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QUESTION D'ACTU

Ebola : forte accélération de la mortalité


  • Publié 04.09.2014 à 07h30
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Loin de marquer le pas, l'épidémie de fièvre Ebola « progresse ». Toute la presse relaie ce bilan très noir que vient de faire la directrice générale de l'OMS, Margaret Chan. Le dernier bilan fait état de 1 900 morts et de 3 500 cas confirmés. Une semaine plus tôt, les compteurs affichaient 1 522 morts et 3 069 cas. Pourtant, l'OMS fait le même diagnostic qu'il y a quelques semaines : « Avec une réponse internationale coordonnée, une mobilisation des fonds et la venue d'experts techniques, nous espérons stopper toute transmission dans les six à neuf mois », a déclaré Margaret Chan.


Il faudra des mois pour prendre le contrôle de l'épidémie mais aussi de l'argent : « 600 millions de dollars et peut-être beaucoup plus », estime le Dr David Navarro, coordinateur des Nations Unies pour Ebola. « Le véritable défi », a-t-il expliqué, est de permettre aux personnels de santé dans ces pays de retourner au travail. Pour cela, il faut leur fournir le matériel et les équipements dont ils ont besoin, ainsi que l'argent pour les payer, indique le Point.


La feuille de route est fixée, il y a maintenant urgence à la faire appliquer, car si l'on en croit la présidente internationale de Médecins sans frontières (MSF), « le monde est en train de perdre la bataille contre l'épidémie de virus Ebola ». Mais, l'ONG française est-elle trop alarmiste quand elle tient de tels propos à la tribune des Nations Unies ? C'est la question que le journaliste Pierre Bienvault de La Croix a posé à Jean-Hervé Bradol, ancien président de MSF et directeur d'études à la Fondation de l'ONG. « Nous avons bien sûr débattu en interne avant de choisir ce mode de communication alarmiste. Certains ont fait valoir que cela pourrait être contre-productif, qu’on risquait de créer de la démobilisation en disant que la bataille était en train d’être perdue, témoigne Jean-Hervé Bradol. Mais dire que la situation est hors de contrôle, c’est juste dire la vérité, à l’instant où je vous parle. Car l’épidémie continue à progresser, et beaucoup de malades ne sont pas pris en charge. Cela ne veut pas dire que l’épidémie ne peut pas être contrôlée », ajoute-t-il. A condition que la communauté internationale se mobilise... Et pour le moment, tous les observateurs estiment que le compte n'y est pas. MSF joue donc son rôle. Comme toute ONG de premier plan, elle soigne sur le terrain, mais aussi elle témoigne et alerte le plus grand nombre.

 

 

 

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