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QUESTION D'ACTU

Violences sexuelles : les préjugés ont la vie dure


  • Publié 02.03.2016 à 09h45
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Les chiffres laissent toujours sans voix. Difficile de croire que les stéréotypes puissent être aussi profondément ancrés, et pourtant. Le sondage* réalisé par Ipsos pour l’association Mémoire traumatique et victimologie, relayé par plusieurs quotidiens ce mercredi, ne laisse aucun doute. Encore beaucoup – trop – de Français et de Françaises nourrissent à l’égard des violences sexuelles des idées d’un autre âge.

L’enquête nous apprend ainsi que quatre personnes sur dix estiment que « l’attitude provocante d’une femme dans un lieu public » atténue en partie la responsabilité du violeur ! Et s’ils ne vont pas jusqu’à rendre responsables les femmes d’une éventuelle agression, 27 % considèrent tout de même que si une femme portait une « tenue sexy », son agresseur n’est pas vraiment responsable non plus…

Quant au mythe des pulsions que les hommes ne pourraient pas refréner, 61 % des Français et 65 % des Françaises (!) considèrent en effet qu’un homme a plus de mal « à maîtriser son désir sexuel qu’une femme ».

Le sondage révèle également des conceptions bien particulières sur la définition légale du viol. Si pour la majorité des sondés un rapport non consenti s’apparente bien à un viol, pour 24 % d’entre eux, une fellation forcée ne serait, elle, qu’une agression sexuelle. Tout comme un rapport obtenu sous le coup d’une menace mais sans que la victime ne se soit débattue.

Les idées ne semblent encore pas très claires non plus vis-à-vis des violences sexuelles commises dans le cadre conjugal. 17 % des sondés estiment ainsi que forcer sa conjointe à avoir un rapport sexuel n'est pas un viol. Un chiffre qui fait écho au tollé déclenché la semaine passée par la série Plus belle la vie. Le mini-sondage publié sur Twitter à la suite d’un épisode mettant en scène un viol conjugal était d'un goût plus que douteux...

Le sondage indique que ces préjugés et stéréotypes qui alimentent « la culture du viol » sont plus fréquents chez les plus jeunes. L'association souligne à quel point ils nuisent à la prise en charge des victimes. En France, seuls 10 % des victimes portent plainte. Chaque année dans le pays, près de 100 000 viols ou tentatives seraient commis.

 

*L’enquête a été réalisée via internet du 25 novembre au 2 décembre 2015, auprès d’un échantillon de 1 001 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas.

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