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QUESTION D'ACTU

Euthanasie : le débat éternel


  • Publié le 16.12.2013 à 10h02
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Partir dans la dignité, choisir sa mort, éviter les dernières souffrances, il ne se passe plus une semaine sans que le débat sur la fin de vie ne vienne heurter de plein fouet l’opinion. Au risque, d’ailleurs, de mélanger toutes les causes. Il y a quelques semaines, « les vieux amants du Lutétia » se sont donnés la mort dans un grand hôtel parisien en laissant une lettre pour demander la légalisation du suicide assisté.
Ce week-end, Sandrine Rousseau, vice-présidente du conseil général du Nord-Pas-de-Calais, a raconté comment elle a accompagné les derniers instants de sa mère atteinte d’un cancer en phase terminale. Dans un entretien au Parisien, la porte-parole des Verts parle d’une « urgence sociale » pour faire avancer la loi.

Face à une question aussi délicate et qui divise l’opinion, François Hollande, lui, a préféré temporiser. Parmi ses 60 propositions, le candidat proposait en 2012 « que toute personne majeure en phase avancée ou terminale d'une maladie incurable [...] puisse demander, dans des conditions précises, à bénéficier d'une assistance médicalisée pour terminer sa vie dans la dignité. Fraîchement élu, le Président Hollande confiait au Pr Didier Sicard une mission de réflexion, rappelle la journaliste Christine Mateus. Sans légaliser l’euthanasie, le rapport préconisait d’autoriser des gestes pour « accélérer » la mort sous certaines conditions.

Des Etats généraux devaient suivre pour interroger l’opinion et nourrir l’avis du Comité consultatif national d’éthique (CCNE). En fait, « c'est un jury de vingt citoyens sélectionnés par l'institut de sondage Ifop qui rendra aujourd'hui son avis (…), note le quotidien, après avoir « auditionné une douzaine de personnalités ». Plusieurs acteurs regrettent que le grand débat annoncé se limite à une consultation à minima.

Si ce débat paraît pour le moins escamoté, la réflexion sur la fin de vie peut-elle vraiment évoluer ? L’Association pour le droit à mourir dans la dignité le souhaite en s’appuyant sur un sondage montrant que 92 % des Français et 60 % des médecins sont favorables à une loi visant à légaliser l'euthanasie.
Mais, dans le même temps, d’autres enquêtes révèlent qu’un pourcentage important d’usagers et de médecins ne connaissent pas la loi en vigueur. Le texte du député UMP Jean Leonetti, adopté en 2005, écartait déjà « l’obstination déraisonnable » et « la prolongation artificielle de la vie » dans des situations de fin de vie.

Soins palliatifs, arrêt des soins qui maintiennent le patient en vie, décision collégiale de l’équipe médicale, directives anticipées ou, à défaut, consultation d’une personne de confiance, la loi Leonetti et la mission Sicard ont balisé le chemin des derniers instants. Aller plus loin, c’est autoriser l’euthanasie active. C’est-à-dire, comme le souligne fort justement la journaliste du Parisien, « l'administration directe d'une substance provoquant la mort ». 

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