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QUESTION D'ACTU

Implants contraceptifs Essure : surveillance renforcée


  • Publié 09.12.2016 à 09h44
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Marielle Klein se souviendra longtemps de ce 10 octobre 2011. Elle est alors âgée de 34 ans et vient d’avoir son cinquième enfant. « Je comptais m’arrêter là », raconte-t-elle dans Le Parisien. Sans pour autant reprendre la pilule ou utiliser un stérilet.
Son gynécologue lui conseille alors d’avoir recours à Essure, une méthode contraceptive définitive, prise en charge par l’Assurance maladie. 120 000 femmes en France ont choisi ce dispositif.
Ce « sont des petits ressorts, explique le quotidien, implantés sans anesthésie générale dans les trompes, provoquant une obstruction rendant impossible la fécondation ».

Deux ans plus tard, la jeune Lorraine est en proie à de très forts maux de ventre, des palpitations cardiaques puis à des douleurs insupportables. Après plusieurs investigations, les spécialistes découvrent qu’elle est allergique au nickel. Les implants en comportent. Marielle les fait retirer et la plupart des douleurs disparaissent.
Cette mère de famille est aujourd’hui le « fer de lance » d’un combat. Car derrière son récit, « s’esquisse une nouvelle crise sanitaire », croit savoir le quotidien. Le cas de Marielle n’est pas isolé. Pour certaines patientes qui ont utilisé cette méthode contraceptive, « les effets secondaires se révèlent dramatiques ». « Un amaigrissement, une fatigue pouvant aller jusqu’à la dépression nerveuse, des céphalées, des douleurs musculaires et/ou articulaires », confirme le Dr Bernard Hédon, président du Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF).

Si le laboratoire Bayer, fabricant de ce dispositif, ne nie pas l’existence de possibles effets secondaires, « comme pour toute procédure médicale », il rappelle dans les colonnes du journal que les documents d’information sont « élaborés en étroite collaboration avec les autorités de santé » et que le rapport bénéfices/risques reste positif.

Même tonalité du côté de l’Agence nationale de sécurité du médicament, qui précise que le dispositif fait l’objet « d'une surveillance renforcée » depuis deux ans, alors que, précise la Direction générale de la Santé (DGS), aucun élément, à ce stade, ne permet de remettre « en cause le rapport bénéfices/risques ».
Mais selon les informations révélées par Le Parisien, le nombre de signalements d’effets secondaires serait passé de 40 en 2012 à 162 entre janvier et octobre 2016. Mais pour la DGS, les investigations menées par l'ANSM ont montré que « les complications signalées relevaient de la pratique de la pose et non du dispositif Essure en lui-même. »
« On n'est qu'au début d’un très gros dossier de santé publique », prévient Me Charles Joseph-Oudin. L’avocat des victimes du Mediator lance ce vendredi sa première action judiciaire contre le laboratoire Bayer et demande que soient nommés des experts pour chiffrer « les préjudices des victimes ». 28 dossiers seraient examinés par l’avocat.

Marielle Klein, l’unes des plaignantes, elle, a lancé une pétition pour demander au ministère de la Santé d’agir. Elle aurait recueilli 45 000 signatures.

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