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QUESTION D'ACTU

Essais cliniques

Un gène réparateur pour des « enfants bulles »

Une équipe de chercheurs réussit à traiter en 2000 cinq enfants souffrant d’un grave déficit immunitaire en injectant un gène et à l'isue d'un essai clinique.  


  • Publié 14.10.2013 à 09h00
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Dossier réalisé en partenariat
avec 
Science et Santé,
le magazine de l'Inserm 

C'est l'aboutissement d'un essai clinique mené en avril 2000 par une équipe de chercheurs, dont l'immunologiste Alain Fischer* et l’hématologue Marina Cavazzana-Calvo*, coordonnatrice du centre d’investigation clinique (CIC) en biothérapie de l’hôpital Necker-Enfants malades de Paris. Leurs prouesses ? Avoir traité cinq enfants souffrant d’un grave déficit immunitaire, le DICS-X (1), en leur injectant un gène « réparateur ».
Pour réaliser ce traitement innovant, des cellules précurseurs des cellules immunitaires ont été prélevées chez les petits patients. En dehors de l’organisme, un virus porteur d’un gène capable de remplacer celui défaillant, porté par les malades, a été poussé à infecter ces cellules précurseurs. Les cellules ainsi génétiquement modifiées ont ensuite été injectées à l’enfant. Verdict : après quelques mois, la machinerie immunitaire s'est remise en marche, les stocks de lymphocytes et de cellules tueuses NK (Natural Killer) se sont constitués et les enfants ont enfin pu sortir de la « bulle » qui les protégeait de tout risque d’infection.

« Nos travaux ont fait beaucoup parler d’eux car notre équipe a montré de façon formelle qu’on pouvait soigner un déficit immunitaire avec une telle thérapie », se souvient Marina Cavazzana-Calvo. A l’époque, seule une transplantation de moelle osseuse pouvait guérir ces malades. Mais l’opération était risquée car il fallait au préalable détruire toutes les cellules souches de l’enfant pour les remplacer par celles d’un donneur compatible. Sans compter sur les chances très réduites de mettre la main sur celui-ci : un membre de la famille a les mêmes groupes tissulaires dans seulement 20 % des cas. « Plus le patient est atteint sévèrement et moins il y a de solutions possibles. Notre méthode innovante offrait alors une autre chance pour l’enfant », poursuit la chercheuse.

Alice Bomboy

Science et Santé, le magazine de l'Inserm 


* Unité 768 Inserm – Université Paris-Descartes, Développement normal et pathologique du système immunitaire, IFR Necker-Enfants malades (IRNEM), CTB 502 (CIC-Biothérapies Necker-HEGP-Cochin)

(1) Le déficit immunitaire combiné sévère lié à l’X est une maladie due à un défaut d’un gène porté par le chromosome X, qui prive l’organisme de certains globules blancs : les lymphocytes T et les cellules tueuses NK.




 

 

 

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