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QUESTION D'ACTU

L'imagerie médicale au service de la justice


  • Publié 11.09.2012 à 10h40
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Il  y avait l’ADN pour disculper ou confondre un suspect, nous rentrons dans l’aire de l’imagerie médicale. Les neurosciences sont aujourd’hui aux portes des tribunaux, titre le journal La Croix. Les découvertes faites récemment dans ce domaine vont-elles révolutionner l’expertise psychiatrique, demande la journaliste Marie Boëton.
L’IRM anatomique peut, par exemple, faire apparaître des lésions au niveau du cortex orbitofrontal. « Il arrive qu’une tumeur à ce niveau comprime cette partie du cortex et l’artère qui l’irrigue et, par suite, qu’elle l’empêche de réguler les pulsions sexuelles du sujet », explique Serge Stoléru, psychiatre et chercheur à l’Inserm.
Aux Etats-Unis, rapporte le quotidien, les avocats n’hésitent plus à réclamer aux tribunaux des peines plus clémentes en se fondant sur l’IRM de leur client.

Si la France est beaucoup plus prudente, la loi bioéthique de 2011 admet, néanmoins, que les techniques d’imagerie cérébrale peuvent être employées dans le cadre d’expertises judiciaires. Tout dépend de la place qui leur sont accordées, nuance Olivier Ouillier, professeur de physiologie cognitive. «  Je crois, à titre personnel, que l’imagerie cérébrale ne doit pas se substituer à l’examen clinique approfondi d’un accusé mais simplement venir l’étayer », plaide ce membre du Conseil d’analyse stratégique. D’ailleurs, cette instance vient de demander au ministère de la Justice de clarifier l’interprétation de l’article 45 de la loi bioéthique.

Car, dans ce domaine, la science avance à pas de géants. Après l’imagerie anatomique, l’IRM fonctionnelle permet de visualiser l’activation de certaines zones du cerveau lors de l’exécution de tâches, note la journaliste. C’est la technique utilisée par Jorge Ponseti. Ce chercheur a présenté des images d’enfants nus à un groupe de 24 pédophiles avérés et à des individus sans troubles cliniques apparents. Dans 95% des cas, les réactions neurophysiologiques des zones impliquées dans le processus d’excitation sexuelle ont été plus importantes chez les pédophiles. 
Alors, l’IRM fonctionnelle va-t-elle remplacer le détecteur de mensonge ? Interrogé par le journal, le Pr Daniel Zagury, expert psychiatre près de la Cour d’appel de Paris tempère : ce serait oublier « les interactions très complexes du cerveau avec l’environnement extérieur ».

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