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QUESTION D'ACTU

Les hormones de mon homme

 Les hormones de mon homme SmallBiz Tiny Gyms

  • Publié 14.12.2015 à 07h45
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Depuis 15 jours, je sentais bien que cela n’allait plus chez mon homme. Il n’avait plus envie de rien, il était à plat. J’ai aussitôt pensé : « ce sont ses hormones ». Je l’ai menotté et traîné chez un andrologue très réputé. J’avais des idées bien à moi sur les mâles et leur testostérone, tous les mythes sont tombés. Je vous raconte…

Je pensais que mon homme était le seul à produire des hormones mâles, bien toniques et bien viriles. Mais non, les hormones mâles et femelles sont produites par chacun de nous, mais dans des proportions différentes. Cette simple différence de dosage change tout. La plus connue des hormones mâles (ou androgènes) est la testostérone, elle est sécrétée au niveau des testicules (moi, j’en sécrète un fifrelin au niveau des glandes surrénales).

A la puberté, ces hormones sexuelles déclenchent chez mon homme le développement du pénis, la possibilité d’érection ou d’éjaculation, la modification de la voix, la pilosité, le développement de ses muscles, l’érotisation de son cerveau. Voilà comment, ado de 12 ans, il a pu partir en vacances en jouant à la game boy et revenir quelques semaines plus tard en se branchant sur un site porno.

À l'âge adulte, la sécrétion de testostérone a permis à mon homme de maintenir son exceptionnelle fonction sexuelle et ses caractéristiques masculines indiscutables, vous allez voir.

J’ai pensé que mon homme pouvait avoir ses « cycles » lui aussi. Evidemment, chez lui, pas de règles ni de bouffées prémenstruelles, et pas davantage de période fatidique où il cesse complètement de fabriquer des spermatozoïdes, comme la femme cesse de pondre des ovocytes à la ménopause.
Mais n’allez pas croire que mon homme n’a pas de cycle du tout ! Il en a un : il fabrique ad vitam aeternam des spermatozoïdes tous les 72 jours. Dire qu’il pourrait fabriquer des petits Superman comme lui jusqu’à 77 ans et plus, s’il le voulait…

J’ai imaginé que mon homme pouvait avoir des sautes d’humeur comme moi, liées à ses androgènesBien que sa testostérone culmine le matin (ce qui est sans doute à mettre en relation avec les érections au réveil), il n’a pas de changement d’humeur ni de fatigue dus aux hormones, c’est l’andrologue qui l’a certifié !

J’étais certaine que mon homme avait un pénis de 50 cm parce qu’il était bourré d’hormones mâles. Là, je suis vraiment tombée de haut. La Faculté m’a assuré que si mon homme avait un totem, c’était essentiellement dû à sa génétique. La testostérone n’intervient pas non plus dans le plaisir sexuel, même si mon homme très gâté par la nature est naturellement plus confiant et moins inquiet de sa virilité, ce qui participe sans doute de son plaisir. 

Ses performances au lit ne sont pas non plus soumises au diktat de sa quantité de testostérone circulante. C’est plus simple et plus réconfortant : il est doué parce qu’il interagit avec une partenaire qu’il désire. J’avoue que cela m’a fait plaisir quand le médecin m’a expliqué tout ça.

Comme tout le monde,
j’ai pensé que mon homme avait un désir de bonobo parce qu’il avait plus d’hormones sexuelles. Là encore, je me mettais le doigt dans l’œil, et cette fois, le médecin m’a fourbi un livre, « Nos cerveaux tous pareils, tous différents » (éditions Belin, 2015). Son auteur, Catherine Vidal, a particulièrement étudié la question. 

Voilà ce qui est écrit noir sur blanc : « Dans la population adulte en bonne santé, il n’y a pas de relation statistiquement significative entre le désir sexuel et la concentration de testostérone dans le sang. C’est ce qui ressort d’une publication de 2013 qui passe en revue les recherches sur les liens entre la testostérone et les comportements sexuels et sociaux. Certes, dans des conditions pathologiques de castration, il n’y a plus d’érection, mais cela n’entraîne pas nécessairement la perte du désir ni la disparition de toute activité sexuelle. Chez les humains, l’organe sexuel le plus important, c’est le cerveau ».
L’andrologue a ajouté que les prescriptions de testostérone chez les hommes (ou les femmes) qui avaient la libido à plat ne marchaient que chez ceux qui étaient vraiment carencés ! Peut-être le cas de mon homme, un simple dosage sanguin permettrait d’élucider le mystère.

J’étais absolument persuadée que les signes de virilité surnaturelle de mon homme étaient la conséquence de son taux élevé de testostérone. Que nenni ! Si sa mâchoire est forte, si ses épaules sont larges, si sa musculature n’a rien à envier à celle de Schwarzi, c’est seulement grâce à son chromosome sexuel Y et à son hérédité, mais pas grâce à sa testostérone. Merci beau-papa !

Je croyais que mon homme avait perdu ses cheveux et avait des poils comme Sean Connery dans 007, parce qu’il était très viril. L’andrologue a stoppé net ce nouveau délire. Certes, à la puberté, le duvet de mon homme a été remplacé par de véritables poils. Le flot ininterrompu d’hormones mâles a permis que partout sur son corps, les aisselles et les zones sexuelles pour commencer, puis les jambes et les bras, ont été recouvert de ces attributs pileux.
La ligne d’implantation de ses cheveux s’est modifiée et a dégagé ses golfes temporaux. L’impact de la testostérone s’arrête là, m’a dit le médecin. L’idée qui veut que, plus on est chauve et couvert de poils, plus on est viril est fausse, c’est une affaire de génétique et d’origine géographique. Certains hommes perdent leurs cheveux dès 30 ans et sont très poilus sans pour autant avoir des taux record de testostérone. Compris ? m’a-t-il dit, voyant ma mine déconfite. Les Indiens et les Asiatiques sont pratiquement imberbes et ne sont pas de mauvais amants pour autant, m’a-t-il certifié, ajoutant que le temps jouait aussi dans cette affaire.
Et là, petite satisfaction bassement féminine, j’étais particulièrement heureuse d’apprendre qu’à 40 ans, les hommes avaient bien plus de poils sur le corps qu’à 20 ans, et que chez les femmes, c’était l’inverse. Adieu épilation et autres tortures dépilatoires… un vrai soulagement.

J’avoue, je me suis souvent rassurée en pensant que si mon homme s’énervait, c’était qu’il avait un max de testostérone. On associe souvent testo et agressivité, non ? Une vision simpliste ! m’a rétorqué l’andrologue, qui m’a conseillé une nouvelle fois les écrits de Catherine Vidal.
« Là aussi, les études scientifiques ne sont pas concluantes, écrit-elle. Des enquêtes réalisées chez des ados de 13 à 16 ans montrent que la concentration de testostérone dans le sang n’est pas associée à des comportements agressifs ou de prise de risque, souvent présents bien avant la puberté. Chez les hommes auteurs d’actes de délinquance, le taux de testostérone n’est pas corrélé avec un degré de violence des comportements. En revanche, une corrélation forte est observée avec les facteurs sociaux tels que le niveau d’éducation et le milieu socio-économique ».
Pour info, et pour être tout à fait honnête, a ajouté le médecin, Catherine Vidal est chercheuse en neurobiologie et co-anime le groupe « Genre et Recherches en Santé » au sein du comité d’éthique de l’Inserm. Autrement dit, elle est un peu féministe.

Je me suis finalement inquiétée de savoir si tous les soucis de mon King Kong adoré pouvaient mettre à plat sa libido et sa testo. C’est là que Sylvain Mimoun, (qui co-écrit la trilogie Sexe et Sentiments chez Albin Michel) m’a répondu que oui, la libido et la testo à plat pouvaient venir de ses soucis à cause des vases communicants : « Le cerveau des émotions ou système limbique est intimement interconnecté à l’hypothalamus et à l’hypophyse, deux structures cérébrales impliquées dans la synthèse des hormones sexuelles. Une perturbation ici et, à l’autre bout de la chaîne, la libido est abaissée, c’est-à-dire le goût de vivre ». 

Un effet papillon en quelque sorte. J’ai alors décidé de faire tout mon possible pour que mon homme ait moins de soucis !

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