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QUESTION D'ACTU

Santé : le marché des promesses est ouvert


  • Publié 25.05.2016 à 08h58
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Les soldes sont ouverts. Non pas ceux où l’on se précipite pour acheter un produit ou un vêtement à -40 %, je veux parler ici du guichet ouvert par les candidats déclarés ou non à l’élection présidentielle ou aux primaires de leur parti.
Tous nous promettent la main sur le cœur qu’ils ont entendu le « Halte à la démagogie » scandé de plus en plus fort par l’opinion, et pourtant, chacun y cède sans vergogne. Il suffit de se pencher sur leur programme ou leurs déclarations.

Dans cette course au « je vais raser gratis », la protection sociale est un excellent indicateur. D’un côté, la santé représente le bien le plus précieux des Français, de l’autre, les professionnels, libéraux ou hospitaliers, médecins ou infirmiers, se plaignent sans cesse d’être étranglés par des mesures d’économie. Au milieu de ces revendications, le financement que chacun d’entre nous assure par les prélèvements obligatoires. La politique de santé consiste en un arbitrage permanent entre deux forces souvent opposées.

Mais le miracle d’une élection consiste à s’affranchir des lois de la physique et de l’économie pour satisfaire les deux camps.
La semaine passée, Marine Le Pen ouvrait le bal en proposant la prise en charge par la collectivité de la perte d’autonomie et de la dépendance. La candidate du Front National assurait qu’elle baisserait « la facture des 7 milliards d'euros qui restent à la charge des familles. »

Ce jeudi, dans Le Parisien, Bruno Le Maire, candidat à la primaire Les Républicains, promet, lui, de rembourser à 100 % les soins dentaires, les prothèses, une paire de lunettes tous les quatre ans. Au passage, le candidat LR supprime le tiers payant généralisé qui irrite les médecins libéraux, laisse le soin aux hôpitaux d’aménager les 35 heures et refuse de réduire les effectifs des personnels hospitaliers.

A défaut d’être ambitieux, le programme est généreux. Mais comment le financer ? Tailler dans les gaspillages, supprimer l’aide médicale d’Etat, délivrer des médicaments à l’unité, répond le responsable politique. D’un côté, des milliards dépensés, de l’autre, des millions récoltés, c’est ce qu’on appelle un tour de passe-passe.

Mais, au fond, pourquoi les prétendants se priveraient-ils d’alimenter ce marché des promesses alors que le gouvernement excelle en la matière. Il n’est pas loin le temps où Marisol Touraine demandait aux hôpitaux de se serrer la ceinture. Hier, lors du grand rendez-vous de la profession, la ministre de la Santé a sorti une cagnotte de 2 milliards d’euros pour calmer la colère des hospitaliers. Elle sera étalée sur quatre ans. Ca tombe bien, ce sont ses successeurs qui devront se charger de la mise en œuvre de cette mesure. Avec tout ce qu’ils ont déjà promis, la tâche ne sera pas simple ! 

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