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QUESTION D'ACTU

Chirurgie de l'obésité : le suivi des patients est à revoir


  • Publié 11.05.2016 à 09h45
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  • Mise à jour le 11.05.2016 à 17h01
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Face à l’épidémie d’obésité qui sévit partout dans le monde, le recours à la chirurgie bariatrique est en plein essor. En France, près de 50 000 personnes atteintes d’obésité grave, dite « morbide », sont maintenant opérées chaque année, souligne France Inter. Mais le suivi de ces patients reste problématique. Un groupe de travail rassemblant des chirurgiens et des associations de patients ont publié ce mercredi un livre blanc dans lequel ils émettent 13 propositions pour améliorer la situation.

 

La chirurgie bariatrique est devenue en une dizaine d’années une option thérapeutique de plus en plus plébiscitée. Ce traitement, pour l’heure réservé aux patients atteints des formes d’obésité les plus sévères, donne il est vrai des résultats spectaculaires. La perte de poids peut atteindre 50 kilos en quelques mois seulement. Plus impressionnants encore, les effets sur les paramètres biologiques des patients tels que la glycémie, ou le bilan lipidique. Des améliorations peuvent survenir dans les premières semaines post-opératoires, avant même que la perte de poids soit significative.

Mais cette technique reste une chirurgie lourde, avec des conséquences à long terme pour les patients. La réduction de la taille de l’estomac, ou la modification du tube digestif réalisée, nécessitent de revoir tout le mode d'alimentation. L’absorption des nutriments est également modifiée et cause des carences qui nécessitent une supplémentation à vie pour certaines vitamines. Par ailleurs, la chirurgie ne règle pas une fois pour toute le problème de la prise de poids, et les patients sont parfois démunis quand les premiers kilos font leur retour.

Un suivi sur le long terme est donc nécessaire pour accompagner les personnes opérées. La Haute autorité de santé (HAS) recommande d’ailleurs une surveillance à vie. Mais dans les faits, près de la moitié des patients ne bénéficieraient pas d’un accompagnement adapté. Une situation qui inquiètent les chirurgiens, mais aussi les associations de patients.

Le Collectif national des associations d’obèses, en collaboration avec la Société française et francophone de chirurgie de l'obésité, et l'Académie nationale de chirurgie ont remis ce mardi un livre blanc pour aider patients et praticiens à construire une relation durable. Parmi ces recommandations, le groupe de travail réclame des moyens pour mettre l’accent sur l’éducation thérapeutique, et suggère notamment la création de maisons de l’obésité. Il propose également que les ordonnances de vitamines ainsi qu'un suivi psychologique au long cours soient pris en charge par l’Assurance maladie. Les associations de patients soulignent aussi la nécessité d'améliorer la formation des soignants sur l'obésité.
D’ici 2020, un demi-million de Français pourraient avoir subi une chirurgie bariatrique, un manque de suivi efficace pourrait ainsi avoir un impact de santé publique majeur.

 

 

 

 

 

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