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QUESTION D'ACTU

Fin de vie de Vincent Lambert : la parole est à la justice


  • Publié 16.01.2014 à 08h38
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C’est à la fois une histoire intime et une page de droit qui devraient trouver leur épilogue aujourd’hui au tribunal administratif de Châlons-en-Champagne. Toute la presse le rappelle : cette instance doit se prononcer aujourd’hui sur le cas de Vincent Lambert. Pour la famille de ce patient tétraplégique en état de conscience minimale, qui se déchire depuis des mois, c’est donc à la justice de décider s’il doit continuer à être alimenté ou si, au contraire, le processus de fin de vie doit être ordonné. Mais, pour la justice et pour la société toute entière, ce qui se joue ce matin à Châlons-en-Champagne, c’est avant tout, comme le souligne La Croix, « la bonne application de la loi Léonetti ».


Comme le rappellent les quotidiens, un premier processus de fin de vie avait été engagé, puis interrompu à la demande des parents de Vincent Lambert qui s’opposent à l’arrêt des traitements. L’histoire se répète donc aujourd’hui, mais un nouvel élément est intervenu. « Le rapporteur public a estimé que toutes les conditions de la loi Leonetti n’étaient pas réunies dans le cas de Vincent Lambert », écrit Flore Thomasset dans La Croix. Ses réactions aux stimuli et la nature du traitement (alimentation artificielle et hydratation), relativement léger, justifient son maintien. « Certes, il est dans un état irréversible, mais sa conscience existe et il ne nous appartient pas de juger du sens de sa vie  » dans de telles conditions, a estimé le rapporteur avant de demander que les traitements continuent d’être prodigués.  

L’avocat de la femme de Vincent Lambert a, lui, rappelé que le patient lui-même avait fait savoir qu’il s’opposait à un acharnement thérapeutique, « qu’il fallait entendre la souffrance de sa cliente ». L’avocate du CHU de Reims a, de son côté, « insisté sur l’obstination déraisonnable que représente la continuation des soins vu l’état de Vincent… ».


Mais, pour les juges, toute la question est de savoir si le cas de Vincent Lambert, par définition unique, rentre dans le cas de la loi Léonetti. Une question épineuse qui montre combien la loi peine à encadrer des situations éminemment personnelles. Pourtant, François Hollande a réaffirmé, lors de sa conférence de presse du 14 janvier, qu’il souhaitait qu’un projet de loi sur la fin de vie soit préparé sur cette question.

 

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