par exemple créé son Pacte « Territoire Santé », avec notamment des contrats de praticiens de médecine générale qui offrent aux praticiens qui s'installent dans un désert médical une garantie de revenus et une protection sociale améliorée en matière de congé maternité ou maladie. Pour l'ophtalmologie, la délégation de tâches vers d'autres professionnels de santé – les orthoptistes – s'organise doucement. Mais difficile de lutter contre un mouvement de fond : si les délais s'allongent, c'est que parce les médecins d'aujourd'hui ne sont pas ceux d'hier. Ils veulent une meilleure qualité de vie et refusent d'être corvéables à merci. Trouver un rendez-vous un samedi relève donc parfois de la gageure. Et pour mieux gagner leur vie, ils s'hyperspécialisent. Les gynécologues médicaux, dont la mission est le suivi de la vie des femmes à chaque étape de leur vie génitale, sont par exemple appelés à disparaître.

En attendant, les Français se ruent aux urgences et le trou de la sécu peine à se résorber.

 

 

 

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