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QUESTION D'ACTU

Objets connectés : une manne pour les assureurs


  • Publié 04.08.2015 à 08h00
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Vous arrivez à peine à votre travail, mais vous savez d’ores et déjà que la qualité de votre sommeil laisse à désirer, que vous avez trop forcé sur les croissants ces derniers temps et que vous devriez sans doute reprendre votre vélo pour aller travailler. Et si votre journée commence sur ce constat difficile, ce n’est pas uniquement parce que vous avez les traits tirés et que votre pantalon a eu du mal à fermer. Non, c’est que votre bracelet connecté, votre e-balance et votre smartphone vous ont à l’œil ! Vous êtes de ceux qui ont succombé à la tendance du « quantified-self », ou « soi quantifié ».

Et comme le souligne Libération dans ses pages Événement du jour, les fans du quantified-self sont une véritable aubaine pour les assureurs. Quelques jours à peine après que l’article de la nouvelle loi de santé sur l’ouverture des données ait créé un réel émoi chez certains, le quotidien rappelle que des millions de personnes de part le monde, font chaque jour volontairement don des informations sur leur sommeil, leur alimentation, les calories dépensées, et celles ingérées.

Pour certains de ces adeptes du soi-quantifié, l’idée est de se donner un peu de courage et de retrouver une motivation perdue depuis longtemps. C’est ce que raconte dans les colonnes de Libération, Olivier, qui a mis le doigt dans l’engrenage de la e-santé il y a trois ans. Depuis, il a changé plusieurs fois de marque de bracelets connectés, affiné ses choix en terme d'applications et a ainsi réussi à perdre 30 kilos ! Comme il le raconte, l’existence de communautés d’utilisateurs qui partagent au quotidien leurs « performances » et se challengent est un vrai plus. Même si le jeune homme concède que « d’une certaine manière, on est esclave de cette technologie ».

 

En matière de quantified-self, les pays anglo-saxons ont – comme souvent – un coup d’avance et – comme souvent – ce n’est pas forcément une nouvelle réjouissante. On apprend dans Libération que les assureurs n’hésitent pas à monnayer des « ristournes » sur les contrats d’assurance santé (ou décès !) en échange d’un accès aux données des assurés.

Chez John Hancock, compagnie de Boston, c’est 15 % de moins sur le contrat, des bons d’achat et de réduction si le client accepte de porter un bracelet connecté…gracieusement fourni par l’assureur ! Pour l’instant, le système fonctionne en récompensant les « bons élèves » mais à quand un malus pour celui qui a repris un verre de trop, eu une grosse flemme toute la semaine ou qui fait face à un événement difficile et ne dort plus très bien ? Libération rappelle qu’un système un peu équivalent mis en place au Royaume-Uni pour valoriser les bons conducteurs, permet aujourd’hui de contacter directement ceux qui ne sont pas exemplaires pour leur proposer des stages…

 

Olivier Desbley, chargé d’études prospectives à la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil), interviewé par Libération, souligne pour sa part un autre revers de cette e-santé : « On fait des individus des entrepreneurs de leur bonne ou de leur mauvaise santé, avec le risque de minimisation des causes sociales (…) ».

Pourtant il y a fort à parier que les Français, pourtant si attachés à leurs libertés, pourraient être séduits par les sirènes des assureurs friands de leurs données en échange de gratifications. En effet, dans un récent sondage, 70 % estimaient que chacun devrait cotiser à l’assurance santé en fonction de ses risques et non plus de ses moyens, comme le prévoit le système social français depuis plus d’un demi-siècle. Le progrès est en marche…

 

Première publication le 21 avril 2015

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