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1 jeune sur 2 a déjà connu un black out

Alcool : c’est quoi, faire un « black out » ?

Par Johanna Hébert

En cette période de fêtes, nombreuses sont les personnes qui vont boire de l’alcool. Parfois sans modération, au risque de vivre un “black out”, un phénomène de perte de mémoire assez fréquent.

Gregory_lee/iStock

Les Français sont les plus gros consommateurs d’alcool en Europe, après la Lituanie. En cette période de fêtes de fin d’année, un certain nombre de personnes va en consommer. Il arrive parfois, au cours d’une soirée trop arrosée, d’oublier certains évènements. C’est ce qu’on appelle un “black out. Ce n’est pas une perte de conscience, au contraire. La personne parle, fait des choses, mais oubliera ce qu’elle a vécu. Il s’agit d’un phénomène assez fréquent. Selon une étude publiée en 2016 dans la revue Alcoholism Clinical & Expérimental Research, près de 50% des jeunes adultes (moins de 25 ans) l’ont déjà vécu.

Un oubli partiel ou total

Il existe deux formes de “black out”. Le plus fréquent correspond à une amnésie “partielle”, à l’oubli de certains détails ou d’une partie de la soirée. Parfois, il arrive de se rappeler, plus tard, de ces souvenirs “oubliés”. La deuxième forme de “black out” est plus sévère puisqu’elle correspond à un oubli total des évènements. Cette perte de mémoire est en général définitive. Les souvenirs ne pourront pas être récupérés. Le “black out” peut arriver lorsque l’on se met à boire vite et/ou en grande quantité. Il peut apparaitre lorsque le taux d’alcoolémie atteint 0,15 à 0,20 g/l d’alcool dans le sang.

Les femmes plus sujettes que les hommes

Cependant, certaines personnes sont plus vulnérables que d’autres. En 2004, une étude publiée dans JAMA Psychiatry démontrait déjà une prédisposition génétique impliquée dans la neurotransmission et dans la métabolisation de l’alcool. Il existe d’autres facteurs de risque: la fatigue, la consommation d’alcool à jeun, des antécédents de traumatismes crâniens ou encore la consommation simultanée de benzodiazépines (Valium par exemple) ou de cannabis. De plus, les femmes, à poids et corpulence identiques, sont pus sujettes aux “black out” que les hommes.

L’hippocampe, région cérébrale particulièrement touchée

Les souvenirs en lien avec des évènements vécus s’appelle la mémoire épisodique. Elle fonctionne sur trois étapes: l’encodage, le stockage et la récupération. En cas de “black out”, ce sont les processus d’encodage et de consolidation qui sont altérés par l’alcool. En fait l’alcool, en tant que substance chimique, est classé dans la catégorie des tranquillisants. Il inhibe l’activité des cellules nerveuses et certaines régions cérébrales sont plus sensibles que d’autres. L’hippocampe, qui joue un rôle important dans les processus de consolidation de l’information en mémoire à long terme, en fait partie. Alors si vous voulez vous souvenir de vos fêtes de fin d'année, buvez avec modération !