RÉSUMÉ DES CARACTÉRISTIQUES DU PRODUIT
ANSM - Mis à jour le : 23/02/2015
ELOXATINE 5 mg/ml, solution à diluer pour perfusion
2. COMPOSITION QUALITATIVE ET QUANTITATIVE
Oxaliplatine................................................................................ 5 mg
Pour 1 ml de solution à diluer pour perfusion
10 ml de solution à diluer pour perfusion contiennent 50 mg doxaliplatine.
20 ml de solution à diluer pour perfusion contiennent 100 mg doxaliplatine.
40 ml de solution à diluer pour perfusion contiennent 200 mg doxaliplatine.
Pour la liste complète des excipients, voir rubrique 6.1.
Solution à diluer pour perfusion.
Solution limpide et incolore
4.1. Indications thérapeutiques
· le traitement adjuvant du cancer du côlon au stade III (stade C de Dukes) après résection complète de la tumeur initiale,
· le traitement des cancers colorectaux métastatiques.
4.2. Posologie et mode d'administration
Posologie
RESERVE A L'ADULTE
La dose recommandée de loxaliplatine en traitement adjuvant est de 85 mg/m² par voie intraveineuse répétée toutes les deux semaines pendant 12 cycles (6 mois).
La dose recommandée de loxaliplatine dans le traitement des cancers colorectaux métastatiques est de 85 mg/m² par voie intraveineuse répétée toutes les deux semaines jusquà la progression de la maladie ou lapparition dune toxicité inacceptable.
La dose sera ajustée en fonction de la tolérance (voir rubrique 4.4).
Ladministration de loxaliplatine doit toujours précéder celle des fluoropyrimidines, cest-à-dire le 5-fluorouracile (5FU).
Loxaliplatine est administré en perfusion I.V. de 2 à 6 heures dans 250 à 500 ml d'une solution de glucose 5% (50 mg/ml) afin dobtenir une concentration comprise entre 0,2 mg/ml et 0,7 mg/ml ; 0,7 mg/ml correspond à la concentration la plus élevée observée en pratique clinique pour une dose de 85 mg/m² doxaliplatine.
Loxaliplatine a été, le plus souvent, administré en association avec du 5-fluorouracile (5-FU) en perfusion continue. Pour le traitement répété toutes les 2 semaines, un schéma avec le 5-fluorouracile (5-FU) en bolus et en perfusion continue a été utilisé.
Populations à risque :
· Insuffisants rénaux :
L'oxaliplatine ne doit pas être administré chez les insuffisants rénaux sévères (voir rubrique 4.3 et 5.2).
Chez les patients présentant une altération légère à modérée de la fonction rénale, la dose recommandée de loxaliplatine est de 85 mg/m2 (voir rubriques 4.4 et 5.2).
· Insuffisants hépatiques :
Dans une étude de phase I incluant des patients avec divers degrés dinsuffisance hépatique, la fréquence et la sévérité des affections hépatobiliaires sont apparues reliées à la progression de la maladie et aux anomalies initiales de la fonction hépatique.
Lors du développement clinique, aucun ajustement de la dose na été effectué chez les patients présentant des anomalies des fonctions hépatiques.
· Sujets âgés :
Il na pas été observé daggravation de la toxicité sévère de l'oxaliplatine utilisé seul ou en association avec le 5-fluorouracile (5-FU) chez les sujets de plus de 65 ans. En conséquence, aucun ajustement de la dose nest nécessaire chez le sujet âgé.
· Patients pédiatriques :
Il ny a pas dindication justifiant lutilisation de loxaliplatine chez lenfant. Lefficacité de loxaliplatine administré seul chez lenfant présentant une tumeur solide na pas été établie (voir rubrique 5.1)
Mode dadministration
L'oxaliplatine s'administre en perfusion intraveineuse.
L'administration de l'oxaliplatine ne nécessite pas d'hyperhydratation.
L'oxaliplatine dilué dans 250 à 500 ml de solution de glucose 5% (50 mg/ml), afin dobtenir une concentration supérieure ou égale à 0,2 mg/ml, doit être perfusé par voie veineuse centrale ou par voie veineuse périphérique sur une durée de 2 à 6 heures et toujours préalablement au 5‑fluorouracile (5 FU).
En cas d'extravasation, l'administration sera interrompue immédiatement.
Modalités de manipulation
Loxaliplatine doit être dilué avant administration. Seule une solution de glucose à 5% (50 mg/ml) doit être utilisée pour la dilution de la solution à diluer pour perfusion (voir rubrique 6.6).
Loxaliplatine est contre-indiqué chez les patients :
· ayant un antécédent connu dhypersensibilité à la substance active ou à lun des excipients listés à la rubrique 6.1,
· qui allaitent,
· présentant une insuffisance médullaire avant le premier cycle de traitement (neutrophiles <2x109/L et/ou plaquettes <100x109/L),
· présentant une neuropathie sensitive périphérique avec gêne fonctionnelle avant le premier cycle de traitement,
· présentant une insuffisance rénale sévère (clairance de la créatinine <30 ml/min) (voir rubrique 5.2).
4.4. Mises en garde spéciales et précautions d'emploi
Insuffisants rénaux
Les patients présentant une altération légère à modérée de la fonction rénale doivent faire lobjet dune surveillance particulière et la dose doit être ajustée en fonction de la toxicité (voir rubrique 5.2).
Réactions dhypersensibilité
Une surveillance particulière doit être assurée chez les patients ayant des antécédents de manifestations allergiques à d'autres produits contenant du platine. En cas d'apparition de manifestations anaphylactique, interrompre immédiatement la perfusion et entreprendre un traitement symptomatique approprié. La ré‑administration de l'oxaliplatine chez ces patients est contre‑indiquée. Des réactions croisées, parfois fatales, ont été rapportées avec tous les produits contenant du platine.
En cas d'extravasation, la perfusion doit être interrompue immédiatement et un traitement symptomatique local habituel entrepris.
Symptômes neurologiques
La toxicité neurologique de l'oxaliplatine doit faire l'objet d'une surveillance particulière, notamment en cas d'association avec des médicaments présentant une toxicité neurologique particulière. Un examen neurologique doit être pratiqué avant chaque administration et périodiquement par la suite.
Chez les patients ayant présenté des dysesthésies pharyngolaryngées aiguës (voir rubrique 4.8) durant ou dans les heures suivant une perfusion de deux heures, l'administration ultérieure d'oxaliplatine s'effectuera sur une durée de six heures.
Neuropathie périphérique
En cas de survenue de symptômes neurologiques (paresthésies, dysesthésies), l'adaptation recommandée de la dose d'oxaliplatine doit être effectuée en fonction de la durée et de la sévérité de ces symptômes :
· dans le cas où les symptômes durent plus de 7 jours et sont douloureux, la dose d'oxaliplatine pour le cycle suivant doit être réduite de 85 à 65 mg/m² (traitement métastatique) ou à 75 mg/ m² (traitement adjuvant),
· si les paresthésies sans gêne fonctionnelle persistent jusquau cycle suivant, la dose d'oxaliplatine doit être réduite de 85 à 65 mg/m² (traitement métastatique) ou à 75 mg/m² (traitement adjuvant),
· si les paresthésies avec gêne fonctionnelle persistent jusquau cycle suivant, le traitement par oxaliplatine doit être interrompu,
· lorsqu'une amélioration des symptômes est constatée à la suite de l'interruption du traitement par oxaliplatine, sa reprise pourra être envisagée.
Les patients doivent être informés de la possibilité de persistance des symptômes de neuropathies périphériques sensitives après la fin du traitement. Des paresthésies localisées modérées ou des paresthésies pouvant interférer avec les activités fonctionnelles, sont susceptibles de persister plus de 3 ans après larrêt du traitement adjuvant.
Syndrome de Leuconcéphalopathie Postérieure Réversible (SLPR)
Des cas de syndrome de leucoencéphalopathie postérieure réversible (ou Syndrome dEncéphalopathy Postérieure Réversible (SEPR)) ont été rapportés chez des patients traités par oxaliplatine en association avec la chimiothérapie, SLPR est rare, réversible, se caractérise par une évolution neurologique rapide, qui peut inclure des crises dépilepsie, de lhypertension, des céphalées, des confusions, une cécité et dautres troubles visuels ou neurologiques (voir rubrique 4.8).
Limagerie cérébrale, préférablement limagerie par résonance magnétique (IRM) confirme le diagnostic du SLPR.
Nausée, vomissement, diarrhée, déshydratation et atteintes hématologiques
La toxicité digestive de l'oxaliplatine, de type nausées et vomissements, justifie un traitement antiémétique prophylactique et/ou curatif (voir rubrique 4.8).
Une déshydratation, un iléus paralytique, une occlusion intestinale, une hypokaliémie, une acidose métabolique et une altération de la fonction rénale peuvent être provoqués par des diarrhées et/ou des vomissements sévères, notamment lorsque loxaliplatine est associé au 5-fluorouracile (5-FU).
En cas d'atteinte hématologique (neutrophiles < 1,5 x 109/L ou plaquettes < 50 x 109/L), retarder l'administration du cycle suivant jusqu'au retour à des valeurs acceptables. Un hémogramme doit être pratiqué avant initiation d'un traitement par l'oxaliplatine ainsi qu'avant chaque nouveau cycle.
Les patients doivent être informés du risque de survenue de diarrhées/vomissements, de mucites/ stomatites et de neutropénie, après ladministration doxaliplatine et de 5‑fluorouracile (5-FU), et pouvoir contacter en urgence leur médecin traitant afin de bénéficier dune prise en charge adaptée.
En cas de survenue de mucites/stomatites avec ou sans neutropénie, ladministration suivante sera reportée jusquà la récupération des mucites/stomatites à un grade inférieur ou égal à 1 et/ou un taux de neutrophiles ≥ 1,5x109/L.
L'oxaliplatine étant associé au 5‑fluorouracile (5-FU) (avec ou sans acide folinique (AF)), les toxicités propres au 5‑fluorouracile (5-FU) doivent faire l'objet des modifications de doses habituellement recommandées pour ce produit.
La survenue d'une diarrhée de grade 4, d'une neutropénie de grade 3 ou 4 (neutrophiles < 1 x 109/L) ou d'une thrombopénie de grade 3 ou 4 (plaquettes < 50 x 109/L) nécessitera, en plus de l'adaptation de la dose de 5‑fluorouracile (5-FU), de réduire la dose doxaliplatine de 85 à 65 mg/m2 (traitement métastatique) ou à 75 mg/m2 (traitement adjuvant).
Troubles respiratoires
Devant lapparition de symptômes respiratoires inexpliqués, tels quune toux non productive, une dyspnée, des râles crépitants ou des infiltrats pulmonaires radiologiques, le traitement par oxaliplatine doit être interrompu, jusquà ce que lexploration pulmonaire ait éliminé une pneumopathie interstitielle ou une fibrose pulmonaire (voir rubrique 4.8).
Troubles hématologiques
Le syndrome hémolytique et urémique (SHU) est un effet secondaire qui met en jeu le pronostic vital (fréquence indéterminée). Loxaliplatine doit être arrêté aux premiers signes évocateurs dune anémie hémolytique microangiopathique, telles quune diminution rapide de lhémoglobine associée à une thrombopénie, une augmentation de la bilirubinémie, de la créatinémie, de lurée sanguine, ou de la LDH. Linsuffisance rénale peut persister à larrêt du traitement et nécessiter une dialyse.
Troubles hépatiques
En cas de résultats anormaux des tests de la fonction hépatique ou dune hypertension portale qui ne résultent manifestement pas de métastases hépatiques, la possibilité de très rares cas de troubles vasculaires hépatiques induits par le produit devra être prise en compte.
Grossesse
Pour lutilisation chez la femme enceinte, se reporter à la rubrique 4.6.
Fertilité
Des effets génotoxiques ont été observés avec loxaliplatine lors détudes précliniques. Par conséquent, il est conseillé aux hommes traités avec loxaliplatine de ne pas procréer pendant le traitement et jusquà 6 mois après la fin du traitement ainsi que de demander conseil pour une conservation de sperme préalablement au traitement, loxaliplatine pouvant entraîner une infertilité irréversible. Les femmes ne doivent pas devenir enceintes durant le traitement par loxaliplatine et doivent utiliser une méthode de contraception efficace (voir rubrique 4.6).
4.5. Interactions avec d'autres médicaments et autres formes d'interactions
Chez des patients ayant reçu une dose unique de 85 mg/m² d'oxaliplatine, immédiatement avant l'administration de 5‑fluorouracile (5-FU), aucune modification du niveau d'exposition au 5‑fluorouracile (5-FU) n'a été observée.
In vitro, aucun déplacement significatif de la fixation aux protéines plasmatiques de l'oxaliplatine n'a été observé avec les produits suivants : érythromycine, salicylés, granisétron, paclitaxel, valproate de sodium.
Aucune information sur la sécurité demploi de loxaliplatine nest à ce jour disponible chez la femme enceinte. Une toxicité sur la reproduction a été observée lors détudes effectuées chez lanimal. En conséquence, loxaliplatine est déconseillé durant la grossesse et chez la femme en âge de procréer ne prenant pas de mesures contraceptives.
Ladministration de loxaliplatine ne doit être envisagée quaprès avoir précisément informé la patiente du risque pour le ftus et avec son consentement.
Des mesures contraceptives appropriées doivent être prises en cours de traitement et poursuivies après la fin du traitement, pendant 4 mois pour les femmes
Le passage dans le lait maternel na pas été étudié. Lallaitement est contre-indiqué durant le traitement par loxaliplatine.
Fertilité
Loxaliplatine pourrait avoir un effet négatif sur la fertilité (voir rubrique 4.4).
En raison des effets génotoxiques potentiels de loxaliplatine, des mesures contraceptives appropriées doivent être prises en cours de traitement et poursuivies pendant 4 mois après la fin du traitement pour les femmes et pendant 6 mois après la fin du traitement pour les hommes.
4.7. Effets sur l'aptitude à conduire des véhicules et à utiliser des machines
Résumé du profil de tolérance
Les événements indésirables les plus fréquents lors de lassociation doxaliplatine avec le 5‑fluorouracile/acide folinique (5-FU/AF) sont gastro-intestinaux (diarrhées, nausées, vomissements et mucites), hématologiques (neutropénie, thrombopénie) et neurologiques (neuropathie périphérique sensitive aiguë et dose-cumulative). Globalement, ces événements indésirables ont été plus fréquents et sévères avec oxaliplatine en association avec 5-FU/AF quavec 5-FU/AF seul.
Les fréquences présentées dans le tableau ci-dessous sont issues des études cliniques dans le traitement métastatique et le traitement adjuvant (ayant inclus respectivement 416 et 1108 patients dans le bras oxaliplatine + 5‑FU/AF) et de lexpérience depuis la mise sur le marché.
Liste récapitulative des effets indésirables
Les fréquences mentionnées dans le tableau ont été définies en utilisant les critères suivants : très fréquent (≥ 1/10), fréquent (≥ 1/100, < 1/10), peu fréquent (≥ 1/1000, < 1/100), rare (≥ 1/10000, < 1/1000) et très rare (< 1/10000), fréquence indéterminée (ne peut être estimée sur la base des données disponibles).
De plus amples informations sont données après le tableau.
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Fréquence Système classe-organe |
Très fréquent |
Fréquent |
Peu fréquent |
Rare |
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Infections et infestations* |
· Infection |
· Rhinites |
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· Infection des voies respiratoires supérieures |
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· Neutropénie septique |
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Affections hématologiques et du système lymphatique * |
· Anémie · Neutropénie · Thrombopénie · Leucopénie · Lymphopénie |
· Neutropénie fébrile |
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· Thrombopénie immunoallergique · Anémie hémolytique |
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Affections du système immunitaire* |
· Allergie/ réactions allergiques+ |
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Troubles du métabolisme et de la nutrition |
· Anorexie · Hyperglycémie · Hypokaliémie · Hypernatrémie |
· Déshydratation |
· Acidose métabolique |
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Affections psychiatriques |
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· Dépression · Insomnie |
· Nervosité |
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Affections du système nerveux* |
· Neuropathie périphérique sensitive · Troubles sensitifs · Altération du goût · Céphalées |
· Etourdissements · Névrite motrice · Meningisme |
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· Dysarthrie · Syndrome de leucoencéphalopathie postérieure réversible (SLPR) (voir rubrique 4.4) |
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Affections oculaires |
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· Conjonctivite · Troubles visuels |
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· Baisse transitoire de lacuité visuelle · Troubles du champ visuel · Névrite optique · Perte passagère de la vision, réversible à larrêt du traitement |
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Affections de loreille et du labyrinthe |
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· Ototoxicité |
· Surdité |
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Affections vasculaires |
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· Hémorragies · Bouffées vasomotrices · Thrombophlébite profonde · Hypertension |
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Affections respiratoires, thoraciques et médiastinales |
· Dyspnée · Toux · Epistaxis |
· Hoquet · Embolie pulmonaire |
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· Pneumopathie interstitielle, dévolution parfois fatale · Fibrose pulmonaire** |
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Affections gastro-intestinales* |
· Nausées · Diarrhées · Vomissements · Stomatites /Mucites · Douleurs abdominales · Constipation |
· Dyspepsie · Reflux gastro-oesophagien · Hémorragies gastro-intestinales · Rectorragies |
· Iléus · Obstruction intestinale |
· Colites incluant des diarrhées à clostridium difficile · Pancréatite |
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Affections de la peau et des tissus sous-cutanés |
· Troubles cutanés · Alopécie |
· Exfoliation cutanée (cest-à-dire syndrome main-pied) · Rash érythémateux · Rash · Hypersudation · Troubles des phanères |
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Affections musculo-squelettiques, et systémiques |
· Douleurs dorsales |
· Arthralgies · Douleurs osseuses |
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Affections du rein et des voies urinaires |
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· Hématurie · Dysurie · Mictions de fréquence anormale |
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Troubles généraux et anomalies au site dadministration |
· Fatigue · Fièvre++ · Asthénie · Douleur · Réaction au site dinjection+++ |
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Investigations |
· Elévation des enzymes hépatiques · Elévation des phosphatases alcalines · Elévation de la bilirubine · Elévation de la LDH · Prise de poids (traitement adjuvant) |
· Créatininémie augmentée · Perte de poids (traitement métastatique) |
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* Voir rubrique détaillée ci-dessous.
** Voir rubrique 4.4.
+ Réactions allergiques/allergies très fréquentes survenant principalement pendant la perfusion, parfois fatales (réactions allergiques fréquentes telles que éruption cutanée en particulier urticaire, conjonctivite, rhinite).
Réactions anaphylactiques ou anaphylactoïdes fréquentes incluant bronchospasme, angioedème, hypotension, sensation de douleur thoracique et choc anaphylactique).
++ Fièvres très fréquentes, soit dorigine infectieuse (avec ou sans neutropénie fébrile), soit isolées dorigine immunologique.
+++ Réaction au site dinjection incluant douleur locale, rougeur, gonflement et thrombose.
Lextravasation peut également provoquer une douleur locale ainsi quune inflammation, pouvant être sévère et entraîner des complications incluant une nécrose, particulièrement lorsque loxaliplatine est perfusé par voie veineuse périphérique (voir rubrique 4.4).
Description de certains effets indésirables
Affections hématologiques et du système lymphatique
Incidence par patient (%), par grade
|
Oxaliplatine associé au 5-FU/acide folinique 85 mg/m²toutes les 2 semaines |
Traitement métastatique |
Traitement adjuvant |
||||
|
Tous grades |
Grade 3 |
Grade 4 |
Tous grades |
Grade 3 |
Grade 4 |
|
|
Anémie |
82.2 |
3 |
< 1 |
75.6 |
0.7 |
0.1 |
|
Neutropénie |
71.4 |
28 |
14 |
78.9 |
28.8 |
12.3 |
|
Thrombopénie |
71.6 |
4 |
< 1 |
77.4 |
1.5 |
0.2 |
|
Neutropénie fébrile |
5.0 |
3.6 |
1.4 |
0.7 |
0.7 |
0.0 |
|
Neutropénie septique |
1.1 |
0.7 |
0.4 |
1.1 |
0.6 |
0.4 |
Expérience depuis la mise sur le marché de fréquence indéterminée :
· Syndrome hémolytique urémique.
Affections du système immunitaire
Incidence des réactions allergiques par patient (%), par grade
|
Oxaliplatine associé au 5-FU/acide folinique 85 mg/m² toutes les 2 semaines |
Traitement métastatique |
Traitement adjuvant |
||||
|
Tous grades |
Grade 3 |
Grade 4 |
Tous grades |
Grade 3 |
Grade 4 |
|
|
Réactions allergiques /allergies |
9.1 |
1 |
< 1 |
10.3 |
2.3 |
0.6 |
Affections du système nerveux
La toxicité limitante de l'oxaliplatine est neurologique. Il s'agit essentiellement d'une neuropathie périphérique sensitive caractérisée par des dysesthésies et/ou des paresthésies des extrémités accompagnées ou non de crampes, souvent déclenchées par le froid. Ces symptômes apparaissent jusque chez 95 % des patients traités. La durée de ces symptômes, généralement régressifs entre les cycles de traitement, s'accroît avec la répétition de ceux-ci.
La survenue de douleurs et/ou d'une gêne fonctionnelle nécessite, selon la durée des symptômes, l'ajustement de la dose, voire l'arrêt du traitement (voir rubrique 4.4).
Cette gêne fonctionnelle, qui comprend des difficultés lors de l'exécution des gestes fins, est une conséquence possible de l'atteinte sensitive. Le risque de survenue de symptômes persistants pour une dose cumulée de 850 mg/m² (soit 10 cycles) est denviron 10% et de 20 % pour une dose cumulée de 1020 mg/m² (soit 12 cycles).
Dans la majorité des cas, les signes neurologiques et la symptomatologie saméliorent ou se résolvent totalement à larrêt du traitement.
Dans le traitement adjuvant du cancer du côlon, 6 mois après larrêt du traitement, 87 % des patients nont plus de symptômes ou que des symptômes modérés. Après plus de 3 ans de suivi, environ 3 % des patients présentent soit des paresthésies persistantes localisées dintensité modérée (2,3 %) soit des paresthésies pouvant interférer avec les activités fonctionnelles (0,5 %).
Des manifestations neurosensorielles aiguës ont été rapportées (voir rubrique 5.3). Elles débutent dans les heures suivant l'administration et surviennent souvent lors d'une exposition au froid. Elles se caractérisent habituellement par des paresthésies transitoires, des dysesthésies ou hypoesthésies. Un syndrome aigu de dysesthésie pharyngolaryngée survient chez 1 % à 2 % des patients et, se caractérise par des sensations subjectives de dysphagie ou de dyspnée / sensation de suffocation sans signe objectif de détresse respiratoire (sans cyanose, ni hypoxie) ou par laryngospasmes ou bronchospasmes (sans stridor ou sifflement).
Bien que des antihistaminiques et des bronchodilatateurs aient été administrés dans ces situations, cette symptomatologie est rapidement réversible, même en labsence de tout traitement. Lallongement de la durée de la perfusion dans les cycles suivants favorise la diminution de lincidence de ce syndrome (voir rubrique 4.4).
Occasionnellement dautres symptômes ont pu être observés : contracture de la mâchoire, spasmes musculaires, contractions musculaires involontaires, myoclonies, troubles de la coordination, démarche anormale, ataxie, trouble de léquilibre, constriction de la gorge ou de la poitrine, oppression, gêne, douleur. De plus, des atteintes des nerfs crâniens peuvent être associées, ou survenir isolément tel que ptose des paupières, diplopie, aphonie, dysphonie, enrouement parfois décrit comme une paralysie des cordes vocales, dysesthésie linguale ou une dysarthrie parfois décrite comme une aphasie, une névralgie du trijumeau, douleur faciale, oculaire, diminution de lacuité visuelle, troubles du champ visuel.
Dautres symptômes neurologiques comme une dysarthrie, la disparition des réflexes ostéotendineux et un signe de Lhermitte ont été rapportés lors de traitement par oxaliplatine. Des cas isolés de névrites optiques ont été rapportés.
Expérience depuis la mise sur le marché, de fréquence indéterminée :
· Convulsion.
Affections respiratoires, thoraciques et médiastinales
Expérience depuis la mise sur le marché, de fréquence indéterminée :
· Laryngospasme.
Affections gastro-intestinales
Incidence par patient (%), par grade
|
Oxaliplatine associé au 5-FU/acide folinique 85 mg/m² toutes les 2 semaines |
Traitement métastatique |
Traitement adjuvant |
||||
|
Tous grades |
Grade 3 |
Grade 4 |
Tous grades |
Grade 3 |
Grade 4 |
|
|
Nausées |
69.9 |
8 |
< 1 |
73.7 |
4.8 |
0.3 |
|
Diarrhées |
60.8 |
9 |
2 |
56.3 |
8.3 |
2.5 |
|
Vomissements |
49.0 |
6 |
1 |
47.2 |
5.3 |
0.5 |
|
Mucites/stomatites |
39.9 |
4 |
< 1 |
42.1 |
2.8 |
0.1 |
Un traitement préventif et/ou curatif avec des agents antiémétiques puissants est indiqué.
Une déshydratation, un iléus paralytique, une occlusion intestinale, une hypokaliémie, une acidose métabolique et une altération de la fonction rénale peuvent être provoqués par des diarrhées et/ou des vomissements sévères, notamment lorsque loxaliplatine est associé au 5-fluorouracile (5-FU) (voir rubrique 4.4).
Affections hépatobiliaires
Très rare (< 1/10 000) :
Syndrome d'obstruction sinusoïdale du foie, également connu sous le nom de maladie veino-occlusive hépatique, ou anomalies histologiques en rapport avec ce type de syndrome, incluant péliose hépatique, hyperplasie nodulaire régénérative, fibrose périsinusoïdale. Les manifestations cliniques peuvent se traduire par une hypertension portale et/ou une augmentation des transaminases.
Affections du rein et des voies urinaires
Très rare (< 1/10 000) :
Nécrose tubulaire aigüe, néphrite interstitielle aigüe et insuffisance rénale aigüe.
Déclaration des effets indésirables suspectés
La déclaration des effets indésirables suspectés après autorisation du médicament est importante. Elle permet une surveillance continue du rapport bénéfice/risque du médicament. Les professionnels de santé déclarent tout effet indésirable suspecté via le système national de déclaration : Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) et réseau des Centres Régionaux de Pharmacovigilance - Site internet : www.ansm.sante.fr.
Symptômes
Il ny a pas dantidote connu à loxaliplatine. En cas de surdosage, une exacerbation des effets indésirables peut être attendue.
Prise en charge
Une surveillance hématologique doit être instaurée, ainsi quun traitement symptomatique des autres toxicités.
5. PROPRIETES PHARMACOLOGIQUES
5.1. Propriétés pharmacodynamiques
Classe pharmacothérapeutique : autres antinéoplasiques, composés à base de platine.
Code ATC : L01XA03
Mécanisme daction
L'oxaliplatine est un agent antinéoplasique, appartenant à une nouvelle classe de platine dans laquelle l'atome de platine est complexé avec un 1,2‑diaminocyclohexane ("DACH") et un groupe oxalate. L'oxaliplatine est un énantiomère unique, le (SP-4-2)-[(1R, 2R)-cyclohexane-1,2-diamine-kN, kN'] [ethanediato (2- )-kO1, kO2] platine.
L'oxaliplatine présente un large spectre d'activité cytotoxique in vitro et antitumoral in vivo dans divers systèmes de modèles tumoraux y compris des modèles de cancer colorectal de lhomme.
L'oxaliplatine s'est aussi montré efficace, in vitro et in vivo, dans différentes lignées résistant au cisplatine.
Une action cytotoxique synergique avec le 5-fluorouracile (5-FU) a été mise en évidence in vitro et in vivo.
Les études sur le mécanisme d'action, bien que celui-ci ne soit pas totalement élucidé, montrent que les dérivés hydratés résultant de la biotransformation de l'oxaliplatine interagissent avec l'ADN pour former des ponts intra- et inter-brins entraînant une interruption de la synthèse de l'ADN, cause de l'activité cytotoxique et antitumorale.
Efficacité clinique et tolérance
Chez les patients avec un cancer colorectal métastatique, lefficacité doxaliplatine (85 mg/m² répété toutes les deux semaines) en association avec le 5-fluorouracile/acide folinique (5-FU/acide folinique) (5-FU/AF) a été rapportée dans trois études cliniques :
· en traitement de 1ère ligne, dans létude de phase III EFC2962, comparative, en 2 bras, 420 patients étaient randomisés entre le 5‑FU/AF seul (LV5FU2, N=210) et lassociation oxaliplatine/5-FU/AF (FOLFOX4, N=210).
· chez les patients prétraités, dans létude de phase III EFC4584, comparative, en 3 bras, 821 patients, réfractaires à lassociation irinotecan (CPT-11) + 5‑FU/AF, étaient randomisés entre le 5‑FU/AF seul (LV5FU2, N=275), loxaliplatine en monothérapie (N=275) et lassociation oxaliplatine avec 5‑FU/AF (FOLFOX4, N=271).
· enfin, dans létude non contrôlée de phase II EFC2964, les patients, réfractaires au 5‑FU/AF seul, étaient traités par lassociation oxaliplatine/5-FU/AF (FOLFOX4, N=57).
Les deux études cliniques randomisées, EFC2962 en 1ère ligne et EFC4584 chez les patients prétraités, ont démontré un taux de réponse significativement supérieur et une prolongation de la survie sans progression (PFS)/temps jusquà progression (TTP) comparé au traitement 5‑FU/AF seul.
Dans létude EFC4584 réalisée chez des patients prétraités réfractaires, la différence de la médiane de survie globale (SG) na pas été statistiquement significative entre lassociation oxaliplatine et 5‑FU/AF.
Taux de réponse sous FOLFOX4 versus LV5FU2
|
Taux de réponse, % |
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Revue radiologique indépendante |
LV5FU2 |
FOLFOX4 |
Oxaliplatine |
|
Traitement en 1ère ligne |
22 |
49 |
NA |
|
Evaluation de la réponse toutes les 8 semaines |
P = 0.0001 |
|
|
|
Patients prétraités |
0,7 |
11.1 |
1.1 |
|
Evaluation de la réponse toutes les 6 semaines |
P <0.0001 |
|
|
|
Patients prétraités |
NA |
23 |
NA |
NA : Non applicable
Médiane de survie sans progression (PFS) / Médiane de temps jusquà
progression (TTP)
sous FOLFOX4 versus LV5FU2
|
Médiane de PFS/TTP, mois |
|
|
|
|
Revue radiologique indépendante |
LV5FU2 |
FOLFOX4 |
Oxaliplatine |
|
Traitement en 1ère ligne |
6.0 |
8.2 |
NA |
|
|
Log-rank P = 0.0003 |
|
|
|
Patients prétraités |
2.6 |
5.3 |
2.1 |
|
|
Log-rank P < 0.0001 |
|
|
|
Patients prétraités |
NA |
5.1 |
NA |
NA : Non applicable
Médiane de survie globale (SG) sous FOLFOX4 versus LV5FU2
|
Médiane de survie globale, mois |
|
|
|
|
Analyse en ITT |
LV5FU2 |
FOLFOX4 |
Oxaliplatine |
|
Traitement en 1ère ligne |
14.7 |
16.2 |
NA |
|
|
Log-rank P = 0.12 |
|
|
|
Patients prétraités |
8.8 |
9.9 |
8.1 |
|
|
Log-rank P = 0.09 |
|
|
|
Patients prétraités |
NA |
10.8 |
NA |
NA : Non Applicable
Chez les patients prétraités (EFC4584), initialement symptomatiques, une amélioration significative des symptômes liés à la maladie a été constatée chez une proportion plus élevée de patients traités par oxaliplatine/5-FU/AF par rapport à ceux traités par 5‑FU/AF seul (27,7 % versus 14,6 % p ≤ 0,0033).
Chez les patients non prétraités (EFC2962), il na pas été trouvé de différence statistiquement significative en termes de qualité de vie entre les deux groupes de traitement.
Cependant, les scores de qualité de vie étaient généralement meilleurs dans le groupe contrôle concernant létat de santé globale et la douleur et moins bons dans le groupe oxaliplatine pour les nausées/vomissements.
Dans le cadre du traitement adjuvant, létude clinique MOSAÏC de phase III EFC3313, comparative, 2246 patients étaient randomisés (899 stade II/B2 de Dukes et 1347 stade III/C de Dukes) après résection complète de la tumeur initiale du cancer du côlon entre le 5‑FU/AF seul (LV5FU2, N=1123 (stade B2/C=448/675)) et lassociation oxaliplatine avec le 5‑FU/AF (FOLFOX4, N=1123 (stade B2/C=451/672)).
EFC3313 - Survie sans maladie à 3 ans (analyse en ITT)* sur la population globale
|
Bras de traitement |
LV5FU2 |
FOLFOX4 |
|
Pourcentage de survie sans maladie à 3 ans (IC 95 %) |
73.3 |
78.7 |
|
Hazard ratio (IC 95 %) |
0.76 |
|
|
Test log rank stratifié |
P=0.0008 |
|
*Suivi médian à 44.2 mois (tous les patients suivi au moins 3 ans)
Létude a démontré un avantage significatif global en survie sans maladie à 3 ans avec oxaliplatine en association avec 5-FU/AF (FOLFOX4) par rapport au 5-FU/AF seul (LV5FU2).
EFC3313 - Survie sans maladie à 3 ans (analyse en ITT)* selon les stades de la maladie
|
Stade du patient |
Stade II |
Stade III |
||
|
Bras de traitement |
LV5FU2 |
FOLFOX4 |
LV5FU2 |
FOLFOX4 |
|
Pourcentage de survie sans maladie à 3 ans (IC 95 %) |
84.3 |
87.4 |
65.8 |
72.8 |
|
Hazard ratio (IC 95 %) |
0.79 |
0.75 |
||
|
Test log rank stratifié |
P=0.151 |
P=0.002 |
||
*Suivi médian à 44.2 mois (tous les patients suivi au moins 3 ans)
Survie globale (analyse en ITT) :
Au moment de lanalyse de la survie sans maladie à 3 ans, critère principal de létude MOSAÏC, 85.1 % des patients étaient toujours vivants dans le bras FOLFOX4 versus 83.8 % dans le bras LV5FU2. Cela se traduit par une réduction globale du risque de mortalité de 10 % en faveur du FOLFOX4 sans atteindre la significativité statistique (hazard ratio=0.90).
Les chiffres sont de 92.2 % versus 92.4 % dans le sous-groupe du stade II (B2 de Dukes) (hazard ratio=1.01) et de 80.4 % versus 78.1 % dans le sous-groupe du stade III (C de Dukes) (hazard ratio=0.87) respectivement pour FOLFOX4 et LV5FU2.
Population pédiatrique
Loxaliplatine administré seul a été évalué chez lenfant dans 2 études de phase I (69 patients) et 2 études de phase II (166 patients). Un total de 235 patients pédiatriques (âgés de 7 mois à 22 ans) présentant des tumeurs solides ont été traités.
Lefficacité de loxaliplatine, administré seul, dans la population traitée na pas été établie. Le recrutement de ces 2 études de phase II a été arrêté en raison de labsence de réponse de la tumeur
5.2. Propriétés pharmacocinétiques
Les propriétés pharmacocinétiques des différents métabolites actifs nont pas été déterminées. Les paramètres pharmacocinétiques du platine ultrafiltré, cest‑à‑dire de lensemble des formes de platine non-conjugué, actif et inactif, après perfusion de deux heures de 130 mg/m² doxaliplatine répétée toutes les 3 semaines pendant 1 à 5 cycles et de 85 mg/m² doxaliplatine répétée toutes les 2 semaines pendant 1 à 3 cycles, sont présentés dans le tableau ci-dessous :
Résumé des paramètres pharmacocinétiques du platine ultrafiltre estimé en ultrafiltrat après ladministration de doses multiples de 85 mg/m2 doxaliplatine répétées toutes les 2 semaines ou de 130 mg/m2 doxaliplatine répétées toutes les 3 semaines
|
Dose |
Cmax |
AUC0-48 |
AUC |
t½α |
t½β |
t½γ |
Vss |
CL |
|
85 mg/m2 |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Moyenne |
0.814 |
4.19 |
4.68 |
0.43 |
16.8 |
391 |
440 |
17.4 |
|
DS |
0.193 |
0.647 |
1.40 |
0.35 |
5.74 |
406 |
199 |
6.35 |
|
130 mg/m2 |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Moyenne |
1.21 |
8.20 |
11.9 |
0.28 |
16.3 |
273 |
582 |
10.1 |
|
DS |
0.10 |
2.40 |
4.60 |
0.06 |
2.90 |
19.0 |
261 |
3.07 |
Valeurs moyennes AUC0-48 et Cmax calculées sur le cycle 3 (85 mg/m2) ou sur le cycle 5 (130 mg/m2).
Valeurs moyennes AUC, Vss et CL calculées sur le cycle 1.
Valeurs Cmax, AUC, AUC0-48, Vss et CL calculées par une analyse non compartimentale.
t1/2a, t1/2b, et t1/2g : calculés par une analyse compartimentale (cycles1-3 combinés).
Au terme dune perfusion de 2 h, 15 % du platine administré sont retrouvés dans la circulation systémique, les 85 % restants étant rapidement distribués dans les tissus ou éliminés dans les urines. La fixation irréversible aux hématies et dans le plasma est à lorigine, dans ces milieux, de demi-vies proches du temps de renouvellement naturel des hématies et de lalbumine sérique. Aucune accumulation du platine na été observée dans le plasma ultrafiltré après la perfusion de 85 mg/m² toutes les 2 semaines ou de 130 mg/m² toutes les 3 semaines et un état déquilibre a été atteint au cycle 1 dans ce milieu ; la variabilité inter- et intra-individuelle est, en général, faible.
Biotransformation
In vitro, les métabolites résultent dune dégradation non enzymatique et aucune biotransformation du cycle diaminocyclohexane (DACH) médiée par le cytochrome P450 na été mise en évidence.
Loxaliplatine est fortement métabolisé chez lhomme ; la substance active intacte nest pas détectable dans le plasma ultrafiltré à la fin dune perfusion de 2 h. Plusieurs métabolites cytotoxiques comprenant les formes monochloro-, dichloro- et diaquo‑DACH platine, et à des temps plus tardifs, un nombre de métabolites inactivés ont été identifiés dans la circulation systémique.
Elimination
Le platine est éliminé principalement dans les urines, la clairance étant prédominante dans les 48 heures suivant ladministration.
Au 5ème jour, environ 54 % de la dose est retrouvée dans les urines et moins de 3 % dans les fèces.
Populations particulières
Insuffisance rénale
Une diminution significative de la clairance de 17,6 2,18 l/h à 9,95 1,91 l/h chez les insuffisants rénaux a été observée avec une diminution statistiquement significative du volume de distribution de 330 40,9 à 241 36,1 l. Leffet dune insuffisance rénale sévère sur la clairance du platine na pas été bien étudié.
L'effet de l'insuffisance rénale sur la biodisponibilité de l'oxaliplatine a été étudié chez des patients ayant des degrés variables dinsuffisance rénale. L'oxaliplatine a été administré à une dose de 85 mg/m2 dans le groupe témoin ayant une fonction rénale normale (clairance de la créatinine> 80 ml / min, n = 12) et chez les patients souffrant dune insuffisance rénale légère (clairance de la créatinine = 50 à 80 ml / min, n = 13 ) et modérée (clairance de la créatinine = 30 à 49 ml / min, n = 11) et à une dose de 65mg/m2 chez les patients souffrant dune insuffisance rénale sévère (clairance de la créatinine <30 ml / min, n = 5).
L'exposition médiane était de 9, 4, 6, et 3 cycles, respectivement, et les données pharmacocinétiques au cycle 1 ont été obtenues dans les groupes 11, 13, 10 et 4 patients respectivement.
Il y a eu une augmentation dans l'ultrafiltrat plasmatique (PUF) de platine de lAire Sous la Courbe (ASC) , ASC / dose et une diminution de la CL et du Vss total et rénale avec l'augmentation de l'insuffisance rénale en particulier dans le (petit) groupe de patients présentant une insuffisance rénale sévère: estimation ponctuelle (90% CI ) des estimations moyennes des ratios par la fonction rénale versus une fonction rénale normale à lAUC / dose étaient de 1,36 (1,08, 1,71), 2,34 (1,82, 3,01) et 4,81 (3,49, 6,64) pour les patients souffrant respectivement dune insuffisance rénale légère à modérée et dune insuffisance rénale sévère.
Lélimination de l'oxaliplatine est significativement corrélée à la clairance de la créatinine. La CL totale du PUF du platine a été respectivement de 0,74 (0,59, 0,92), 0,43 (0,33, 0,55) et 0,21 (0,15, 0,29) et pour les Vss respectivement 0,52 (0,41, 0,65), 0,73 (0,59, 0,91) et 0,27 (0,20, 0,36) pour les patients souffrant d'insuffisance rénale légère, modérée et sévère respectivement. La clairance corporelle totale du PUF du platine a donc été réduite respectivement de 26% chez les patients avec insuffisance légère, de 57% pour les patients avec insuffisance rénale modérée et 79% en cas d'insuffisance rénale sévère et ceci comparé aux patients ayant une fonction normale.
La clairance rénale du PUF du platine a été réduite chez les patients souffrant d'insuffisance rénale légère de 30% , de 65% chez les insuffisants rénaux modérés et de 84% en cas d'insuffisance rénale sévère et ceci comparé aux patients ayant une fonction normale.
Il y a eu une augmentation de la demi-vie bêta du PUF du platine avec l'augmentation de degré d'insuffisance rénale principalement dans le groupe insuffisance rénale sévère. Malgré le petit nombre de patients souffrant d'insuffisance rénale sévère, ces données doivent être prises en compte lors de la prescription d'oxaliplatine chez les patients présentant une insuffisance rénale (voir rubriques 4.2, 4.3 et 4.4).
5.3. Données de sécurité préclinique
Loxaliplatine est mutagène et clastogène sur des cellules de mammifère et a montré une toxicité embryo‑ftale chez le rat. Bien quaucune étude du pouvoir carcinogène nait été réalisée, loxaliplatine est considéré comme étant probablement carcinogène.
Eau pour préparations injectables
· NE PAS mélanger à des médicaments ou à des solutions alcalines, en particulier le 5-fluorouracile, les préparations dacide folinique contenant du trométamol en tant quexcipient et les sels de trométamol dautres médicaments. Les solutions et médicaments alcalins altèrent de façon défavorable la stabilité de loxaliplatine (voir rubrique 6.6).
· NE PAS diluer loxaliplatine avec des solutions salines ou dautres solutions contenant des ions chlorure (incluant les chlorures de calcium, potassium ou sodium).
· NE PAS mélanger à d'autres médicaments dans la même poche ou la même tubulure de perfusion (voir rubrique 6.6, pour les instructions concernant ladministration simultanée avec lacide folinique).
· NE PAS utiliser de matériel contenant de laluminium.
3 ans.
Après dilution dans du glucose à 5% (50mg/ml), la stabilité physico-chimique a été démontrée pendant 48 heures entre +2°C et +8°C ou 24 heures à +25°C.
Toutefois, du point de vue microbiologique, la solution pour perfusion doit être utilisée immédiatement. En cas dutilisation non immédiate, les durées et conditions de conservation après dilution et avant utilisation relèvent de la seule responsabilité de lutilisateur et ne devraient pas dépasser 24 heures à une température comprise entre +2°C et +8°C, sauf si la dilution a été réalisée dans des conditions aseptiques dûment contrôlées et validées.
6.4. Précautions particulières de conservation
Conserver le flacon dans lemballage extérieur, à labri de la lumière.
Ne pas congeler.
Pour les conditions de conservation de la solution diluée, voir rubrique 6.2
6.5. Nature et contenu de l'emballage extérieur
10 ml, 20 ml ou 40 ml en flacon (verre incolore Type I) avec bouchon (bromobutyle) : boîte de 1.
6.6. Précautions particulières délimination et de manipulation
Instructions concernant la manipulation
La manipulation de ce cytotoxique par un professionnel de santé nécessite un ensemble de précautions permettant d'assurer la protection du manipulateur et de son environnement.
La préparation des solutions injectables de cytotoxiques doit être obligatoirement réalisée par un personnel spécialisé et entraîné ayant une connaissance des médicaments utilisés, dans des conditions assurant lintégrité du médicament, la protection de l'environnement et surtout la protection du personnel qui les manipule conformément à la conduite hospitalière. Elle nécessite un local de préparation réservé à cet usage. Il est interdit de fumer, de manger, de boire dans ce local.
Le personnel doit disposer d'un ensemble de matériel approprié à la manipulation notamment blouses à manches longues, masques de protection, calot, lunettes de protection, gants à usage unique stériles, champs de protection du plan de travail, conteneurs et sacs de collecte des déchets.
Les excréta et les vomissures doivent être manipulés avec précaution.
Les femmes enceintes doivent être averties et éviter la manipulation des cytotoxiques.
Tout contenant cassé doit être traité avec les mêmes précautions et considéré comme déchet contaminé. L'élimination des déchets contaminés se fait par incinération dans des conteneurs rigides étiquetés à cet effet (voir rubrique « Elimination des déchets » ci-après).
En cas de contact cutané avec la solution ou la solution à perfuser, éliminer immédiatement et soigneusement le produit à l'eau.
En cas de contact d'une muqueuse avec la poudre, la solution reconstituée ou la solution à perfuser, éliminer immédiatement et soigneusement le produit à l'eau.
Ces dispositions peuvent être envisagées dans le cadre du réseau de cancérologie (circulaire DGS/DH/98 N° 98/18 du 24 mars 1998) en collaboration avec toute structure adaptée et remplissant les conditions requises.
Précautions particulières d'administration
· NE JAMAIS employer de matériel d'injection contenant de l'aluminium.
· NE JAMAIS administrer non dilué.
· Seule une solution de glucose à 5% (50 mg/ml) doit être utilisée pour la dilution. NE PAS diluer pour la perfusion avec des solutions contenant du chlorure ou du chlorure de sodium.
· NE JAMAIS mélanger avec dautres médicaments dans la même poche de perfusion ou administrer simultanément par la même ligne de perfusion.
· NE PAS mélanger à des médicaments ou à des solutions alcalines, en particulier le 5‑fluorouracile (5-FU), les préparations dacide folinique (AF) contenant du trométamol en tant quexcipient et les sels de trométamol dautres substances actives. Les solutions et médicaments alcalins altèrent de façon défavorable la stabilité de loxaliplatine.
Instructions pour lutilisation avec lacide folinique (AF) (tel que le folinate disodique ou le folinate de calcium)
Une perfusion intraveineuse doxaliplatine à 85 mg/m2 dans 250 à 500 ml de solution de glucose à 5% (50 mg/ml) est administrée en même temps quune perfusion IV dacide folinique dans une solution de glucose à 5% (50 mg/ml), pendant 2 à 6 heures, en utilisant une tubulure de perfusion en Y placée juste avant le site dinjection.
Ces 2 médicaments ne doivent pas être mélangés dans la même poche de perfusion. Lacide folinique (AF) ne doit pas contenir du trométamol en tant quexcipient et doit seulement être dilué dans une solution de glucose à 5% (50 mg/ml) isotonique, jamais dans des solutions alcalines ou des solutions contenant du chlorure ou du chlorure de sodium.
Instructions pour lutilisation avec du 5-fluorouracile (5-FU)
Loxaliplatine devra toujours être administré avant les fluoropyrimidines, cest-à-dire le 5-fluorouracile (5-FU).
Après ladministration doxaliplatine, rincer la tubulure et administrer ensuite le 5-fluorouracile (5-FU).
Pour une information supplémentaire sur les médicaments associés à loxaliplatine, voir le RCP du fabricant correspondant.
Solution à diluer pour perfusion
Procéder à une vérification visuelle avant utilisation. Seules les solutions limpides sans particule peuvent être utilisées.
Le médicament doit être utilisé en une seule fois. Toute solution à diluer, non utilisée doit être éliminée (voir rubrique « Elimination des déchets » ci-après).
Dilution pour perfusion intraveineuse
Retirer la quantité nécessaire de la solution à diluer à partir du flacon et ensuite diluer avec 250 à 500 ml de solution de glucose à 5 % (50 mg/ml) afin dobtenir une concentration doxaliplatine comprise entre 0,2 mg/ml et 0,7 mg/ml. Lintervalle de concentration pour lequel la stabilité physico-chimique de loxaliplatine a été démontrée se situe entre 0,2 mg/ml et 2,0 mg/ml.
Administrer par perfusion intraveineuse.
Après dilution dans une solution de glucose à 5% (50mg/ml), la stabilité physique et chimique a été démontrée pendant 48 heures à une température comprise entre +2°C et +8°C et pendant 24 heures à 25°C.
Dun point de vue microbiologique, la préparation pour perfusion doit être utilisée immédiatement.
En cas dutilisation non immédiate, les durées et conditions de conservation avant utilisation relèvent de la seule responsabilité de lutilisateur, et ne devraient normalement pas dépasser 24 heures à une température comprise entre +2°C et +8°C, sauf si la dilution a été réalisée dans des conditions aseptiques dûment contrôlées et validées.
Procéder à une vérification visuelle avant utilisation. Seules les solutions limpides sans particule doivent être utilisées.
Le médicament doit être utilisé en une seule fois. Toute solution non utilisée doit être éliminée (voir rubrique « Elimination des déchets » ci-après).
NE JAMAIS utiliser de solution contenant du chlorure ou du chlorure de sodium ni pour la reconstitution ni pour la dilution.
La compatibilité de la solution pour perfusion doxaliplatine a été testée avec des sets dadministration types à base de PVC.
Perfusion
L'administration de l'oxaliplatine ne nécessite pas de préhydratation.
L'oxaliplatine dilué dans 250 à 500 ml de solution de glucose à 5 % (50 mg/ml) afin dobtenir une concentration supérieure ou égale à 0,2 mg/ml doit être perfusé soit par voie veineuse périphérique, soit par voie veineuse centrale sur une durée de 2 à 6 heures.
Lorsque loxaliplatine est administré avec du 5‑fluorouracile (5-FU), la perfusion doxaliplatine doit précéder celle de 5‑fluorouracile (5-FU).
Elimination des déchets
Tout produit non utilisé ainsi que le matériel utilisé pour la reconstitution, la dilution et l'administration doivent être détruits conformément aux procédures classiques hospitalières relatives aux agents cytotoxiques suivant les dispositions législatives en vigueur sur lélimination des déchets toxiques.
7. TITULAIRE DE LAUTORISATION DE MISE SUR LE MARCHE
1-13 boulevard ROMAIN ROLLAND
75014 PARIS
8. NUMERO(S) DAUTORISATION DE MISE SUR LE MARCHE
· 565 983.8 : 10 ml en flacon (verre incolore). Boîte de 1.
· 565 984.4 : 20 ml en flacon (verre incolore). Boîte de 1.
· 569 560.4 : 40 ml en flacon (verre incolore). Boîte de 1.
9. DATE DE PREMIERE AUTORISATION/DE RENOUVELLEMENT DE LAUTORISATION
A compléter ultérieurement par le titulaire
10. DATE DE MISE A JOUR DU TEXTE
A compléter ultérieurement par le titulaire
Sans objet.
12. INSTRUCTIONS POUR LA PREPARATION DES RADIOPHARMACEUTIQUES
Liste I
Médicament soumis à prescription hospitalière.
Prescription réservée aux spécialistes en oncologie ou en hématologie ou aux médecins compétents en cancérologie. Médicament nécessitant une surveillance particulière pendant le traitement.