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QUESTION D'ACTU

Contraception: le coup de colère du Pr Nisand


  • Publié 18.03.2013 à 10h17
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C’est un homme de gauche qui parle, défenseur de la contraception, auteur de plusieurs rapports sur le sujet et surtout, médecin engagé. Dans un entretien accordé au Télégramme, le Pr Israël Nisand dénonce la politique du ministre de la Santé en la matière : « Quand on dérembourse la contraception pour prendre en charge à 100 % l'interruption volontaire de grossesse (IVG), c'est un mauvais coup porté aux femmes à qui l'on fait croire que l'IVG serait moins dangereuse que la pilule ! », fustige le gynécologue-obstétricien. A quelques jours de la date de déremboursement des pilules de 3e et 4e générations, le Pr Nisand a fait les comptes : une économie de 25 millions d’euros, soit le montant exact du remboursement de l’IVG à 100 %.

Depuis des années, ce médecin de Strasbourg parcourt l’Alsace pour expliquer dans les établissements scolaires que « l’IVG n’est pas une contraception ». Les échanges avec les collégiens, la délivrance d’une contraception gratuite, ont permis de diviser par 2 le nombre d’IVG chez des mineures à Strasbourg et par trois en milieu rural.

De tels résultats sont-ils transposables à l’échelle nationale ? « On estime qu'un tiers des conduites à risque de grossesse sont incompressibles à l'adolescence, mais il reste deux tiers sur lesquels on peut agir, soit 10.000 sur 15.000 IVG », précise-t-il en soulignant qu’il y a, en France, trois fois plus d'IVG chez les mineures qu'en Suisse, en Hollande ou au Québec.  
« Dans nos consultations Info Ados, ajoute le médecin dans le quotidien régional, nous posons beaucoup d’implants contraceptifs ». Ce système « offre une contraception sûre en continu pendant trois ans », mais les médecins redoutent « les effets indésirables » relevés sur une femme sur 7 en moyenne.

Alors, nul doute, selon lui, que la crise sanitaire autour des risques thromboemboliques des pilules de 3e et 4e générations laissera des traces. « Le nombre d'IVG va certainement augmenter au cours des premiers mois de 2013 ». Avec un paradoxe qui irrite le médecin : « Ces femmes voulant échapper à un risque qu'elles méconnaissaient se retrouvent confrontées à un risque thromboembolique supérieur lié à la grossesse ! »

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