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QUESTION D'ACTU

Les montres de notre corps


  • Publié 11.05.2012 à 06h00
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Toutes les heures de la journée ne sont pas équivalentes pour prendre nos médicaments. C'est une nouvelle discipline de la médecine, la chronobiologie, qui nous livre toutes ces informations, une discipline qui souffrait de reconnaissance. 
Notre corps vit incontestablement sous l’influence d’une horloge qui nous aide à travailler, à dormir et à se nourrir à la bonne heure. Certains dérèglements de cette horloge sont faciles à constater. Les insomnies, toujours à la même heure, par exemple, les dépressions nerveuses saisonnières ou, tout simplement, la prise de poids à période fixe, traduisent un mauvais fonctionnement de nos rythmes internes. La chronobiologie est donc la science de ces rythmes. 
On peut parler même presque sans sourire d’un enjeu final de taille : tout simplement, l’immortalité du corps, puisque celle de l’âme nous est promise par de multiples religions.

Savoir, en effet, pourquoi notre composant primaire, la cellule, programme sa propre déchéance, permet de proposer une solution au moins au vieillissement précoce. Mais la chronobiologie n’en est malheureusement pas encore là et offre plutôt ses travaux à des questions plus simples, mais d’importance pour le traitement de la plupart des maladies. Par exemple, à quelle heure doit-on prendre un médicament ?
Pendant longtemps, les pharmacologues ont pensé que le taux de médicaments retrouvé dans le sang, donc les voies d’administration, étaient prépondérantes. Les chronobiologistes ont prouvé, eux, que la toxicité d’un produit variait en fonction de l’heure d’administration. Même si ce sont surtout dans des domaines graves comme ceux de la cancérologie que l’enjeu immédiat semble le plus important, certaines maladies bénéficient déjà des effets de cette recherche.
Par exemple, dans un symptôme aussi banal qu’un nez qui coule à cause de l’allergie, le fameux rhume des foins, les symptômes surviennent dans la grande majorité des cas, le matin et lors d’expositions à des substances comme la poussière et les pollens. Et bien, les chronobiologistes, en dosant l’histamine sécrétée par l’allergique, ont montré que notre organisme présente une faiblesse particulière vers 23 heures.
D’où une efficacité beaucoup plus grande des médicaments anti-histaminiques contre ce type d’allergie du matin s’ils sont pris le soir avant le coucher. Des applications similaires sont en cours dans les rhumatismes avec les anti-inflammatoires, l’asthme ou encore le diabète.

Notre corps étant une machine effroyablement complexe, il obéit à un ensemble de rythmes… Tous nos organes, toutes nos fonctions vitales, ont un rythme dont la fréquence est différente. Ce n'est pas une horloge qui gère notre vie, mais plutôt un ensemble de montres obéissant à une oscillation horaire, quotidienne, hebdomadaire, mensuelle, voire même annuelle pour certaines fonctions. Ces horloges sont sous le contrôle d'une hormone qui fait beaucoup parler d'elle depuis quelques années, la mélatonine, qui est considérée comme le synchroniseur stabilisateur de nos rythmes internes, permettant au corps de s'orienter dans le temps en assurant une interface entre l'extérieur et l'intérieur de l'organisme. 

C'est l'alternance lumière / obscurité qui déclenche sa sécrétion. La mélatonine agit principalement en renforçant la baisse de notre température, ce qui nous permet de nous endormir. Qui dit hormone dit possibilité de traitement, et en chronobiologie, cela s'appelle la chronothérapie. 

Même si les causes de troubles du sommeil sont nombreuses, on peut comprendre, qu’ en cas de travail posté, de travail de nuit ou de décalage horaire, la chronobiologie puisse être fondamentale. Mais lorsque celle-ci s'intéresse par exemple au cancer, quel peut bien être son rôle ? 

Et bien, on sait que la cellule cancéreuse n'obéit plus aux messages simples de multiplication. Elle se développe donc de façon anarchique, en échappant précisément au rythme naturel qui régit le groupe cellulaire auquel elle appartient. Et bien dans le cancer du sein par exemple, on a constaté que le taux de mélatonine dans le sang des femmes américaines était inférieur à celui des femmes japonaises, celles-ci développant beaucoup moins de cancers du sein. Les hôtesses de l'air – qui, à cause de leurs voyages, ont des sécrétions de mélatonine anarchiques et donc un taux moindre – ont également deux fois plus de cancers de ce type que les femmes qui restent à terre.

Il y a encore beaucoup de choses à découvrir dans cette discipline nouvelle de la médecine, car on peut compliquer un peu plus le problème en ajoutant que tous nos rythmes sont sous dépendance de facteurs génétiques, ce que l’on pourrait appeler des « gènes d’horloge » qui expliquent les différences de réaction par exemple entre les hommes face au temps…

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