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Enquête

Interdire les gifles et les fessées des enfants réduit la violence chez les jeunes

L'interdiction faite aux parents de gifler ou de donner une fessée à leurs enfants conduit à moins de violence chez les jeunes. Cette étude d’observation vient conforter l’idée selon laquelle les sociétés qui les interdisent sont donc moins violentes que celles qui ne les ont pas prohibées.

Interdire les gifles et les fessées des enfants réduit la violence chez les jeunes monkeybusinessimages/iStock

  • Publié 16.10.2018 à 19h30
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Les résultats de cette étude, publiée dans le journal en ligne BMJ Open, montrent que dans les pays qui interdisent les châtiments corporels à la maison et à l'école, le taux de violence physique est inférieur de 42 à 69% que celui des pays où aucune interdiction existe.

En France, une pratique toujours autorisée

Pour déterminer si les interdictions nationales pourraient avoir une incidence sur les taux de violence chez les jeunes dans le monde, les chercheurs se sont appuyés sur des données provenant d'enquêtes précédentes sur le comportement des adolescents dans 88 pays. Ils se sont notamment appuyés sur l'étude HBSC (Health Behavior in School Aged Children) de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) et celle de la Global School Based Health Survey (GSHS).

En Europe, 23 pays ont interdit la fessée et 53 dans le monde. En France, une loi de 2017 prévoyait d'interdire les violences corporelles envers son enfant avant que le Conseil Constitutionnel invalide cet interdiction.

Des résultats différents chez les hommes et les femmes

L'analyse des réponses à l'enquête montre que les combats physiques sont plus de trois fois plus fréquents chez les jeunes hommes que chez les jeunes femmes. Et cela variait considérablement selon les pays, allant de moins de 1% chez les jeunes femmes costariciennes à près de 35% chez les jeunes hommes de Samoa (Polynésie).

Dans les pays où des interdictions complètes de gifles et de fessées sont en vigueur, la fréquence des violences physiques est 69% moins élevée chez les jeunes hommes et 42% plus faible chez les jeunes femmes que dans les pays où aucune interdiction existe. Dans les pays pratiquant une interdiction partielle, comme le Royaume-Uni, les États-Unis et le Canada, seule la violence physique chez les jeunes femmes (56%) est plus faible.

Une observation à nuancer

Ces constats restent vrais même après la prise en compte d'autres facteurs potentiellement influents tels que la richesse nationale, le taux de meurtres et les programmes sociaux visant à réduire l'exposition des adolescents à la violence à la maison et à l'école.

Toutefois, les chercheurs reconnaissent les limites de leur étude qui n'est qu'un observatoire et ne peut servir de vérité, notamment en raison du décalage entre la date de mise en place des législations et la réalisation de l'enquête. Le manque d'informations disponibles sur le recours aux châtiments corporels par les parents et les enseignants sur les adolescents limitent également la portée des conclusions.

Selon les chercheurs, le lien entre les interdictions de châtiments corporels et le comportement des enfants n'est pas réellement perceptible. De plus, la culture de chaque pays peut influer sur la violence des jeunes, soit en l'exacerbant soit en l'inhibant. Cependant, "ces résultats viennent conforter l’hypothèse selon laquelle les sociétés qui interdisent le recours au châtiment corporel sont moins violentes pour que les jeunes grandissent que les sociétés qui ne l'ont pas encore fait", concluent les chercheurs.

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