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QUESTION D'ACTU

Avec les enfants

Surpris en train de faire l’amour : comment réagir ?

Dans l'enfer des craintes de parents, il y a l’enfant qui surgit dans la chambre conjugale sans prévenir. Conseils pour se sortir d’une situation parfois très embarrassante…

 Surpris en train de faire l’amour : comment réagir ? © 123RF-Andriy Popov

  • Publié 06.12.2015 à 09h31
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Que l’on ait vécu cette situation, ou qu’on l’anticipe, il est intéressant de réfléchir à la question : est-il si grave au fond de se faire surprendre par son enfant ? Celui-ci peut-il être traumatisé par le spectacle de ses parents faisant l’amour ?

Premier constat, il n’y a guère que dans la société occidentale contemporaine que l'amour en toute intimité revêt une telle importance. Dans beaucoup de cultures, les femmes, les hommes et les enfants dorment encore côte à côte dans une grande proximité.
Plusieurs éléments peuvent encore relativiser la crainte d’être surpris, l’âge de l’enfant et le contexte dans lequel il s’immisce dans l’intimité du couple, par exemple.
Face à un enfant de moins de 6 ans, les cris, le corps à corps, la perte du contrôle pendant l'amour, peuvent l'inquiéter. « La scène primitive peut être mal interprétée et apparaître à l’enfant d’une grande violence », estime le psychologue Harry Ifergan. Le petit peut s'imaginer que « papa fait mal à maman », que « maman – qu'il a entendu gémir – souffre ».

 

Avant six ans

Les parents peuvent signifier que tout va bien et que « papa s’amuse avec maman et l’aime beaucoup ». Le ton est très important. Si on a l’air retourné et affolé, si l’on se sent coupable, l’enfant lui aussi sera retourné et affolé, il se sentira coupable. Un petit enfant s’identifie toujours aux affects des adultes.
Si, en revanche, on adopte un ton plus serein, il sera apaisé par l'attitude qu’on lui envoie et il réagira en miroir à son tour. Il suffit de le raccompagner, bien tranquillement dans sa chambre. Et si les explications fournies ne le calment pas, alors il faut l’écouter, lui. Répondre aux questions qu'il pose, sans se répandre dans de longs exposés sur la sexualité du couple.
Il s’agit d’être précis sans aller au-devant de ce qu'il demande. S’il ne pose pas de question ou semble choqué, le parent qui prend en main la situation peut formuler des questions ouvertes ? « Qu’as-tu vu ? Qu’as-tu pensé ? » Les réponses de l’enfant donneront une idée de son degré d’analyse de la situation et du type de réponse qu’il attend.  S’il dit « papa t’a fait du mal » ou «  j’ai peur », l’enfant guide la réponse, il s’agit bien d’expliquer et de rassurer.

Au-delà de 6 ou 7 ans

L’enfant comprend mieux ce qui se passe, il a déjà vu des couples nus à la télévision et des scènes d’amour. Les parents peuvent signifier qu’ils sont désolés de cette situation. Il n'a pas à s’inquiéter, cela fait partie de la vie des couples qui s’aiment, voilà tout. Rassurer, dédramatiser là encore. Il est important également d’expliquer au petit curieux qu’il n’est nullement fautif, c’était aux parents de prendre leurs précautions, ça lui évitera toute culpabilité. La prochaine fois, ils feront plus attention, c’est promis, quitte à installer un verrou dans la chambre s’il n’y a pas de clé.  

Poursuivre sa vie amoureuse

Parfois, avec l’exiguïté des appartements et les murs épais comme du carton, les mères renoncent à toute sexualité tant que l’enfant est éveillé ou présent à la maison, c’est risqué pour l’équilibre du couple, surtout si la décision est unilatérale et que le conjoint en souffre.

« Les parents doivent pouvoir s’isoler régulièrement dans leur chambre, qu’ils fassent l’amour ou pas, et expliquer à leur enfant qu’ils désirent rester seuls tous les deux sans être dérangés, insiste le psychologue. Ils doivent savoir fermer la chambre conjugale, sans culpabilité vis-à-vis de l’enfant, parfois tyrannique à cet égard, surtout en période œdipienne. L’intimité de l’acte sexuel est un domaine privé. Les limites des parents seront celles de l’enfant ! Dans tous les cas, les parents doivent savoir qu'il est moins problématique pour un petit de se retrouver, en pleine nuit, face à une porte fermée qu’à une scène sexuelle parfois crue et violente ». 

Garder une part de mystère

Au nom de la liberté sexuelle, d’une certaine idée de la naturalité et de la beauté de l’amour, certains pourraient imaginer à l’inverse qu’il n’y a rien à cacher à l’enfant, ni les corps nus enlacés, ni les caresses du couple parental. Ce serait une erreur, comme le répète volontiers le pédiatre Aldo Naouri, « les enfants n’ont pas à être dans le lit des parents ! ». Ils doivent continuer à imaginer « le mystère » et à en rêver encore pendant des années, ils ne sont pas prêts à le découvrir. En attendant, ils répètent sans la connaître, à leur manière et en douceur, la scène primitive, en jouant au « papa et à la maman », au « docteur ou à l’infirmière ».
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Derrière le trou de la serrure

Si l’enfant espionne derrière la porte ou regarde à travers le trou de la serrure, il s’agit d’être calme et ferme : « On a besoin d’être tranquille ! Tu n’as rien à faire ici ». Pas d’embarras, il s’agit d’être convaincu soi-même de la nécessité de cette intimité. 
« Le comportement des parents est naturel, ils n’ont pas à s’en excuser, ajoute Harry Ifergan. La curiosité de l’enfant l’est aussi, même si ses explorations vont un petit peu trop loin. Inutile de le gronder ou de l’humilier. Il cherche à découvrir le grand mystère, tout simplement. Il est temps alors de lui acheter un livre pour son âge, parlant sans fard de ce qui l’intrigue tant ». 

S’embrasser devant lui

Hors de la chambre conjugale, la couple peut exprimer sa tendresse sans gêne. Ces petits gestes en passant, les baisers échangés sont l’expression visible des sentiments partagés par le couple et la promesse pour l’enfant d’un bonheur à venir. « Il ne lui suffit pas d’imaginer l’amour et l’entente entre ses parents, il doit aussi les constater de lui-même », assure Harry Ifergan.

 

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