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QUESTION D'ACTU

Le coût d'une vie


  • Publié 26.10.2012 à 11h58
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La vie d’une femme ou d’un homme encore jeune a désormais un prix : 200 000 euros, celui du recours à de  nouveaux traitements, aussi difficiles à mettre au point qu’à utiliser, mais qui sont susceptibles d’offrir des rémissions dans des maladies autrefois mortelles. C’est le cas de l’ipilimumab - son nom scientifique -, un médicament destiné aux mélanomes graves. Le mélanome est un cancer de la peau, en augmentation constante depuis 50 ans (il double tous les dix ans), tribut que paie l’homme à son goût immodéré pour les bains de soleil. Pour prévenir le développement de la maladie, il est donc conseillé de se méfier des coups de soleil, en particulier pendant l’enfance, et de demander à son médecin, un examen de la peau régulier.

Chaque année, 8.000 nouveaux cas sont dépistés, 1.500 malades en décèdent, dont plus de la moitié avant l’âge de soixante ans. Les médecins ont longtemps été démunis face à ce fléau. Aujourd’hui, la recherche médicale leur offre des solutions qui se révèlent quelquefois efficaces, permettent ainsi des rémissions que le langage populaire qualifierait de « miraculeuses ». Un terme étranger au langage médical.

Mais c’est là qu’intervient l’ipilimumab dont le rôle consiste à augmenter les défenses de l’organisme face aux cellules cancéreuses du mélanome. Les spécialistes de ce cancer  affirment que dans 1 cas sur 5,  les résultats sont spectaculaires .Ils soulignent que 20% de décès en moins chez les personnes souffrant du mélanome, c’est plus de 300 vies épargnées chaque année. 

Mais son coût est élevé. Quatre injections de ce médicament reviennent à environ 40 000 euros. Comme il n’est efficace qu’une fois sur cinq, il faut donc compter 200 000 euros pour qu’un traitement donne des résultats probants.
L’ipilimumab a obtenu en août 2011 une autorisation de mise sur le marché par les autorités sanitaires, cependant la question de son remboursement par l’assurance maladie reste en suspens. Les négociations engagées avec le laboratoire américain BMS (Bristol Myers Squibb), à l’origine du produit, ont jusqu’à présent achoppé. « Nous nous trouvons dans une  situation extrêmement inconfortable à gérer sur le plan médical, même si l’on comprend qu’elle est liée à des problèmes médico-économiques complexes », observe le Pr Céleste Lebbé de l’hôpital Saint-Louis à Paris, spécialiste de cette forme de cancer.

En attendant, grâce à internet, les malades peuvent s’informer sur ces nouveaux traitements et demander conseil à leur médecin pour connaître l’utilité d’une telle prescription… indisponible en France sauf dans quelques rares hôpitaux comme celui de Bordeaux. Le médecin ne peut proposer que le financement personnel et surtout une consultation chez un cancérologue en Belgique, destination la plus proche pour avoir accès au produit.

Au-delà de cet exemple, qui choque par la brutalité de la maladie, son pronostic et l’âge de ceux qu’elle touche, c’est tout l’avenir de ces modes de traitement qu’il faut discuter. Son coût qui est le même dans tous les pays  ne devrait pas baisser, en tout cas pas à brève échéance. De l’avenir de la négociation relative à son remboursement dépend donc celui de cette filière de recherche.

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