RÉSUMÉ DES CARACTÉRISTIQUES DU PRODUIT
ANSM - Mis à jour le : 19/12/2011
RIVASTIGMINE BIOGARAN 1,5 mg, gélule
2. COMPOSITION QUALITATIVE ET QUANTITATIVE
Rivastigmine .................................................................................................................................... 1,5 mg
Sous forme dhydrogénotartrate de rivastigmine.
Pour une gélule.
Pour la liste complète des excipients, voir rubrique 6.1
Gélule.
Poudre blanc-cassé à légèrement jaune dans une gélule à tête jaune et corps jaune, avec une impression rouge « RIV 1,5 mg » sur le corps.
4.1. Indications thérapeutiques
Traitement symptomatique des formes légères à modérément sévères de la maladie d'Alzheimer.
Traitement symptomatique des formes légères à modérément sévères dune démence chez les patients avec une maladie de Parkinson idiopathique.
4.2. Posologie et mode d'administration
Le traitement doit être instauré et supervisé par un médecin ayant lexpérience du diagnostic et du traitement des patients atteints de la maladie dAlzheimer ou dune démence associée à la maladie de Parkinson. Le diagnostic sera établi selon les critères en vigueur. Le traitement par la rivastigmine ne doit être entrepris que si un proche peut sassurer régulièrement de la prise du médicament par le patient.
La rivastigmine sera administrée en deux prises quotidiennes, le matin et le soir au moment du repas. Les gélules doivent être avalées entières.
Dose initiale
1,5 mg deux fois par jour.
Ajustement posologique
La dose initiale est de 1,5 mg deux fois par jour. Si cette posologie est bien tolérée pendant au moins deux semaines de traitement, elle peut être augmentée à 3 mg deux fois par jour. Une augmentation ultérieure de la dose à 4,5 mg deux fois par jour puis à 6 mg deux fois par jour sera envisagée, sous réserve d'une tolérance satisfaisante de chaque posologie, après au moins deux semaines de traitement à chaque palier posologique.
En cas de survenue d'effets indésirables (par exemple nausées, vomissements, douleurs abdominales, perte dappétit), dune perte de poids ou dune aggravation des symptômes extrapyramidaux (par exemple tremblements) chez les patients atteints dune démence associée à la maladie de Parkinson au cours du traitement, ceux-ci peuvent régresser si lon supprime une ou plusieurs prises. En cas de persistance de ces effets indésirables, la posologie quotidienne devrait revenir temporairement à la posologie quotidienne antérieure bien tolérée ou, le traitement pourra être arrêté.
Dose d'entretien
La dose efficace est de 3 à 6 mg deux fois par jour ; afin de garantir une efficacité thérapeutique maximale, il convient de maintenir les patients à leur dose maximale tolérée. La dose maximale quotidienne recommandée est de 6 mg deux fois par jour.
Le traitement dentretien peut être poursuivi aussi longtemps quun bénéfice thérapeutique existe pour le patient. Par conséquent, le bénéfice clinique de la rivastigmine doit être réévalué régulièrement, spécialement chez les patients traités par des doses inférieures à 3 mg deux fois par jour. Si après 3 mois de traitement à la dose dentretien les symptômes liés à la démence du patient ne sont pas favorablement modifiés, le traitement devrait être arrêté. Larrêt du traitement doit aussi être envisagé lorsquil est évident quil ny a plus de bénéfice thérapeutique.
La réponse individuelle à la rivastigmine ne peut être anticipée. Cependant, un effet supérieur du traitement a été observé chez les patients atteints dune démence modérée associée à la maladie de Parkinson. De façon similaire, un effet plus important a été observé chez les patients avec hallucinations visuelles (voir rubrique 5.1).
Leffet du traitement na pas été étudié au delà de 6 mois dans des études contrôlées versus placebo.
Reprise du traitement
Si le traitement est interrompu pendant plusieurs jours, il devra être repris à 1,5 mg 2 fois par jour. Lajustement posologique doit ensuite être réalisé comme indiqué ci-dessus.
Insuffisance rénale et hépatique
Aucun ajustement posologique nest nécessaire chez les patients présentant une insuffisance rénale ou hépatique légère à modérée. Cependant, en raison dune augmentation de lexposition au produit chez ces patients les recommandations dajustement posologique en fonction de la tolérance individuelle doivent être étroitement suivies, puisque les patients présentant une insuffisance rénale ou hépatique cliniquement significative pourraient présenter davantage deffets indésirables (voir rubriques 4.4 et 5.2). Les patients présentant une insuffisance hépatique sévère nont pas été étudiés (voir rubrique 4.4).
Enfants
La rivastigmine ne doit pas être utilisée chez lenfant.
4.4. Mises en garde spéciales et précautions d'emploi
Ajustement posologique : des effets indésirables (tels que : hypertension et hallucinations chez les patients atteints de la maladie dAlzheimer et, aggravation des symptômes extrapyramidaux, en particulier tremblements, chez les patients atteints dune démence associée à la maladie de Parkinson) ont été observés à la suite dune augmentation de la dose. Ces effets peuvent disparaître après une diminution de la dose. Dans dautres cas, le traitement a été arrêté (voir rubrique 4.8).
Des troubles gastro-intestinaux tels que nausées, vomissements, et diarrhées sont dose-dépendants, et peuvent survenir particulièrement lors de linstauration du traitement et/ou de laugmentation posologique (voir rubrique 4.8). Ces effets indésirables surviennent plus particulièrement chez les femmes. Les patients montrant des signes ou des symptômes de déshydratation résultant de vomissements ou de diarrhées prolongés, si reconnus et pris en charge rapidement, peuvent être traités par des solutions de réhydratation par voie intraveineuse et une diminution de la dose ou un arrêt du traitement. La déshydratation peut avoir de graves conséquences.
Les patients souffrant de la maladie dAlzheimer peuvent perdre du poids. Les inhibiteurs de la cholinestérase, rivastigmine y compris, ont été associés à des pertes de poids chez ces patients. Durant le traitement, le poids des patients doit être surveillé.
En cas de vomissements sévères associés à un traitement par la rivastigmine, les doses doivent être ajustées de manière appropriée, comme recommandé en rubrique 4.2. Quelques cas de vomissements sévères ont été associés à une rupture de l'oesophage (voir rubrique 4.8). De tels évènements sont apparus en particulier après des augmentations de dose ou avec des doses élevées de rivastigmine.
La rivastigmine sera utilisée avec prudence chez les patients présentant une maladie du noeud sinusal ou des troubles de la conduction cardiaque (bloc sino-auriculaire, bloc atrio-ventriculaire) (voir rubrique 4.8).
La rivastigmine est susceptible d'augmenter la sécrétion dacide gastrique. Une surveillance simpose chez les patients présentant un ulcère gastrique ou duodénal en poussée, ou chez les patients prédisposés aux ulcères.
Les inhibiteurs de la cholinestérase doivent être prescrits avec précaution en cas dantécédents dasthme ou de bronchopneumopathie obstructive.
Les cholinomimétiques peuvent induire ou aggraver une rétention urinaire ou des convulsions. La prudence est recommandée lors du traitement de patients prédisposés à de telles maladies.
Lutilisation de la rivastigmine chez des patients au stade sévère de la maladie dAlzheimer ou dune démence associée à la maladie de Parkinson ou souffrant dautres types de démences ou dautres formes de troubles de la mémoire (par exemple : déclin cognitif lié à lâge) na pas été étudiée et par conséquent, lutilisation chez ces patients nest pas recommandée.
Comme les autres cholinomimétiques, la rivastigmine peut exacerber ou induire des symptômes extrapyramidaux. Une aggravation (incluant bradykinésie, dyskinésie, troubles de la marche) et une augmentation de lincidence ou de lintensité des tremblements ont été observées chez les patients atteints dune démence associée à la maladie de Parkinson (voir rubrique 4.8). Ces évènements ont conduit à larrêt de la rivastigmine dans quelques cas (par exemple arrêts dus aux tremblements 1,7% avec rivastigmine vs 0% avec placebo). Une surveillance clinique de ces effets indésirables est recommandée.
Populations à risque
Les patients présentant une insuffisance rénale ou hépatique cliniquement significative pourraient présenter davantage deffets indésirables (voir rubriques 4.2 et 5.2). Les patients présentant une insuffisance hépatique sévère nont pas été étudiés. Cependant, RIVASTIGMINE BIOGARAN peut être utilisé chez ces patients et une surveillance étroite est nécessaire.
Les patients pesant moins de 50 kg peuvent présenter davantage deffets indésirables et peuvent être plus susceptibles darrêter le traitement à cause de ces effets indésirables
4.5. Interactions avec d'autres médicaments et autres formes d'interactions
En raison de ses propriétés pharmacodynamiques, la rivastigmine ne doit pas être administrée simultanément à d'autres cholinomimétiques, et elle pourrait interférer avec l'activité des anticholinergiques.
Des études menées chez des volontaires sains n'ont pas mis en évidence d'interaction pharmacocinétique entre la rivastigmine et la digoxine, la warfarine, le diazépam ou la fluoxétine. La rivastigmine n'a pas dincidence sur l'allongement du temps de prothrombine observé sous warfarine. L'administration simultanée de rivastigmine et de digoxine n'a pas entraîné d'effet indésirable sur la conduction cardiaque.
Compte tenu du métabolisme de la rivastigmine et bien que celle-ci soit susceptible dinhiber le métabolisme dautres médicaments métabolisés par la butyrylcholinestérase, des interactions médicamenteuses métaboliques paraissent improbables
Pour la rivastigmine, il nexiste pas de données sur lutilisation de ce médicament chez la femme enceinte. Aucun effet sur la fertilité ou le développement embryofoetal na été observé chez le rat et le lapin, sauf à des doses entraînant une toxicité maternelle. Au cours détudes péri/postnatales menées chez le rat, une augmentation de la durée de gestation a été observée. La rivastigmine ne doit pas être utilisée à moins dune nécessité absolue.
Chez lanimal, la rivastigmine est excrétée dans le lait. Dans lespèce humaine il n'existe pas de données concernant le passage de la rivastigmine dans le lait maternel. En conséquence, les femmes traitées par la rivastigmine ne doivent pas allaiter.
4.7. Effets sur l'aptitude à conduire des véhicules et à utiliser des machines
La maladie dAlzheimer est susceptible de provoquer une dégradation progressive des aptitudes nécessaires à la conduite ou à lutilisation de machines. De plus, la rivastigmine peut induire des étourdissements et une somnolence, principalement à linstauration du traitement ou lors de laugmentation posologique. De ce fait, la rivastigmine a une influence mineure à modérée sur laptitude à conduire des véhicules et à utiliser des machines. Par conséquent, chez les patients atteints de la maladie d'Alzheimer traités par la rivastigmine, la capacité à continuer de conduire des véhicules ou dutiliser des machines de maniement complexe, devrait être évaluée régulièrement par le médecin traitant.
Les effets indésirables suivants, listés ci-dessous dans le Tableau 1, ont été rapportés chez les patients atteints de la maladie dAlzheimer et traités par la rivastigmine.
Selon le système de classification par organe MedDRA, les effets indésirables sont listés dans le Tableau 1 par ordre de fréquence observée. Les catégories de fréquence sont définies selon la convention suivante : très fréquent (≥1/10) ; fréquent (≥1/100, < 1/10) ; peu fréquent (≥1/1 000, <1/100) ; rare (≥1/10 000, <1/1 000) ; très rare (<1/10 000) ; fréquence indéterminée (ne peut être estimée sur la base des données disponibles).
Tableau 1
|
Infections et infestations |
|
|
Très rare |
Infection urinaire |
|
Troubles du métabolisme et de la nutrition |
|
|
Très fréquent |
Anorexie |
|
Indéterminée |
Déshydratation |
|
Affections psychiatriques |
|
|
Fréquent |
Agitation |
|
Fréquent |
Confusion |
|
Fréquent |
Anxiété |
|
Peu fréquent |
Insomnie |
|
Peu fréquent |
Dépression |
|
Très rare |
Hallucinations |
|
Indéterminée |
Agressivité, agitation |
|
Affections du système nerveux |
|
|
Très fréquent |
Vertiges |
|
Fréquent |
Céphalée |
|
Fréquent |
Somnolence |
|
Fréquent |
Tremblements |
|
Peu fréquent |
Syncope |
|
Rare |
Convulsions |
|
Très rare |
Symptômes extrapyramidaux (y compris aggravation dune maladie de Parkinson). |
|
Affections cardiaques |
|
|
Rare |
Angine de poitrine |
|
Très rare |
Arythmie (par exemple : bradycardie, bloc auriculo-ventriculaire, fibrillation auriculaire et tachycardie) |
|
Indéterminée |
Maladie du sinus |
|
Affections vasculaires |
|
|
Très rare |
Hypertension |
|
Affections gastro-intestinales |
|
|
Très fréquent |
Nausées |
|
Très fréquent |
Vomissements |
|
Très fréquent |
Diarrhée |
|
Fréquent |
Douleur abdominale et dyspepsie |
|
Rare |
Ulcères gastriques et duodénaux |
|
Très rare |
Hémorragie gastro-intestinale |
|
Très rare |
Pancréatite |
|
Indéterminée |
Quelques cas de vomissements sévères ont été associés à une rupture de loesophage (voir rubrique 4.4) |
|
Affections hépatobiliaires |
|
|
Peu fréquent |
Elévation des enzymes hépatiques |
|
Indéterminée |
Hépatite |
|
Affections de la peau et du tissu sous-cutané |
|
|
Fréquent |
Hyperhidrose |
|
Rare |
Rash |
|
Indéterminée |
Prurit |
|
Troubles généraux et anomalies au site dadministration |
|
|
Fréquent |
Fatigue et asthénie |
|
Fréquent |
Malaise |
|
Peu fréquent |
Chute |
|
Investigations |
|
|
Fréquent |
Perte de poids |
Des effets indésirables supplémentaires ont été observés avec les dispositifs transdermiques de la rivastigmine : état confusionnel, pyrexie (fréquent).
Le Tableau 2 montre les effets indésirables observés chez des patients atteints dune démence associée à la maladie de Parkinson et traités par la rivastigmine.
Tableau 2
|
Troubles du métabolisme et de la nutrition |
|
|
Fréquent |
Anorexie |
|
Fréquent |
Déshydratation |
|
Affections psychiatriques |
|
|
Fréquent |
Insomnie |
|
Fréquent |
Anxiété |
|
Fréquent |
Agitation |
|
Indéterminée |
Agressivité |
|
Affections du système nerveux |
|
|
Très fréquent |
Tremblements |
|
Fréquent |
Vertiges |
|
Fréquent |
Somnolence |
|
Fréquent |
Céphalée |
|
Fréquent |
Aggravation dune maladie de Parkinson |
|
Fréquent |
Bradykinésie |
|
Fréquent |
Dyskinésies |
|
Peu fréquent |
Dystonie |
|
Affections cardiaques |
|
|
Fréquent |
Bradycardie |
|
Peu fréquent |
Fibrillation auriculaire |
|
Peu fréquent |
Bloc auriculo-ventriculaire |
|
Indéterminée |
Maladie du sinus |
|
Affections gastro-intestinales |
|
|
Très fréquent |
Nausées |
|
Très fréquent |
Vomissements |
|
Fréquent |
Diarrhée |
|
Fréquent |
Douleur abdominale et dyspepsie |
|
Fréquent |
Hypersécrétion salivaire |
|
Affections hépato-biliaires |
|
|
Indéterminée |
Hépatite |
|
Affections de la peau et du tissu sous-cutané |
|
|
Fréquent |
Hyperhidrose |
|
Affections musculo-squelettiques et systémiques |
|
|
Fréquent |
Rigidité musculaire |
|
Troubles généraux et anomalies au site dadministration |
|
|
Fréquent |
Fatigue et asthénie |
|
Fréquent |
Troubles de la marche |
Le Tableau 3 liste le nombre et le pourcentage de patients ayant présentés des effets indésirables prédéfinis qui pourraient être le reflet dune aggravation des symptômes parkinsoniens dans le cadre de létude clinique spécifique conduite pendant 24 semaines avec de la rivastigmine chez les patients atteints de démence associée à la maladie de Parkinson.
Tableau 3
|
Effets indésirables prédéfinis qui pourraient être le reflet dune aggravation des symptômes parkinsoniens chez les patients atteints dune démence associée à la maladie de Parkinson |
RIVASTIGMINE n (%) |
Placebo n (%) |
|
Nombre total de patients étudiés |
362 (100) |
179 (100) |
|
Nombre total de patients avec des effets indésirables prédéfinis |
99 (27,3) |
28 (15,6) |
|
Tremblements |
37 (10,2) |
7 (3,9) |
|
Chute |
21 (5,8) |
11 (6,1) |
|
Maladie de Parkinson (aggravation) |
12 (3,3) |
2 (1,1) |
|
Sialorrhée |
5 (1,4) |
0 |
|
Dyskinésies |
5 (1,4) |
1 (0,6) |
|
Syndrôme parkinsonien |
8 (2,2) |
1 (0,6) |
|
Hypokinésie |
1 (0,3) |
0 |
|
Mouvement anormal |
1 (0,3) |
0 |
|
Bradykinésie |
9 (2,5) |
3 (1,7) |
|
Dystonie |
3 (0,8) |
1 (0,6) |
|
Troubles de la marche |
5 (1,4) |
0 |
|
Rigidité musculaire |
1 (0,3) |
0 |
|
Trouble postural |
3 (0,8) |
2 (1,1) |
|
Raideurs musculosquelettiques |
3 (0,8) |
0 |
|
Rigidité |
1 (0,3) |
0 |
|
Trouble moteur |
1 (0,3) |
0 |
Symptomatologie
La plupart des cas de surdosage accidentel nont entraîné aucune symptomatologie clinique et presque tous les patients ont poursuivi le traitement par rivastigmine. Lorsque des symptômes ont été observés il sagissait de : nausées, vomissements et diarrhée, hypertension ou hallucinations. En raison de l'effet vagotonique connu des inhibiteurs de la cholinestérase sur le rythme cardiaque, une bradycardie et/ou une syncope peuvent également survenir. Un cas dingestion de 46 mg a été rapporté : ce malade a récupéré totalement au bout de 24 heures avec un traitement symptomatique.
Traitement
La demi-vie plasmatique de la rivastigmine est de 1 heure environ et la durée de linhibition de lacétylcholinestérase est denviron 9 heures : en cas de surdosage asymptomatique, il est donc recommandé de suspendre ladministration de rivastigmine pendant les 24 heures suivantes. En cas de surdosage saccompagnant de nausées et de vomissements importants, des anti-émétiques pourront être utilisés. Les autres effets indésirables feront lobjet dun traitement symptomatique si nécessaire.
En cas de surdosage massif, latropine peut être utilisée. Il est recommandé dadministrer initialement 0,03 mg/kg de sulfate datropine par voie intraveineuse, puis dajuster les doses ultérieures en fonction de la réponse clinique. Ladministration de scopolamine à titre dantidote nest pas recommandée.
5. PROPRIETES PHARMACOLOGIQUES
5.1. Propriétés pharmacodynamiques
Classe pharmacothérapeutique : Anticholinestérasiques, code ATC : N06DA03
La rivastigmine est un inhibiteur de lacétyl et de la butyrylcholinestérase, de type carbamate : on estime quelle facilite la neurotransmission cholinergique en ralentissant la dégradation de lacétylcholine libérée par les neurones cholinergiques intacts sur le plan fonctionnel. La rivastigmine est donc susceptible davoir un effet favorable sur les déficits cognitifs dépendants de ces voies cholinergiques au cours de la maladie dAlzheimer et dune démence associée à la maladie de Parkinson.
La rivastigmine agit sur les enzymes cibles en formant un complexe lié par une liaison covalente qui entraîne une inactivation transitoire des enzymes. Chez le sujet sain jeune, une dose de 3 mg par voie orale entraîne une diminution denviron 40% de lactivité de lacétylcholinestérase (AChE) dans le LCR dans les 1,5 h après administration. Lactivité enzymatique revient à son niveau initial 9 heures environ après le pic dactivité inhibitrice. Chez les patients atteints dune maladie dAlzheimer, linhibition de lacétylcholinestérase dans le LCR par la rivastigmine est dose-dépendante jusqu'à une posologie de 6 mg deux fois par jour, qui a été la dose maximale étudiée. Linhibition de lactivité de la butyrylcholinestérase dans le LCR chez 14 patients atteints dune maladie dAlzheimer, traités par rivastigmine, était similaire à linhibition de lactivité de lAChE.
Etudes cliniques dans la maladie dAlzheimer
Lefficacité de rivastigmine a été établie à laide de trois outils dévaluation indépendants et spécifiques chacun dun domaine particulier, qui ont été utilisés à des intervalles réguliers au cours de périodes de traitement de 6 mois. Ces outils comprennent lADAS-Cog (une mesure de la performance cognitive), la CIBIC-Plus (une évaluation globale du patient par le médecin incluant des données recueillies auprès de la personne aidante) et la PDS (une évaluation réalisée par la personne aidante, des activités de la vie quotidienne, incluant lhygiène personnelle, lautonomie, notamment pour se nourrir, shabiller, les occupations domestiques telles que les courses, le maintien de la capacité à sorienter dans différents environnements ainsi que limplication dans des activités en rapport avec largent, etc.).
Les patients étudiés avaient un score MMSE (Mini-Mental State Examination) compris entre 10 et 24.
Les résultats pour les patients répondeurs cliniques, obtenus en regroupant deux études réalisées à doses variables parmi les trois essais-pivot multicentriques sur 26 semaines menés chez des patients présentant une maladie dAlzheimer légère à modérée, sont rassemblés dans le Tableau 4 ci-dessous. Une amélioration cliniquement significative dans ces études a été définie a priori par une amélioration dau moins 4 points de lADAS-Cog, une amélioration de la CIBIC-Plus ou une amélioration dau moins 10% de la PDS.
De plus, une définition a posteriori du caractère répondeur est également fournie dans ce tableau. La définition secondaire du caractère répondeur nécessite une amélioration de 4 points ou plus de lADAS-Cog sans aggravation des CIBIC-Plus et PDS. Selon cette définition, la dose moyenne pour les répondeurs dans le groupe des posologies comprises entre 6 et 12 mg était de 9,3 mg. Il est important de noter que les échelles utilisées dans cette indication varient et que les comparaisons directes de résultats entre différents agents thérapeutiques sont sans valeur.
Tableau 4
|
|
Patients présentant une réponse cliniquement significative |
|||||
|
|
Analyse en intention de traiter |
Analyse LOCF**** |
||||
|
Mesure de la réponse |
Rivastigmine 612 mg N=473 |
Placebo N=472 |
Rivastigmine 612 mg N=379 |
Placebo N=444 |
||
|
Amélioration à lADAS-Cog dau moins 4 points |
21*** |
12 |
25*** |
12 |
||
|
Amélioration de la CIBIC-Plus |
29*** |
18 |
32*** |
19 |
||
|
Amélioration de la PDS dau moins 10% |
26*** |
17 |
30*** |
18 |
||
|
Au moins 4 points damélioration à l ADAS-Cog sans aggravation des CIBIC-Plus et PDS |
10* |
6 |
12** |
6 |
||
*p<0,05, **p<0,01, ***p<0,001, ****Last Observation Carried Forward (dernières observations rapportées)
Etudes cliniques dans la démence associée à la maladie de Parkinson
Lefficacité de la rivastigmine dans la démence associée à la maladie de Parkinson a été démontrée dans une étude pivot de 24 semaines, multicentrique, en double aveugle, contrôlée versus placebo ainsi que dans sa phase dextension en ouvert de 24 semaines. Les patients inclus dans cette étude avaient un score MMSE (Mini-Mental State Examination) compris entre 10 et 24. Lefficacité a été établie à laide de 2 échelles indépendantes qui ont été utilisées à des intervalles réguliers au cours dune période de 6 mois de traitement comme le montre le Tableau 5 ci-dessous : lADAS-Cog, une mesure des fonctions cognitives et lADCS-CGIC (Alzheimers Disease Cooperative Study-Clinicians Global Impression of Change).
Tableau 5
|
Démence associée à la maladie de Parkinson |
ADAS-Cog |
ADAS-Cog |
ADCS-CGIC |
ADCS-CGIC |
|
|
Population ITT + RDO |
(n = 329) |
(n = 161) |
(n = 329) |
(n = 165) |
|
|
Moyenne à l'état initial ± ET |
23,8 ± 10,2 |
24,3 ± 10,5 |
n/a |
n/a |
|
|
Moyenne de l'écart à 24 semaines ± ET |
2,1 ± 8,2 |
-0,7 ± 7,5 |
3,8 ± 1,4 |
4,3 ± 1,5 |
|
|
Différence de traitement ajustée |
2,881 |
n/a |
|
||
|
Valeur p versus placebo |
<0,0011 |
<0,0072 |
|
||
|
Population ITT - LOCF |
(n = 287) |
(n = 154) |
(n = 289) |
(n = 158) |
|
|
Moyenne à l'état initial ± ET |
24,0 ± 10,3 |
24,5 ± 10,6 |
n/a |
n/a |
|
|
Moyenne de l'écart à 24 semaines ± ET |
2,5 ± 8,4 |
-0,8 ± 7,5 |
3,7 ± 1,4 |
4,3 ± 1,5 |
|
|
Différence de traitement ajustée |
3,541 |
n/a |
|
||
|
Valeur p versus placebo |
<0,0011 |
<0,0012 |
|
||
1Analyse de covariance avec traitement et pays comme facteurs et ADAS-Cog initiale comme covariable. Une différence positive indique une amélioration.
2Valeurs moyennes présentées par convenance, analyse catégorielle réalisée sur le test van Elteren ITT: Intent-To-Treat (Intention de traiter); RDO: Retrieved Drop Outs (patients sortis d'essais et reconvoqués); LOCF: Last Observation Carried Forward (Dernière observation reportée).
Bien que l'effet du traitement ait été démontré dans la totalité de la population de l'étude, les données suggèrent qu'un effet supérieur du traitement par rapport au placebo a été observé chez les patients atteints d'une démence modérée associée à la maladie de Parkinson. De façon similaire, un effet plus important a été observé chez les patients avec hallucinations visuelles (voir Tableau 6).
Tableau 6
|
Démence associée à la maladie de Parkinson |
ADAS-Cog |
ADAS-Cog |
ADAS-Cog |
ADAS-Cog |
|
|
|
Patients avec hallucinations visuelles |
Patients sans hallucinations visuelles |
|
||
|
Population ITT + RDO |
(n=107) |
(n=60) |
(n=220) |
(n=101) |
|
|
Moyenne à l'état initial ± ET |
25,4 ± 9,9 |
27,4 ± 10,4 |
23,1 ± 10,4 |
22,5 ± 10,1 |
|
|
Moyenne de l'écart à 24 semaines ± ET |
1,0 ± 9,2 |
-2,1 ± 8,3 |
2,6 ± 7,6 |
0,1 ± 6,9 |
|
|
Différence de traitement ajustée |
4,271 |
2,091 |
|
||
|
Valeur p versus placebo |
0,0021 |
0,0151 |
|
||
|
|
Patients avec une démence modérée (MMSE 10-17) |
Patients avec une démence légère (MMSE 18-24) |
|||
|
Population ITT + RDO |
(n=87) |
(n=44) |
(n=237) |
(n=115) |
|
|
Moyenne à l'état initial ± ET |
32,6 ± 10,4 |
33,7 ± 10,3 |
20,6 ± 7,9 |
20,7 ± 7,9 |
|
|
Moyenne de l'écart à 24 semaines ± ET |
2,6 ± 9,4 |
-1,8 ± 7,2 |
1,9 ± 7,7 |
-0,2 ± 7,5 |
|
|
Différence de traitement ajustée |
4,731 |
2,141 |
|
||
|
Valeur p versus placebo |
0,0021 |
0,0101 |
|
||
1Analyse de covariance avec traitement et pays comme facteurs et ADAS-Cog initiale comme covariable. Une différence positive indique une amélioration.
ITT: Intent-To-Treat (Intention de traiter); RDO: Retrieved Drop Outs (patients sortis d'essais et reconvoqués).
5.2. Propriétés pharmacocinétiques
Labsorption de la rivastigmine est rapide et complète. Le pic de concentration plasmatique est atteint au bout dune heure environ. En raison de linteraction de la rivastigmine avec lenzyme cible, laugmentation de la biodisponibilité est environ de 1,5 fois supérieure à celle attendue lors de laugmentation des doses. La biodisponibilité absolue après ladministration dune dose de 3 mg est denviron 36 ± 13%. La prise de rivastigmine simultanément avec la nourriture ralentit la vitesse dabsorption (tmax) denviron 90 minutes, diminue la Cmax et augmente laire sous la courbe (ASC) denviron 30%.
Distribution
La liaison de la rivastigmine aux protéines est approximativement de 40%. Elle traverse facilement la barrière hémato-encéphalique et son volume de distribution apparent se situe entre 1,8 et 2,7 l/kg.
Métabolisme
La rivastigmine fait lobjet dune biotransformation très importante et rapide (demi-vie plasmatique dune heure environ), essentiellement par hydrolyse en son métabolite décarbamylé grâce à la cholinestérase. In vitro, ce métabolite nexerce quune inhibition minime de lacétylcholinestérase (< 10%). Les résultats des études in vitro et des études effectuées chez lanimal indiquent que les iso-enzymes principales du cytochrome P450 ne participent que de façon mineure au métabolisme de la rivastigmine. La clairance plasmatique totale de la rivastigmine est approximativement de 130 l/h après une dose intraveineuse de 0,2 mg et nest plus que de 70 l/h après une dose intraveineuse de 2,7 mg.
Elimination
La rivastigmine non métabolisée nest pas retrouvée dans les urines ; lexcrétion urinaire est la voie principale délimination des métabolites. Après administration de 14C-rivastigmine, lélimination rénale est rapide et pratiquement complète (> 90%) en 24 heures. Moins de 1% de la dose administrée est éliminée dans les selles. Il ny a pas daccumulation de la rivastigmine ou de son métabolite décarbamylé chez les patients présentant une maladie dAlzheimer.
Sujets âgés
La biodisponibilité de la rivastigmine est plus élevée chez le sujet âgé que chez les jeunes volontaires sains. Néanmoins, les études menées chez des patients présentant une maladie dAlzheimer et âgés de 50 à 92 ans, nont pas mis en évidence de modification de la biodisponibilité avec lâge.
Sujets insuffisants hépatiques
Chez les sujets présentant une insuffisance hépatique légère à modérée comparativement à des sujets à fonction hépatique normale, la concentration plasmatique maximale de rivastigmine est augmentée denviron 60% et lASC est plus que doublée.
Sujets insuffisants rénaux
Chez les sujets présentant une insuffisance rénale modérée, la concentration plasmatique maximale et lASC sont plus que doublées par rapport à des sujets à fonction rénale normale. Par contre, chez linsuffisant rénal sévère, aucune modification de la Cmax ou de lASC na été retrouvée.
5.3. Données de sécurité préclinique
Les études de toxicité après administration répétée réalisées chez le rat, la souris et le chien ont uniquement révélé des effets associés à une action pharmacologique exagérée. Il n'a pas été identifié dorgane cible pour la toxicité. Aucune marge de sécurité chez lhomme na pu être obtenue au cours des études chez lanimal en raison de la sensibilité des modèles animaux utilisés.
La rivastigmine n'est pas mutagène dans une batterie standard de tests in vitro et in vivo, excepté dans un test daberrations chromosomiques sur des lymphocytes périphériques humains à des doses 104 fois supérieures aux doses maximales utilisées en clinique. Le résultat du test in vivo du micronoyau a été négatif.
Aucun caractère de carcinogénicité n'a été retrouvé dans les études menées chez la souris et le rat à la dose maximale tolérée mais lexposition à la rivastigmine et à ses métabolites était plus faible que celle observée chez lhomme. Rapportée à la surface corporelle, lexposition à la rivastigmine et à ses métabolites fut approximativement équivalente à la dose maximale recommandée chez lhomme (12 mg/jour) ; toutefois, par rapport à la dose maximale chez lhomme, la dose chez lanimal était six fois supérieure.
Chez lanimal, la rivastigmine traverse la barrière placentaire et est excrétée dans le lait. Les études menées par voie orale chez les rates et les lapines gravides nont pas mis en évidence de potentiel tératogène de la rivastigmine
Stéarate de magnésium, silice colloïdale anhydre, hypromellose, cellulose microcristalline.
Composition de lenveloppe de la gélule :
Tête : dioxyde de titane (E171), oxyde de fer jaune (E172), gélatine.
Corps : dioxyde de titane (E171), oxyde de fer jaune (E172), gélatine.
Composition de lencre dimpression de la gélule : vernis (shellac), oxyde de fer rouge (E172), alcool N-butylique, lécithine de soja, anti-mousse DC 1510, éthanol, méthanol, eau purifiée.
Sans objet.
2 ans.
6.4. Précautions particulières de conservation
A conserver à une température ne dépassant pas 30°C.
6.5. Nature et contenu de l'emballage extérieur
28, 56 ou 112 gélules sous plaquettes thermoformées (Aluminium/PVC).
Flacon en polyéthylène haute densité (PEHD) muni dun couvercle (PEBD) contenant 250 gélules.
Toutes les présentations peuvent ne pas être commercialisées
6.6. Précautions particulières délimination et de manipulation
Sans objet.
7. TITULAIRE DE LAUTORISATION DE MISE SUR LE MARCHE
15 boulevard charles de gaulle
92707 colombes cedex
8. NUMERO(S) DAUTORISATION DE MISE SUR LE MARCHE
· 219 442-2 ou 34009 219 442 2 8 : 28 gélules sous plaquettes thermoformées (Aluminium/PVC).
· 219 444-5 ou 34009 219 444 5 7 : 56 gélules sous plaquettes thermoformées (Aluminium/PVC).
· 219 445-1 ou 34009 219 445 1 8 : 112 gélules sous plaquettes thermoformées (Aluminium/PVC).
· 581 467-0 ou 34009 581 467 0 1 : flacon en polyethylene haute densité (PEHD) muni d'un courvercle (PEBD) contenant 250 gélules.
9. DATE DE PREMIERE AUTORISATION/DE RENOUVELLEMENT DE LAUTORISATION
[à compléter par le titulaire]
10. DATE DE MISE A JOUR DU TEXTE
[à compléter par le titulaire]
Sans objet
12. INSTRUCTIONS POUR LA PREPARATION DES RADIOPHARMACEUTIQUES
Sans objet.
Médicament soumis à prescription médicale.
Liste I.
Surveillance particulière nécessaire pendant le traitement.
Prescription initiale annuelle réservée à certains spécialistes. Prescription réservée aux médecins spécialistes ou qualifiés en médecine générale titulaires de la capacité de gérontologie. Prescription réservée aux spécialistes et services GERIATRIE, NEUROLOGIE et PSYCHIATRIE.