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    Agression d'un infirmier à Marseille

    Violences à l'hôpital : les médecins divisés sur les solutions

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    Publié le 20 Août 2013
    Un infirmier des urgences de l'hôpital de La Conception à Marseille a été blessé par arme blanche dimanche. Sur les solutions à apporter pour mettre fin à cette violence, les médecins sont en désaccord.
    Violences à l'hôpital : les médecins divisés sur les solutions
    CHAMUSSY/SIPA

    A Marseille, le monde de la santé lui aussi victime de la violence  ! Un infirmier des urgences de l'hôpital de La Conception à Marseille a en effet été blessé par arme blanche dimanche matin lors d'une altercation avec plusieurs personnes dont l'une demandait à être soignée après une rixe. La victime a immédiatement porté plainte, de même que l'hôpital, a indiqué Bastien Ripert, le directeur de cabinet du directeur général de l'AP-HM. Pourtant, d'après le rapport 2012 de l’Observatoire national des violences en milieu de santé (Onvs), Marseille n'est pas le seule victime de cette violence hospitalière. Pour la seule année 2012, ce sont plus de 11 000 signalements d’atteintes aux biens et aux personnes qui ont été recensés dans 352 établissements de santé sur l'ensemble du territoire.

    Les service concernés
    Les agressions émanent essentiellement des services accueiillant des patients très difficiles. La psychiatrie totalise 23% des signalements pour les atteintes aux personnes, viennent ensuite les urgences et les services gériatriques.
    Si l'ensemble des signalements sont presque deux fois plus fréquents qu'en 2011, c'est parce que le nombre d'établissements déclarant les cas d'incivilité à l'Observatoire ne cesse d'augmenter. L'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (APHP - 37 établissements) a ainsi rejoint le dispositif l'an dernier, déclarant du même coup 3 038 incidents.


    Source: Observatoire national des violences en milieu de santé

    La nature des actes de violence
    Même si les agressions de niveau 4 en terme de gravité (violences avec arme pouvant aller jusqu’au crime), ne représentent que 1% des atteintes aux personnes, celles de niveau 3 (violences physiques) constituent tout de même 51% des incidents recensés. Pour le reste, on dénombre 28% d'actes violents de niveau 1 (injures, insultes) et 20% de niveau 2 (menaces d’atteinte à l’intégrité physique). 

    Les régions les plus touchées
    Ces violences en milieu sanitaire sont fluctuantes selon les régions. L'an dernier, plus de 30 % des problèmes dénoncés ont eu lieu en Ile-de-France. Viennent ensuite la Basse-Normandie, le Pas-de-Calais et les Pays de la Loire avec un peu plus de 6 % chacun. Au passage, notons que Marseille et la région PACA arrivent tout de même en 6ème position totalisant près de 5 % des déclarations de ces violences. La palme de la civilité revient pour sa part aux Français d'outre-Mer, car c'est en Martinique et en Guadeloupe que les personnels en milieu sanitaire sont le moins agressés. 


    Source: Observatoire national des violences en milieu de santé
     

    Les médecins urgentistes divisés sur les solutions
    Contacté par pourquoidocteur, le Pr Marc Alazia, chef de service aux urgences de l'hôpital de la Conception, lieu où s'est déroulée l'agression, propose une solution pour le moins radicale pour régler le problème de la violence aux urgences. Exaspéré par les agressions verbales ou physiques qui se multiplient dans son service, ce médecin demande à la direction générale de son établissement, « la présence aux urgences d'une force de police dissuasive et 24H/24 ». Et le Pr Alazia de rajouter, que, « malheureusement, face à cette violence qui s'est accrue, le vigile ne peut suffire. Même si les forces de police ne règleront pas tous les problèmes, elles auront au moins pour effet de rassurer les infirmiers pendant leurs soins. Il faut que les hospitaliers se sentent en sécurité sur leur lieu de travail », conclut-il.

    Une solution qui n'est pas du goût de tous les professionnels de santé. Pour Christophe Prudhomme, médecin urgentiste au SAMU de Seine-Saint-Denis, et porte-parole de l'Association des Médecins Urgentistes de France (AMUF), cette solution ne tient pas. « Nous pensons que la présence de forces de l'ordre ne va pas améliorer la sécurité aux urgences, bien au contraîre. Face à des individus très excités et souvent alcoolisés, cette présence risque même de faire monter le degré de violence. C'est pourquoi, de notre côté, nos propositions sont les mêmes depuis des années. On milite pour une adaptation des locaux avec la création de circuits organisés de manière plus logique. »
    En détails, Christophe Prudhomme nous explique, « par exemple, qu'il faudrait un accueil central, avec un acheminement plus cohérent des patients. Les individus les plus à risque seraient ainsi pris en charge via un circuit sécurisé et isolé. Une unité à part qui devra bien évidemment être équipée d'un système de vidéosurveillance.
    Enfin, dernière requête de l'association d'urgentistes, la mise en place d'un appel réflexe simplifié à destination des forces de police. « Avec un simple bouton poussoir on pourrait faire écouter en instantané ce qu'il se passe dans nos locaux. Lorsqu'une situation est suspecte, les policiers pourraient grâce à ce système intervenir au plus vite dès que la situation empire. »
    On l'a bien compris, les solutions proposées divergent selon les professionnels de santé et pendant ce temps la violence en milieu hospitalier continue...

     

     





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