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Digestion difficile : une dyspepsie fonctionnelle dont le traitement est empirique

Digestion difficile : une dyspepsie fonctionnelle dont le traitement est empirique

Publié le 14.01.2016
Mise à jour 28.01.2016
Mots-clés :
Digestion difficile : une dyspepsie fonctionnelle dont le traitement est empirique
©123RF-Wavebreak Media Ltd

La digestion difficile correspond à une « dyspepsie fonctionnelle bénigne » dont la cause est le plus souvent alimentaire. Un dérèglement du fonctionnement de l’appareil digestif haut est en cours d’exploration.

Digestion difficile : COMPRENDRE

Des mots pour les maux

La digestion difficile est une manifestation du « syndrome de dyspepsie fonctionnelle » où il existe à la fois une très grande sensibilité des organes (« hypersensibilité viscérale ») et une perturbation des contractions musculaires de la paroi de l’œsophage et de l’estomac (« dysfonction motrice »).

A quoi correspond une digestion difficile ?

La digestion est un processus qui permet de dégrader les aliments et de les transformer en « nutriments » assimilables. La digestion commence dans la bouche, où les aliments sont broyés et mélangés à la salive, puis se poursuit dans l’estomac, qui sécrète de l’acide et malaxe les aliments. Elle se poursuit dans l’intestin grêle sous l’influence des sels biliaires et des sucs pancréatiques et se finit dans le côlon, où les bactéries achèvent la digestion.
La digestion difficile, ou « dyspepsie fonctionnelle », est une sensation de pesanteur ou de gonflement, voire de « trop-plein » de l’estomac et de « ballonnements », parfois accompagné de douleurs dans le haut du ventre. Ces problèmes surviennent essentiellement pendant ou après les repas. La digestion difficile peut s’accompagner de rots, ou « éructations », qui peuvent d’ailleurs soulager la personne.
En pratique, le syndrome de dyspepsie fonctionnelle regroupe tous les états d’inconfort et de gêne dans la région du ventre au-dessus de l’ombilic (« région épigastrique »), mais il existe des chevauchements importants avec les troubles fonctionnels de l’intestin ou « syndrome de l’intestin irritable ».
Si les anomalies, inconstantes et complexes, de la motricité de l’estomac et du duodénum (la parie initiale de l’intestin grêle) et de la vidange gastrique ont été décrites il y a plusieurs années, les avancées de la recherche les plus marquantes de ces dernières années ont été réalisées dans le champ des anomalies de la sensibilité de l’estomac (étude par le barostat électronique) et de la motricité de l’estomac proximal. L’implication de la sécrétion de cholécystokinine (ou CCK), une hormone dont la sécrétion est déclenchée par la digestion, semble patente. En revanche, le rôle de l’infection par H pylori, bien que régulièrement évoqué, notamment par les personnes qui souffrent de dyspepsie, reste vraisemblablement modeste : les études d’éradication de H. pylori montrent l’absence d’effet ou, au mieux, un effet modeste sur les troubles dont se plaignent les malades.

Quels sont les signes de la dyspepsie fonctionnelle ?

Le syndrome dyspeptique est évoqué devant des manifestations d’inconfort au niveau de l’estomac, telles que sensation de plénitude, ballonnement, nausées, éructations, douleurs ou brûlures épigastriques.
Le lien temporel entre l’apparition de ces manifestations et l’ingestion d’un repas est un élément important dans la caractérisation du syndrome, avec en particulier la recherche d’une sensation de satiété précoce.

Quelles sont les causes de la dyspepsie fonctionnelle ?

La recherche des prises de médicaments doit, en particulier, être soigneuse, car nombreux sont ceux qui peuvent induire un syndrome dyspeptique : AINS et inhibiteurs Cox2, aspirine, inhibiteurs de la pompe à proton, bisphosphonates, érythromycine, tétracycline, sildénafil et tadalafil, théophylline.
Les problèmes de mauvaise digestion sont cependant causés le plus souvent par des mauvaises habitudes alimentaires telles que : repas trop rapides, repas copieux ou excès d’alcool. Ainsi, chez certaines personnes, le fait de manger des aliments gras, sucrés ou épicés, de boire des boissons gazeuses, du café ou de l’alcool irrite le système digestif et provoque des douleurs. Un repas trop copieux peut causer des troubles fonctionnels digestifs parfois qualifiés de « crise de foie » ou indigestion.
L’ « aérophagie » (ingestion trop importante d’air lors d’un repas) peut également créer un grand inconfort et des éructations. Tout dérangement gastro-intestinal peut créer des sensations de digestion difficile.
Pendant la grossesse, il est fréquent que la digestion soit plus lente ou plus difficile.
Parfois, les problèmes de digestion peuvent être provoqués par une maladie de l’appareil digestif comme une maladie de l’œsophage, de l’estomac, de l’intestin, du pancréas ou une tumeur gastro-intestinale, du foie ou des voies biliaires.

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