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QUESTION D'ACTU

Alcoolisme : l'arsenal thérapeutique s'enrichit


  • Publié le 14.11.2014 à 09h53
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C’est la pire des addictions et la maladie la plus dévastatrice socialement, ont coutume de dire les médecins. L’alcoolisme touche 2 millions de Français et en tue chaque année 50 000, rappelle Claudine Proust dans Le Parisien.

Une maladie honteuse pour la société, des médecins désarmés pour la soulager, les patients n’avaient pour seule alternative que l’abstinence. Ou la descente aux enfers. Comme le raconte Christophe Billoret dans les colonnes du quotidien. A partir de 43 ans, ce graphiste parisien se couchait tous les soirs ivre. Avec ce même rituel destructeur : une envie qui prenait aux tripes vers 18 h et, au final, trois litres et demi de vin quotidiens.

A 50 ans, Christophe peut passer huit jours sans verre et ses consommations occasionnelles ne dépassent pas une demi-bouteille dans un repas. Cette résurrection – qu’il raconte dans un livre (1) –, il la doit au Baclofène. Ce médicament, utilisé comme myorelaxant, a obtenu, l’an dernier, « une autorisation temporaire » dans le sevrage alcoolique. Les deux études cliniques, qui seront publiées en décembre prochain, devraient confirmer l’efficacité de cette molécule pour accompagner les patients dans le sevrage.

Et après 20 ans de désert thérapeutique, un autre médicament devrait prochainement compléter l’arsenal : l’Alcover. Si ce nom ne dit rien à la plupart d’entre nous, la molécule qui entre dans sa composition, elle, est bien connue. Le gamma-hydroxybutyrate, autrement appelé GHB, n’est autre que « la drogue du violeur ». Mais dans la lutte contre l’alcool, il fait des miracles. « Testé sur 496 patients de neuf pays, dont la France, il a permis d’atteindre un taux moyen d’abstinence de 75  % après trois mois, précise Caroline Proust.

Enfin, le troisième médicament, sur le marché depuis un mois, le Selincro, ne vise pas l’abstinence totale, mais la réduction de la consommation. Son mode d’action dans le cerveau permet de freiner l’envie irrépressible de boire de l’alcool. 280 000 malades pourraient y recourir et les études, là aussi, sont encourageantes.

Trois molécules qui aident les patients à se reconstruire. « Etre guéri, raconte Christophe, c’est se retrouver devant un précipice : des journées de dix-douze heures sans être ivre qu’on n’a plus l’habitude d’occuper, le gouffre de tout ce que l’on a cassé… »


(1) Il y a toujours un après (les Arènes, 17 €).

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