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QUESTION D'ACTU

ASCO 2012

L'immunothérapie franchit un cap

Obtenir une rémission durable par une meilleure participation du système immunitaire du malade, c’est ce qu’annoncent peut-être les inhibiteurs du récepteur PD-1.


  • Publié le 05.06.2012 à 15h47
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En direct de l'American Society of clinical Oncology (Chicago, du 1er au 5 juin 2012)

Un anticorps anti-récepteur PD-1 semble ouvrir une nouvelle voie dans le traitement par immunothérapie des cancers. Selon la communication présentée à l'ASCO, sur 236 malades, le taux de réponse clinique a été de 28% dans le mélanome, de 18% dans le cancer du poumon et de 27% dans le cancer du rein. Ces taux sont bien au-dessus des taux obtenus jusqu’ici par les immunothérapies traditionnelles. De plus, c’est la première fois que l’on observe une réponse avec une immunothérapie dans le cancer du poumon, cancer qui est notoirement résistant à ce type de traitement. Enfin, la réponse obtenue a été durable, avec des stabilisations du cancer à plus de 24 semaines.

Pour mieux comprendre cette innovation, il faut savoir que le cancer devrait normalement être détruit par le système immunitaire, et en particulier les lymphocytes T. Mais le cancer développe des stratégies de défense contre ces cellules, en se cachant dans le système immunitaire. Dans cette configuration, il est capable d’inhiber son fonctionnement normal, entre autre par le biais d’une stimulation du récepteur PD-1 qui est un récepteur inhibiteur à la surface des lymphocytes T. Activer ce récepteur PD-1 à la surface du lymphocyte T, c’est comme appuyer sur la pédale de frein dans une voiture : elle n'avance plus !
Les immunothérapies classiques reposaient sur un vaccin contre certaines protéines de la surface des cellules cancéreuses. Elles visaient à stimuler le plus fortement possible le système immunitaire. Mais ces vaccinations évoluent entre 2 écueils, une efficacité trop faible d’une part, ou, au contraire, une activité trop forte et non spécifique du système immunitaire. Si le système s'emballe à cause de la vaccination, cela peut aboutir à une destruction des cellules normales de l’organisme, bien au-delà des seules cellules cancéreuses.

Il s’agit bien sûr d’une étude préliminaire, mais qui a vivement impressionné les experts présents sur le congrès. D’autant que la tolérance a été bonne, avec moins de 5% des malades ayant dû interrompre le traitement en raison d’un effet indésirable. 
Le blocage du récepteur PD-1 permet de lever une partie de l’inhibition du lymphocyte T et de restaurer un fonctionnement plus normal du système immunitaire. In fine, l’espoir est que le système immunitaire parvienne à contenir le cancer de façon spécifique, voire à permettre de l’éliminer avec des traitements moins lourds.

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