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QUESTION D'ACTU

Sida : les espoirs d'un médicament contre l'alcoolisme


  • Publié 17.11.2015 à 08h10
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Les traitements antirétroviraux ont certes permis de diminuer drastiquement la mortalité du VIH ces dernières années. Mais si les symptômes et l’impact du virus sur l’organisme peuvent rester contenus des années durant, il n’en reste pas moins que les malades restent infectés, avec le risque de voir la charge virale augmenter à nouveau. Selon une étude, publiée ce mardi dans la revue médicale Lancet HIV et relayée par le quotidien suisse La Tribune de Genève, un médicament utilisé dans le traitement de l’alcoolo-dépendance pourrait permettre de franchir un cap en direction de la guérison.

 

« Réveiller le virus » : l’objectif des recherches menées par une équipe américano-australienne contre le VIH peut de prime abord surprendre. Pourtant, cette étape serait la clé pour espérer, à terme, débarrasser les malades du virus. En effet, même sous trithérapie le virus reste présent, à l’abri dans certaines cellules qui font office de réservoir. Comme l’explique l’auteur de cette étude, Julian Elliott, directeur de la recherche clinique dans le service des maladies infectieuses à l'hôpital Alfred à Melbourne, « réveiller le virus est seulement la première étape pour l'éliminer ».

La démarche n’est pas nouvelle, de nombreuses équipes ont déjà cherché un moyen de stimuler ces réservoirs dans l’espoir ensuite de mieux pouvoir cibler le virus. Problème : la plupart des molécules testées se sont avérées toxiques pour les patients.

Et justement, c’est là où l’équipe de Sharon Lewin, directrice de l'institut Doherty à Melbourne, a progressé. Leur essai clinique de phase 2, mené sur une trentaine de patients séropositifs, a permis de confirmer que le disulfirame permettait bel et bien de stimuler le VIH dormant, sans effets secondaires pour les malades.

Originalité de l’approche : le disulfirame n’est pas une quelconque molécule innovante, de dernière génération, mais un produit synthétisé depuis les années 50, et utilisé depuis les années 2000 pour traiter… l’alcoolo-dépendance. Le disulfirame a, en effet, la capacité bloquer les enzymes qui dégradent l’alcool ingéré, et reproduit donc tous les symptômes de la gueule de bois.

 

Dans un domaine de recherche, où les faux espoirs sont légion, et face à une maladie qui a tué près de 35 millions de personnes dans le monde, la prudence reste de mise. Brigitte Autran, professeur d’immunologie à l’université Pierre et Marie Curie (Paris), le souligne dans un  commentaire publié conjointement à ces résultats. « On est encore très loin d’avoir trouvé la solution pour obtenir une vraie guérison des patients séropositifs, même une rémission qui leur permettrait de se passer de traitement », prévient-elle.

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