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QUESTION D'ACTU

Pornographie : du plaisir à la dépendance

Si les films pornographique sont vus par ennui ou à cause d'une angoisse, cela peut conduire à l'addiction. Et dans ce cas, mieux vaut consulter, de préférence seul.

Pornographie : du plaisir à la dépendance Stefan Boness/IPON/SIPA

  • Publié 19.09.2014 à 06h15
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90% des adolescents ont déjà vu des images ou des films pornographiques, or ils n'ont pas le recul nécessaire pour faire la différence avec la «vraie» vie. Parler de sexualité de façon générale est bon moyen d'aborder ensuite la pornographie. Lorsqu'on est adulte, regarder des films occasionnellement permet de raviver les fantasmes et de stimuler le désir. En revanche, lorsque la vision des films comptent plus que le plaisir échangé avec son partenaire, cela peut conduire à l'addiction. Et dans ce cas, mieux vaut consulter.

Entretien avec le Dr Sylvain Mimoun, gynécologue et spécialiste de la sexualité (1). 

Peut-on devenir dépendant aux films pornographiques ?
Dr Sylvain Mimoun : Oui, on peut devenir dépendant si on est rentré dans l’addiction. Au début, ces films peuvent être vus par ennui. On occupe son temps à regarder un film, puis un autre et encore un autre… On rentre dans cette spirale négative et on devient dépendant, parce qu’à la fin on ne sait plus si on s’ennuie ou non, si on est angoissé ou non. C’est comme si on prenait un comprimé anxiolytique. Alors que l’objectif c’est de voir en soi ce qui ne va pas, afin d’être mieux malgré un peu d’ennui, malgré des rapports un peu voire très espacés. Il vaut mieux traiter cette angoisse plutôt que de devenir un addict des films pornos.

Est-ce qu’il faut consulter à ce moment là ?
Dr Sylvain Mimoun : Si on constate que l’angoisse est présente répétitivement et qu’on du mal à faire face sauf en regardant des films, il vaut mieux consulter. Et le problème c’est réellement l’angoisse et non pas le fait de voir des films.

Vaut-il mieux consulter à deux ou seul ?
Dr Sylvain Mimoun : S’il y a un problème d’addiction, il vaut mieux consulter seul. Parce que on a déjà du mal à se l’avouer, alors si on doit parler devant son partenaire, on peut se sentir encore plus gêné et ne pas dire grand chose. Et si je peux m’exprimer ainsi, l’abcès ne pourra pas se vider. 

Entretien avec Sandrine Chauvard


(1) Auteur de plusieurs ouvrages, dont « côté cœur, côté sexe : l’ABC du bonheur à deux », co-écrit avec Rica Etienne et publié aux éditions Albin Michel.

Demain :
Pornographie : trop de films pour tromper l'ennui

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