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QUESTION D'ACTU

Vincent Lambert : la mère, l'épouse et le Conseil d'Etat


  • Publié 20.06.2014 à 08h06
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La tragique affaire Vincent Lambert pourrait trouver son épilogue aujourd'hui. Le Conseil d'Etat doit en effet statuer pour ou contre l'arrêt des soins de ce tétraplégique en état de conscience minimale depuis 2008. Pour trancher ce sujet délicat, la haute juridiction dispose d'une expertise réalisée par trois experts qui avait conclu à l'incurabilité de Vincent Lambert et à la dégradation de son état de santé, mais aussi de l'avis de trois instances, le Comité consultatif national d'éthique, l'Académie de médecine et celui de Jean Leonetti.


Pour les proches plus que pour quiconque, la décision du Conseil d'Etat est évidemment très attendue, car la famille se déchire sur le cas de Vincent Lambert. Ses parents souhaitent la poursuite des soins tandis que son médecin, son épouse, son neveu, et plusieurs de ses frères et sœurs, prônent l’arrêt de l’alimentation et de l’hydratation de Vincent Lambert, comme le permet la loi Leonetti. Un conflit familial qui s'expose depuis des mois au grand jour dans la presse. Et le jour de cette audience cruciale, Libération donne la parole à l'épouse de Vincent Lambert et le Figaro à sa mère. Ces deux femmes qui s'opposent et ne se parlent plus partagent le même sentiment de souffrance. Rachel Lambert confie au journaliste de Libération : « Nous avions le sentiment que son état ne s’était pas amélioré. C’est dur et c’est triste, car les expertises du Conseil d’Etat le confirment. On sait que l’on ne peut plus rien partager avec Vincent, ni même un moment de joie. » De son côté, Viviane Lambert, sa mère, déclare elle au Figaro : « Qui peut imaginer cette douleur, en quittant la chambre, de ne pas savoir si demain je vais le retrouver ? Je suis une maman, c’est mon enfant, j’ai le sentiment qu’on me l’arrache. » Toutes deux aussi témoignent des conditions difficiles qu'elles doivent traverser pour rendre visite à Vincent. Pour des raisons de sécurité, il est enfermé à clé dans sa chambre et les visiteurs doivent décliner leur identité.


Voilà pour les points communs. Mais les deux femmes divergent en de nombreux points et notamment lorsqu'elles sont interrogées sur les conditions d'hospitalisation. « Avec l’équipe médicale, je n’ai jamais eu de soucis. Ils ont toujours soigné et accompagné Vincent. Et ils le font comme au premier jour » affirme sa femme. « Il n’a plus de kiné ni d’orthophonie depuis deux ans, plus de fauteuil. Il a une douche hebdomadaire. En fin de semaine, il sent mauvais, est mal rasé. Cette négligence me fend le cœur », déclare de son côté sa mère.


Mais pour le Conseil d'Etat, ce qui va peser sans doute le plus lourd dans la balance, c'est de savoir s'il y a ou pas obstination déraisonnable. « Or, la dernière expertise médicale faisant état d’une dégradation sans évolution possible, Rémi Keller, en toute vraisemblance et pour ne pas se déjuger, devrait requérir la mort », écrit la journaliste du Figaro. La décision du Conseil d'Etat peut être mise en délibéré et ne tomber que dans quelques jours. L'attente se poursuit.  

 

 

 

 

 

 

 

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