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QUESTION D'ACTU

Prudence Pr Even


  • Publié 03.10.2013 à 09h54
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Chercheurs, médecins, politiques ou industriels, les éminences grises de la santé en sont convaincues. Inscrit dans le préambule de la Constitution depuis 2005, le principe de précaution freine la recherche et fait perdre à la France des places dans la course à l’innovation. Lors du rendez-vous de la convention Cham 2013, le Davos de la Santé, les intervenants ont dénoncé ce principe qui repousse les vocations scientifiques et paralyse les politiques. C’est au nom de cet article que Roselyne Bachelot a « ouvert le parapluie » en 2009 lors de la pandémie de grippe H1N1 en commandant des millions de doses de vaccin.

Et en se protégeant tous les quatre matins avec ce bouclier sanitaire, les gouvernants transforment l’alerte légitime en peur irraisonnée et la pharmacovigilance en sujets de comptoir. Ainsi, les campagnes anti-vaccinales menées depuis des années et leur écho dans l’opinion font craindre aux médecins la résurgence de maladies jusque-là maîtrisées.

Pourtant, à y regarder de près, le principe de précaution peut avoir quelques vertus. Si les politiques l’agitent allègrement comme un chiffon rouge, d’autres n’hésitent pas à le mettre un peu vite dans leur poche. Lorsqu’ils portent la blouse blanche de l’autorité médicale, les dégâts peuvent être sanglants. Régulièrement, le Pr Philippe Even saisit le grand public en dressant la liste des médicaments inutiles ou en prétendant que les statines ne servent à rien dans le traitement du cholestérol. Rien de moins.
Des cardiologues viennent d’évaluer l’impact de ces déclarations tonitruantes sur les patients concernés. En fonction de leur état, entre 10 et 25 % des malades interrogés ont déclaré vouloir arrêter leur traitement. A la clé, potentiellement plus de 1000 de morts par an. Si ce résultat mérite d’être validé par des études approfondies, il marque néanmoins une tendance forte. La parole médicale est écoutée. Mais à force d’en abuser et de l’utiliser pour crier régulièrement au loup, certains médecins risquent de la discréditer. Et ils font passer au second rang leur légitime combat aux côtés des malades.

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