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QUESTION D'ACTU

Taxe tampon : le gouvernement prêt à céder


  • Publié 11.12.2015 à 08h30
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Après s’être arc-bouté durant des mois sur le sujet, le gouvernement a annoncé ce jeudi être enfin prêt à lâcher du lest sur l’épineux sujet de la TVA sur les produits d’hygiène féminine, ou « taxe tampon ». La fiscalité des serviettes périodiques et des tampons devrait donc être revue aujourd’hui, en seconde lecture de la loi de finances 2016, à l’Assemblée nationale. Bientôt, ces produits ne devraient plus être taxés qu’à 5,5 %, au lieu de 20 % comme c’est le cas actuellement. Une mesure qui devrait coûter à l’Etat pas loin de 55 millions d’euros par an, souligne le Parisien.

 

Il aura donc fallu attendre 2015 pour que l’affaire éclate en France, puis se répande en Europe comme une traînée de poudre. Alors que les livres sont taxés à 5,5 % et les journaux à 2,1 % (et c’est tant mieux !), les produits de première nécessité que sont les serviettes et tampons périodiques ont eux toujours été imposés au taux de TVA le plus élevé. C’est le collectif féministe Georgette Sand qui a débusqué le lièvre en février, rappelle le Parisien.
Mais tout a commencé outre-Atlantique, au pays de l’érable, où une pétition lancée par Laura Coryton a récolté en six mois plus de 200 000 signatures. En juillet, victoire ! La « taxe tampon » canadienne est abolie. Mais les Canadiennes bataillaient tout de même depuis 1991 !

Interpellées par le succès et l’efficacité de la pétition en ligne canadienne, les « Georgettes » ont à leur tour lancé la leur. Cinq mille signatures sont récoltées en quelques jours et des millions de Françaises réalisent qu’elles paient le prix fort pour des produits qu’elles n’ont guère le choix de ne pas acheter. Etant donné le prix de ces produits et le nombre de fois où il faut s’en procurer, l’impact économique sur le porte-monnaie des femmes n’est pas négligeable.

Une « injustice » qui n’a guère ému pourtant le gouvernement et les députés, au contraire des sénteurs – majoritairement de droite – qui ont, eux, voté l’amendement en faveur la suppression de cette « taxe ».

Face à la détermination des associations sur le sujet, et à la grogne suscitée, largement relayée sur les réseaux sociaux, mais aussi dans des manifestations aux slogans fort éloquents – « Laissez-nous saigner sans nous surtaxer » – Bercy a donc plié. Mais au final, les grands gagnants de cette bataille pourraient bien être les fabricants de ces produits, en situation de quasi monopole. Albéric de Montgolfier, président de la commission des Finances au Sénat, avait prévenu lors des débats en séance, indique le Parisien : « Il est à craindre que les entreprises concernées (…) préfèrent augmenter leurs marges plutôt que de baisser leurs prix. » A ce jour, aucun de ces fabricants n’a indiqué quelle serait sa position…

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