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Artérite des jambes : une boiterie douloureuse des membres inférieurs

Artérite des jambes : une boiterie douloureuse des membres inférieurs

Publié le 21.11.2016
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Artérite des jambes : une boiterie douloureuse des membres inférieurs
©123RF-atic12

L’artérite des jambes ou « artériopathie oblitérante des membres inférieurs » (AOMI) est à la fois une maladie obstructive des artères des jambes et le signal d’alerte du risque d’autres graves maladies du cœur et des vaisseaux.

Artérite des jambes : COMPRENDRE

Des mots pour les maux
« L’athérome » est une maladie des artères qui aboutit à la formation de « plaques ».
« L’athérosclérose » est le phénomène de remaniement inflammatoire de la paroi artérielle par lequel les plaques d’athéromes vont croître en taille et en épaisseur.
Le rétrécissement de la lumière interne de l’artère en raison des plaques s’appelle une « sténose ».
Un caillot de sang peut se former sur les plaques aboutissant à une obstruction complète : c’est la « thrombose ».
Le retentissement au niveau des organes et des muscles de l’insuffisance d’apports en sang oxygéné et riche en nutriments s’appelle « l’ischémie ». Elle peut être « chronique » ou « aiguë ».

Qu’est-ce qu’une artérite des membres inférieurs

L'artérite des membres inférieurs, ou « Artériopathie Obstructive des Membres Inférieurs » (AOMI), est une maladie des artères, le plus souvent liée à l’athérome. L’athérome consiste en l’apparition de « plaques » sur les parois interne des artères (comme du tartre dans un tuyau) et ces plaques vont progressivement obstruer les artères.
Les artères constituent un réseau de tuyaux qui conduisent le sang oxygéné et riche en nutriments, du cœur vers les organes et les muscles. Les artères des membres inférieurs irriguent (« vascularisent ») les muscles des membres inférieurs, des muscles fessiers jusqu'aux pieds.
L'artérite des membres inférieurs correspond à une obstruction initialement partielle des artères des membres inférieurs, c’est-à-dire que les artères se bouchent progressivement en raison d’un dépôt sur la paroi artérielle, mais qu’il persiste une lumière artérielle permettant un débit sanguin réduit, suffisant au repos, mais insuffisant à l’effort. L’apparition de cette obstruction est liée à l’athérome qui est lui-même favorisé par le tabac, l’excès de cholestérol, l’hypertension artérielle, le diabète, le surpoids, l’âge et l’hérédité.
Cette diminution de l'arrivée de sang artériel dans les membres inférieurs peut être lente et silencieuse : les artères s'encrassent et se bouchent lentement, sur de courts segments, laissant ainsi la possibilité à des petites « artères collatérales » de se développer pour assurer un afflux sanguin suffisant. Mais la sténose peut s’obstruer brutalement en raison de la survenue d’une thrombose ce qui aboutit à une « ischémie aiguë ».
La paroi de l'artère s'épaissit, réduisant la lumière du vaisseau (« sténoses ») et l’apport de sang riche en oxygène dans les membres : les muscles ne sont alors plus suffisamment oxygénés lors des efforts musculaires, situation où des apports en sang oxygéné plus importants sont normalement nécessaires (« ischémie d’effort »), ce qui aboutit à des douleurs des muscles. Dans certains cas, ce rétrécissement de la lumière de l’artère va jusqu'à la boucher totalement et on est en situation « d’ischémie chronique ».
La maladie athéromateuse peut ainsi être d’évolution plus ou moins lente, plus ou moins dangereuse pour les membres inférieurs, mais surtout il s’agit d’une maladie générale des artères de tout le corps et elle menace donc aussi les autres artères du cœur ou du cerveau.

Quels sont les signes de l’artérite des membres inférieurs ?

L'artérite des membres inférieurs reste initialement longtemps sans aucun signe avant de se manifester par des douleurs des muscles à l’effort à type de crampes (« ischémie d’effort ») : les douleurs surviennent donc déjà longtemps après l’apparition des premières plaques.
Les muscles des membres inférieurs fournissant un effort lors de la marche, ils doivent recevoir davantage de sang qu’au repos et l'apport en sang artériel doit donc augmenter. Si une ou plusieurs artères sont « sténosées », l’apport de sang n’est pas suffisant à l’effort, les muscles souffrent (« ischémie d’effort ») et deviennent douloureux : le malade se plaint d’une crampe au mollet qui apparaît toujours après la même distance de marche (« périmètre de marche »), l’obligeant à s’arrêter. Cette douleur typique qui disparaît en quelques minutes (1 à 3 minutes et moins de 10 minutes) après l'arrêt de l'effort est un signe très évocateur d’artérite : on parle de « claudication intermittente » (du mollet en cas de crampe du mollet ou de la cuisse en cas de crampe de la cuisse).
Le « périmètre de marche » (distance au bout de laquelle le malade est obligé d’arrêter de marcher à cause de la douleur) peut être plus ou moins diminué en fonction de la gravité de l’artérite et donc de l’importance de la sténose artérielle. C'est le caractère invalidant de cette claudication qui fera demander des examens complémentaires et faire discuter d’un traitement médical ou chirurgical.
L’obstruction des artères peut se compléter progressivement pour être responsable d’une « ischémie chronique », avec une douleur en permanence,  même au repos, et surtout en 2ème partie de nuit avec en plus des douleurs dans les orteils. Lorsque les membres inférieurs sont allongés, le sang a plus de difficulté à aller jusqu’aux pieds. L’apport de sang est meilleur si les pieds sont en position déclive (« pieds en bas ») et c’est pourquoi, lorsque l’ischémie devient permanente, le malade est obligé de se lever la nuit ou de dormir jambe pendante en dehors du lit, ceci afin d’atténuer les douleurs. C'est le stade 3 de la classification de Leriche et Fontaine avec un risque évolutif vers une souffrance permanente de la jambe, à l’origine de « troubles trophiques » (atteinte de la peau avec ulcère chronique, atteinte des muscles…).
Au stade ultime de baisse d’apport de sang, les pieds, qui sont les plus fragiles car les plus éloignés du cœur, notamment les orteils, peuvent souffrir et avoir des « zones de mortification » plus ou moins importantes. La jambe peut souffrir d’une plaie circulaire, douloureuse, plus ou moins noire, qui ne cicatrise pas : c'est un « ulcère chronique ». Au pire, la peau devient noire : c'est la  « nécrose » ou « gangrène ».
Ces douleurs permanentes, ou ces signes de gangrène, sont regroupés sous la dénomination « d’ischémie critique des membres » et signifient que l'artériopathie est sévère (stade 4 de la classification de Leriche et Fontaine). Le risque d’amputation est élevé et la prise en charge chirurgicale est urgente pour restaurer l’apport de sang dans le pied.
Parfois, cette occlusion complète peut survenir brutalement à l’occasion de la formation d’un caillot sanguin (« thrombose ») et être responsable d’une « ischémie aiguë » qui est une urgence absolue.

Quelles sont les causes de l’artérite des membres inférieurs ?

L’athérosclérose est la cause principale de l’artérite des membres inférieurs. La maladie est la conséquence de dépôts sur la paroi artérielle, à l’origine de « plaques d’athérome ».
• Dans 90 à 95 % des cas, l’athérome résulte de l’accumulation de dépôts de cholestérol dans les artères. Ces dépôts provoquent ensuite une réaction inflammatoire de la paroi artérielle, ou « athérosclérose », qui conduit à leur aggravation.
• Les mécanismes exacts de l’aggravation de ces plaques ne sont pas tous connus mais elle requiert le plus souvent la participation d’autres facteurs de risque de progression de l’athérosclérose : le tabagisme, l’hypertension artérielle (tension artérielle trop élevée), le diabète avec son élévation du taux de sucre dans le sang (« hyperglycémie »), le stress et l’hérédité familiale.
• Des maladies inflammatoires rares des artères sont parfois en cause dans les rétrécissements artériels, comme la « maladie de Buerger » (ou « thromboangéite oblitérante »), qui atteint plutôt les hommes de 25 à 40 ans et gros fumeurs, ou la « maladie de Takayasu », plus fréquente chez les jeunes femmes.
• Il en est de même des « maladies systémiques  auto-immunes » (maladies généralisées) telles que le lupus érythémateux disséminé ou la périartérite noueuse (inflammation de certains vaisseaux sanguins qui va empêcher l’arrivée du sang dans divers organes).
• A part, il faut signaler une maladie dégénérative de la paroi artérielle, comme la « médiacalcose ». Elle consiste en un dépôt de calcium dans la zone centrale de la paroi des artères. Elle serait favorisée par une anomalie du métabolisme phosphocalcique.

Quelles sont les complications de l’artérite des membres inférieurs ?

Si elle est diagnostiquée tôt et si le traitement prescrit est bien suivi par le malade, l’artérite des membres inférieurs se stabilise, les douleurs s’atténuent et la vie quotidienne s’améliore.
Cependant, des complications peuvent survenir à n’importe quel moment de l’évolution de la maladie, mais surtout en cas de forme évoluée. Ces complications peuvent survenir :
• Soit progressivement si le diabète est mal contrôlé, si le tabagisme n’est pas interrompu ou si les autres facteurs de risque ne sont pas pris en charge. L’obstruction progressive des artères peut alors conduire à la gangrène d’une partie de la jambe et celle-ci peut nécessiter une amputation si le rétablissement chirurgical des apports sanguins n’est pas réalisé (« pontage artériel »).
• Soit brutalement si la plaque d’athérome est très importante ou si elle se fissure. Un caillot de sang se forme et bouche brutalement l’artère en provoquant une « ischémie aigüe » du membre qui doit être traitée d’urgence à l’hôpital, par thrombolytiques (médicaments visant à détruire le caillot) et chirurgie (pontage).
Par ailleurs, l’artérite des membres inférieurs est une maladie générale qui traduit une atteinte de toutes les artères de l'organisme. Un patient qui souffre d'une artérite des membres inférieurs risque une complication dans un autre territoire artériel : le cœur (« infarctus du myocarde »), le cerveau (« accident vasculaire cérébral ischémique »), le rein (« insuffisance rénale »), des complications qui peuvent être mortelles.

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